Opioïdes: les mé­de­cins doivent faire les choses au­tre­ment

Acadie Nouvelle - - ÉDITORIAL -

L’épi­dé­mie d’opioïdes au Ca­na­da ne re­pré­sente pas une seule crise; il s’agit d’une sé­rie de crises qui s’ad­di­tionnent et qui de­vront être ré­so­lues par de mul­tiples stra­té­gies, se­lon un co­mi­té d’ex­perts qui fai­sait le point sur la si­tua­tion, mar­di, lors de la ren­contre an­nuelle de l’As­so­cia­tion mé­di­cale ca­na­dienne. Toutes les com­mu­nau­tés du pays se­ront tou­chées par ce pro­blème, a pré­ve­nu le doc­teur Da­vid Milne. M. Milne, de Cal­ga­ry, a ajou­té que les mé­de­cins de­vaient «ac­cep­ter la res­pon­sa­bi­li­té» du pro­blème et ai­der à re­mé­dier à la si­tua­tion. Se­lon le doc­teur Da­vid Juur­link, qui est chef de la di­vi­sion de la phar­ma­co­lo­gie cli­nique et de la toxi­co­lo­gie au Centre sciences de la san­té Sun­ny­brook à To­ron­to, la com­mu­nau­té mé­di­cale a été in­duite en er­reur par les phar­ma­ceu­tiques dans les an­nées 1990 sur les ef­fets né­fastes po­ten­tiels des opioïdes. Par exemple, l’en­tre­prise amé­ri­caine Pur­due Phar­ma pré­ten­dait que son mé­di­ca­ment à li­bé­ra­tion lente OxyCon­tin re­pré­sen­tait un faible dan­ger de dé­pen­dance, même s’il était uti­li­sé sur le long terme. Le doc­teur Juur­link a in­ci­té ses col­lègues à «faire les choses au­tre­ment» quant aux pres­crip­tions. Se­lon lui, une «génération en­tière de mé­de­cins» per­çoit les opioïdes comme un mé­di­ca­ment in­con­tour­nable pour les dou­leurs mal­gré le manque d’études scientifiques prou­vant leur ef­fi­ca­ci­té. «Nous de­vons pres­crire ces mé­di­ca­ments beau­coup moins spon­ta­né­ment pour les dou­leurs ai­guës ou chro­niques», a-t-il plai­dé. Mais ce ne sont pas seule­ment les pa­tients pris de dou­leurs qui sont à risque. Des opioïdes illi­cites, dont le fen­ta­nyl, se sont pro­pa­gés au Ca­na­da dans les deux der­nières an­nées, ce qui rend vul­né­rables aux sur­doses les consom­ma­teurs de drogues. «Il n’y a ja­mais eu un mo­ment plus dan­ge­reux pour ache­ter de la drogue dans la rue en rai­son de la profusion de fen­ta­nyl et de plu­sieurs di­zaines d’opioïdes si­mi­laires de puis­sances di­verses», a in­di­qué le doc­teur Juur­link. En Co­lom­bie-Bri­tan­nique seule­ment, 967 per­sonnes sont mortes de sur­doses liées aux opioïdes l’an­née der­nière. Et cette an­née, la pro­vince est sur le point de dé­pas­ser les 1500 dé­cès, se­lon la doc­teure Ch­ris­ty Su­ther­land, une mé­de­cin de fa­mille de Van­cou­ver.

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