Co­mi­té des 12: plus de 3000 lettres en 25 ans

Acadie Nouvelle - - ACTUALITÉS - Da­vid Ca­ron da­vid.ca­ron@aca­die­nou­velle.com

Si vous avez été mi­nistre du Dé­ve­lop­pe­ment so­cial du Nou­veauB­runs­wick, il y a de fortes chances que votre bu­reau ait dé­jà crou­lé sous le poids des lettres de Claude Snow, por­te­pa­role du Co­mi­té des 12 pour la jus­tice so­ciale.

De­puis 1993, l’or­ga­nisme qui cé­lèbre son 25e an­ni­ver­saire, es­time avoir en­voyé plus de 3000 lettres au gou­ver­ne­ment pro­vin­cial afin de por­ter des pro­blèmes à son at­ten­tion. Une ré­ponse et une prise de po­si­tion ont été exi­gées chaque fois.

Si le Co­mi­té des 12 pour­suit ses ac­tions avec au­tant d’achar­ne­ment, c’est pour ten­ter d’ap­por­ter de réels chan­ge­ments afin d’amé­lio­rer la vie des plus dé­mu­nis.

Le groupe a été fon­dé il y a un quart de siècle en ré­ponse aux ac­tions du gou­ver­ne­ment li­bé­ral de Frank McKen­na, qui se mon­trait dur à l’égard des bé­né­fi­ciaires de l’as­sis­tance so­ciale, ex­plique Anne-Ma­rie Jourdain, membre de l’or­ga­nisme.

À force de re­ven­di­quer, le Co­mi­té des 12 a réus­si à as­sou­plir, à mo­di­fier ou à éli­mi­ner quelque 200 rè­gle­ments.

«On a réa­li­sé des gains. Peut-être pas des pas de géant, mais de pe­tites vic­toires ici et là qui font une dif­fé­rence dans la vie des gens», ajoute Mme Jourdain.

Bien que les re­la­tions n’aient pas tou­jours été fa­ciles entre le Co­mi­té des 12 et le mi­nis­tère du Dé­ve­lop­pe­ment so­cial, les rap­ports se sont amé­lio­rés au fil des ans, re­con­naît Claude Snow, porte-pa­role du groupe.

«Je pense qu’au tout dé­but, le gou­ver­ne­ment nous voyait comme un pe­tit groupe qui al­lait dis­pa­raître après un bout, mais il s’est aper­çu qu’on avait beau­coup de dé­ter­mi­na­tion. On était bien or­ga­ni­sé et in­for­mé. On le te­nait sur ses gardes. Il s’est aper­çu qu’on ne fai­sait pas du chia­lage, mais qu’on avan­çait des ar­gu­ments et des prin­cipes pour exi­ger que les pro­grammes soient conformes à des prin­cipes de base.»

L’en­voi de lettres fait par­tie de la for­mule de base de re­ven­di­ca­tion. Le geste semble ba­nal, mais il a une grande por­tée, croit M. Snow.

«Au dé­but, les fonc­tion­naires don­naient des ré­ponses ver­bales, alors les gens n’étaient pas vrai­ment pro­té­gés. Les mi­nistres nous di­saient qu’ils avaient tel­le­ment de dé­ci­sions à prendre chaque jour qu’ils ne pou­vaient pas tout mettre par écrit, alors que la loi leur exi­geait de le faire. Main­te­nant, toutes les dé­ci­sions sont en­voyées par écrit. Ç’a été un gain im­por­tant parce que les gens soient plus en me­sure de se dé­fendre quand ils ont quelque chose par écrit.»

Bien qu’il ait tou­jours plei­ne­ment l’in­ten­tion à de­meu­rer en­ga­gé, M. Snow re­con­naît que cer­tains dé­fis se pointent à l’ho­ri­zon. L’or­ga­nisme at­tire une cer­taine re­lève, mais plu­sieurs des membres ac­tuels sont vieillis­sants. Le Co­mi­té des 12 pour­rait alors être ap­pe­lé à prendre une nou­velle forme au cours des pro­chaines an­nées.

«Je crois que ça va peut-être chan­ger de forme, mais les gens conti­nue­ront de s’en­ga­ger, à leur fa­çon. En ce mo­ment, on le fait beau­coup par cor­res­pon­dance et on exige des ré­ponses. On com­pile le tout et on réus­sit à faire chan­ger des po­li­tiques, mais il y a plu­sieurs fa­çons de s’en­ga­ger.»

Claude Snow, porte-pa­role du Co­mi­té des 12 pour la jus­tice so­ciale. - Aca­die Nou­velle: Da­vid Ca­ron

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