INKERMAN SOUS LE CHOC

La GRC mène une en­quête et de­mande l’aide de la po­pu­la­tion pour ob­te­nir de l’in­for­ma­tion

Acadie Nouvelle - - LA UNE - da­vid.ca­ron@aca­die­nou­velle.com @da­ca­die87

La des­truc­tion de l’an­cien pont fer­ro­viaire d’Inkerman laisse plu­sieurs gens de cette com­mu­nau­té sous le choc. La GRC sol­li­cite main­te­nant l’aide de la po­pu­la­tion afin d’ob­te­nir plus de ren­sei­gne­ments sur l’in­cen­die, qui se­rait d’ori­gine sus­pecte.

Le pont a été la proie des flammes jeu­di après-mi­di. Ven­dre­di ma­tin, des membres de la GRC y étaient pour pour­suivre l’en­quête en col­la­bo­ra­tion avec le pré­vôt des in­cen­dies.

Construit à la fin du 19e siècle, le pont a d’abord fait par­tie du ré­seau de che­min de fer qui re­liait plu­sieurs com­mu­nau­tés de la Pé­nin­sule aca­dienne à Ba­thurst. Il a été re­cons­truit au mi­lieu des an­nées 1940.

Le train a ar­rê­té de cir­cu­ler à Inkerman dans les an­nées 1980, mais le pont a conti­nué d’être uti­li­sé, jus­qu’à jeu­di après-mi­di, par les mar­cheurs, les cy­clistes, les ama­teurs de vé­hi­cules tout-ter­rain et les mo­to­nei­gistes.

Sta­nis­las Ro­bi­chaud a pas­sé la ma­jeure par­tie de sa vie à Inkerman. L’homme âgé de 86 ans se sou­vient en­core de l’ho­raire. Le train pas­sait le ma­tin à 7h25 et en soi­rée à 18h20. Il a aus­si tra­vaillé pour le Ca­na­dien Na­tio­nal pen­dant près de 40 ans jus­qu’à sa re­traite, il y a une tren­taine d’an­nées.

Il a ap­pris qu’il y avait un in­cen­die près de chez lui en re­ve­nant d’une par­tie de golf. «On s’en ve­nait, on voyait la bou­cane.» «Je sa­vais qu’il y avait un feu quelque part. Le bois était gou­dron­né, donc la bou­cane était noire. On voyait ça de Po­ke­mouche.»

Lui et son épouse, Imel­da, n’en re­viennent pas que la struc­ture ne fasse plus par­tie du pay­sage.

Imel­da Ro­bi­chaud es­père que les dé­gâts n’ont pas été cau­sés par un in­di­vi­du s’étant li­vré à un acte de van­da­lisme.

«Je ne peux pas m’ima­gi­ner que quel­qu’un au­rait eu le coeur de mettre le feu, mais on ne peut pas le sa­voir. Per­sonne ne le sait en­core.»

Le pont était consi­dé­ré comme étant une pièce im­por­tante du pro­jet de dé­ve­lop­pe­ment de la Vé­lo­route de la Pé­nin­sule aca­dienne.

«Ça fait par­tie de notre in­fra­struc­ture hors route. L’une de nos prio­ri­tés est le dé­ve­lop­pe­ment du cir­cuit hors route, donc pour re­lier Ship­pa­gan à Inkerman, Inkerman à Ca­ra­quet et Inkerman à Tra­ca­die. Ici, c’est comme le centre de l’étoile», dit Ar­mand Ca­ron, membre du bu­reau de di­rec­tion de Vé­lo­route de la Pé­nin­sule aca­dienne.

Se­lon M.Ca­ron, le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’or­ga­nisme va pro­ba­ble­ment te­nir une ren­contre pro­chai­ne­ment pour ana­ly­ser l’im­pact de l’in­cen­die à court et à moyen terme sur leurs ac­ti­vi­tés.

«Se­lon moi, on n’au­ra pas le choix de pas­ser par une sec­tion de route. Il fau­dra prendre la piste cy­clable, pas­ser par Inkerman Fer­ry, tra­ver­ser le pont rou­tier et en­suite, on peut re­prendre la piste cy­clable.»

Une stra­té­gie com­mune de­vra aus­si être dé­ve­lop­pée avec les autres groupes qui re­pré­sentent les mo­to­nei­gistes et les ama­teurs de VTT pour trou­ver une so­lu­tion, croit-il.

Wes­ley Ste­wart, pré­sident du Club mo­to­neige de la Pé­nin­sule aca­dienne, par­tage cet avis.

Le pont est un lien im­por­tant dans le cir­cuit de mo­to­neige de la Pé­nin­sule aca­dienne. Il se de­mande ce qui ad­vien­dra de l’in­dus­trie tou­ris­tique hi­ver­nale dans la ré­gion.

«Il y a beau­coup de gens qui font ce qu’on ap­pelle le grand tour. Si quel­qu’un part de Ca­ra­quet par exemple, la per­sonne passe par Inkerman, tra­verse le pont et en­suite, elle conti­nue vers Tra­ca­die, Al­lard­ville et re­tourne à Ca­ra­quet. C’est un tour qui se fait bien dans une jour­née et bien sûr, les gens ar­rêtent pour man­ger dans les res­tau­rants, faire le plein d’es­sence et ain­si de suite.»

Le Nord-Est est éga­le­ment un lieu pri­sé par les mo­to­nei­gistes de l’ex­té­rieur. Plu­sieurs passent par la Pé­nin­sule aca­dienne avant de pour­suivre la route vers d’autres sen­tiers dans le sud de la pro­vince. Wes­ley Ste­wart se de­mande s’ils se­ront tou­jours au ren­dez­vous cet hi­ver à la suite de l’in­cen­die.

L’homme de La­mèque songe aux options.

«On va peut-être pou­voir s’or­ga­ni­ser pour pas­ser sur la glace, mais il n’y a rien de cer­tain. Il y a des en­droits où c’est dan­ge­reux, mais on va voir s’il y a des en­droits où on peut pas­ser. Le pro­blème avec cette idée, c’est qu’on ne pour­ra pas né­ces­sai­re­ment pas­ser la sur­fa­ceuse. Ça pour­rait com­pli­quer les choses.»

Qui­conque a de l’in­for­ma­tion sur cet in­cen­die est prié de com­mu­ni­quer avec la GRC au 506-726-5222. Pour conser­ver l’ano­ny­mat, il est pos­sible de com­mu­ni­quer avec Échec au crime au 1-800-222-8477, par in­ter­net à www.cri­menb.ca, ou en en­voyant un mes­sage texte (TIP212 + mes­sage) à «CRIMES» (274637).

«C’est dom­mage, parce que je n’ai pas l’im­pres­sion qu’ils vont en bâ­tir un nou­veau. Un pont de même, ça doit coû­ter des mil­lions», ana­lyse M.Ro­bi­chaud.

Il ne reste plus grand chose de l’an­cien pont fer­ro­viaire d’Inkerman, dé­truit jeu­di après-mi­di dans un in­cen­die. - Aca­die Nou­velle: Da­vid Ca­ron

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.