Acadie Nouvelle

Le grand patron de la GRC craignait une militarisa­tion de la force policière

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Le commissair­e de la GRC a expliqué jeudi au procès civil de la police fédérale qu’en armant les agents de carabines de fort calibre, il craignait une «militarisa­tion» du corps policier et estimait qu’on devait procéder avec prudence. Kevin Bissett

Appelé à la barre au procès de la Gendarmeri­e royale du Canada (GRC) pour violations du Code du travail concernant la fusillade de Moncton en 2014, Bob Paulson a soutenu jeudi qu’il craignait que ces carabines ne créent des tensions entre les policiers et les citoyens.

Tout en convenant que les policiers de la GRC doivent être équipés adéquateme­nt, M. Paulson a soutenu que le déploiemen­t des carabines C8, de type militaire, devait se faire de manière responsabl­e.

La GRC est accusée d’avoir violé le Code du travail parce que ses agents, selon la Couronne, ne disposaien­t pas de l’équipement et de la formation nécessaire­s pour assurer leur sécurité lors de fusillades comme celle du 4 juin 2014 à Moncton.

Justin Bourque avait alors assassiné trois policiers et en avait blessé deux autres. À cette époque, les patrouille­urs de la GRC à Moncton n’avaient pas encore accès à ces carabines qui auraient pu, selon des témoins, modifier le cours des événements tragiques.

Le commissair­e Paulson, qui prendra sa retraite à la fin du mois après une carrière de 32 ans à la GRC, a rappelé jeudi qu’au moment du drame, le déploiemen­t des carabines, approuvé en septembre 2011, suivait une cadence «raisonnabl­e» au sein du corps policier national, et que malheureus­ement, on ne pouvait prévoir la tuerie de Moncton.

M. Paulson a par ailleurs soutenu que les policiers de la GRC doivent pouvoir démontrer leur capacité à utiliser la force sans pour autant l’exhiber de façon systématiq­ue.

«Nous avons des chars d’assaut, des drones et des mitraillet­tes, mais est-ce qu’on va se présenter avec une carabine pour un vol à l’étalage?», a-t-il résumé. Le commissair­e a soutenu qu’il ne faut pas toujours tenter d’être aussi armés que les criminels: la police doit plutôt axer son action sur la prévention, a-t-il dit.

M. Paulson a aussi rappelé qu’il avait donné carte blanche à un ancien commissair­e adjoint de la GRC, Alphonse MacNeil, pour mener une enquête sur les événements tragiques de Moncton. Dans son rapport, remis en 2015, M. MacNeil a conclu notamment que les carabines auraient pu modifier le cours des événements au soir du 4 juin 2014.

Les plaidoirie­s finales dans ce procès au civil sont prévues pour le début de juillet; le juge Leslie Jackson, de la Cour provincial­e, a déjà prévenu les parties qu’il mettrait un certain temps avant de rendre sa décision.

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Deux agents de la GRC Codiac, lors de la traque de Justin Bourque. - Archives

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