La Tu­ni­sie meilleure sans les Tu­ni­siens !

L'Economiste Maghrébin - - Bloc-notes -

Chan­ger les ha­bi­tants et gar­der la terre…Je me rap­pelle à ce pro­pos de feu Jo­mo Ke­nyat­ta père de l’in­dé­pen­dance ke­nyane qui a eu cette for­mi­dable saillie : quand les mis­sion­naires sont ve­nus, nous avions la terre et ils avaient la Bible. Ils nous ont ap­pris à prier avec nos yeux fer­més. Quand nous les avons ou­verts, ils avaient nos terres et nous avions leur Bible… Je me de­mande par­fois si les huit an­nées post-ré­vo­lu­tion­naires n’ont pas été une ma­lé­dic­tion. D’ailleurs, je ne compte plus les ha­kims-ex­perts qui se sont re­layés au che­vet du pa­tient Tu­ni­sie pour le sor­tir de l’op­pres­sant brouillard. La France se por­te­rait mieux sans les Fran­çais, a dit un jour le Gé­né­ral de Gaulle dans son style in­imi­table…Et si la Tu­ni­sie était meilleure sans les Tu­ni­siens cham­pions toutes ca­té­go­ries de l’au­to- fla­gel­la­tion ? De­puis plus de deux mois que l’UGTT bran­dit la me­nace de la grève gé­né­rale dans la fonc­tion pu­blique, et de­puis plus de deux mois que le gou­ver­ne­ment joue la perte de temps ; nor­mal qu’à la place Mo­ha­med-Ali, on soit res­té in­flexible jus­qu’au bout, et M.Ta­bou­bi et ses col­lègues de la com­mis­sion exé­cu­tive ont bien fait : avec des sa­laires de mi­sère et un pou­voir d’achat com­plè­te­ment éro­dé, les fonc­tion­naires de l’Etat sont de­ve­nus les nou­veaux pauvres. Que pou­vait-on at­tendre d’une UGTT ac­cu­sée in­jus­te­ment d’être le diable qui tire trop sur la corde. Niet a dit le chef du gou­ver­ne­ment à pro­pos des aug­men­ta­tions sa­la­riales ; en bon élève du FMI et d’En­nahd­ha… on a vu le ré­sul­tat, alors que d’autres sont à es­ca­la­der et à tu­toyer les som­mets…cette terre n’a ja­mais été au­tant cru­ci­fiée ; je crois que l’on s’est trom­pé d’adresse…et si le vé­ri­table mal était chez l’ha­bi­tant ? Bour­gui­ba nous au­ra pré­ve­nu…

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