Mar­ga­ret At­wood doit beau­coup... à Do­nald Trump

Acadie Nouvelle - - ARTS ET SPECTACLES -

Mar­ga­ret At­wood ne se ré­jouit pas du fait que l’élec­tion du pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump eut per­mis à son oeuvre de trou­ver écho.

L’écri­vaine ca­na­dienne est au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de To­ron­to pour faire la pro­mo­tion de la nou­velle mi­ni­sé­rie Alias Grace, une adap­ta­tion de son ro­man épo­nyme sur une pauvre im­mi­grante ir­lan­daise ac­cu­sée d’avoir tué ses em­ployeurs en 1843.

Cette nou­velle pro­duc­tion suit la sa­ga dys­to­pique La Ser­vante écar­late (The Hand­maid’s

Tale), une autre sé­rie ins­pi­rée de la plume de Mar­ga­ret At­wood.

Celle-ci prend place dans une théo­cra­tie to­ta­li­taire où l’État est pro­prié­taire des femmes et en force cer­taines à por­ter des en­fants pour des couples in­fer­tiles.

La sé­rie est en lice dans 13 ca­té­go­ries à la cé­ré­mo­nie des Em­my Awards, qui se tien­dra di­manche.

Si les deux sé­ries s’in­té­ressent au trai­te­ment des femmes et des im­mi­grants, La Ser­vante

écar­late fait tout par­ti­cu­liè­re­ment fré­mir alors que la lutte pour les droits à la contra­cep­tion et à l’avor­te­ment re­prend de plus belle aux États-Unis.

«Si j’avais le choix de crou­pir dans l’ombre et de ne pas avoir ce gou­ver­ne­ment au pou­voir, ou le mo­ment ac­tuel, je pense que je peux af­fir­mer hon­nê­te­ment à mon âge que je choi­si­rais la pre­mière op­tion - parce que cette tour­nure des choses n’est pas bonne pour le monde», a lan­cé la ro­man­cière de 77 ans.

L’ac­trice et réa­li­sa­trice ca­na­dienne Sa­rah Pol­ley a écrit et pro­duit Alias Grace, qui s’ins­pire de l’his­toire vraie de Grace Marks, em­pri­son­née pen­dant 30 ans.

Mar­ga­ret At­wood main­tient que ce n’est pas l’élec­tion pré­si­den­tielle amé­ri­caine qui a mo­ti­vé la réa­li­sa­tion de ces deux sé­ries.

«Sa­rah tra­vaille sur Alias Grace de­puis quoi, six ans, et elle y pense de­puis en­vi­ron 20 ans, a-t-elle sou­li­gné. Ils étaient au mi­lieu du tour­nage de Hand­maid’s Tale, donc ce n’est pas quelque chose qu’ils ont fait à cause de l’élec­tion de Do­nald Trump.»

«Mais, ils se sont ré­veillés le 9 no­vembre en réa­li­sant qu’ils se trou­vaient dans un autre contexte», a-t-elle re­con­nu.

Sa­rah Pol­ley, qui a dé­jà été en no­mi­na­tion aux Os­cars, se ré­jouit néan­moins de cette im­pul­sion.

«(Les deux sé­ries) sont dans des époques et des styles com­plè­te­ments dif­fé­rents et il n’y a rien qui les connecte vrai­ment sauf ce dia­logue à pro­pos des femmes et de l’his­toire, a-t-elle ex­po­sé. Je pense que re­gar­der vers l’ar­rière et vers l’avant est vrai­ment utile alors que les droits sont très pré­caires. Je pense que c’est, dans ma vie, le mo­ment le plus ter­ri­fiant parce que je réa­lise que ces choses ne sont pas des ac­quis.»

Alias Grace se­ra dif­fu­sé sur CBC à comp­ter du 25 sep­tembre et se­ra dis­po­nible dès le 3 no­vembre sur Net­flix. - La Presse ca­na­dienne

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