Mer­ci de me pro­vo­quer

Acadie Nouvelle - - MIEUX-ÊTRE - Ch­ro­ni­que­mieuxetre@gmail.com

«Est-ce la si­tua­tion ou ma ré­ac­tion à la si­tua­tion qui me cause le plus de stress en ce mo­ment?» - Ni­cole Bor­de­leau

Il y a des per­sonnes douées pour nous pro­vo­quer. Ces in­di­vi­dus le font avec brio: ils savent pré­ci­sé­ment quoi dire ou faire, quand le dire ou le faire, com­ment le dire ou le faire et quelle force em­ployer pour exé­cu­ter l’opé­ra­tion. De vrais ex­perts quoi! Nous bou­le­ver­ser semble être leur of­fice.

En réa­li­té, ils ne nous bou­le­versent pas – ils ne servent que d’élé­ment dé­clen­cheur. Nous nous me­nons nous­mêmes au pa­roxysme de l’exas­pé­ra­tion. Tout seuls, comme des grands!

MISES EN SI­TUA­TION

• Anne ra­conte:

«Quand je gronde Ni­co, mon fils de 10 ans, il me dé­vi­sage et ri­poste: “je m’en fiche!” Là, je perds la carte! C’est tou­jours la même chose!»

Pour­quoi Anne ré­agit-elle conti­nuel­le­ment de la même fa­çon? À l’ins­tar de cha­cun de nous, elle a des bles­sures émo­tion­nelles et des croyances contrai­gnantes. En pre­nant un re­cul pour ob­ser­ver sa propre ré­ac­tion, la si­tua­tion s’éclair­cit. D’où l’im­por­tance d’im­po­ser aux en­fants des «temps morts» qui sont aus­si, si­non plus im­por­tants pour les pa­rents. Anne constate alors l’in­sé­cu­ri­té qu’elle res­sent au su­jet de l’au­to­ri­té. Mu­nie d’une meilleure com­pré­hen­sion d’elle-même, elle peut se pré­pa­rer à ré­gler ce conflit in­té­rieur avec at­ten­tion et com­pas­sion.

Dé­sor­mais, lorsque Ni­co agi­ra de la sorte, les ré­ac­tions risquent d’être dif­fé­rentes. Anne com­pren­dra que ce n’est pas son fils qui la fait ré­agir ain­si. Elle au­ra le choix de ré­pondre plus cal­me­ment, sans chaos in­té­rieur, et de se sou­cier de la dis­ci­pline. En per­ce­vant les ré­ac­tions moins ex­plo­sives de sa mère, Ni­co s’en­nuie­ra pro­ba­ble­ment de la nar­guer et ar­rê­te­ra. Éven­tuel­le­ment. Certes, il trou­ve­ra bien d’autres fa­çons de la pro­vo­quer: c’est pour ce­la que je dis tout le temps que nos en­fants nous font gran­de­ment évo­luer comme per­sonne. Tout le temps. Sans ré­pit!

• Phi­lippe re­late:

«Ma conjointe Ca­ri­na m’a dit que je n’étais qu’un égoïste qui ne pense ja­mais à ses en­fants. Com­ment ose-t-elle? J’aime tel­le­ment mes en­fants. Ca­ri­na m’a bles­sé pro­fon­dé­ment.»

Phi­lippe croit les pa­roles de Ca­ri­na, car une bles­sure ha­bite dé­jà ce­lui-ci. De­puis long­temps, son sen­ti­ment d’in­fé­rio­ri­té le pousse à se ju­ger mé­diocre comme père. Voi­là pour­quoi les pro­pos de sa conjointe l’ébranlent ain­si. Le jour où Phi­lippe sau­ra dans son for in­té­rieur qu’il est un bon père fai­sant le mieux qu’il peut, ce genre de re­marque ne dé­clen­che­ra pas de telles ré­ac­tions en lui. AU-DE­LÀ

Lorsque quel­qu’un nous pro­voque, c’est comme un ca­deau (très ca­mou­flé bien sûr). Ce «ca­deau» a le pou­voir de nous faire croître comme hu­main, dans l’amour et le par­don.

William­son, une en­sei­gnante spi­ri­tuelle, écrit: «Croître n’est ja­mais mettre l’ac­cent sur ce qui sert de le­çon à au­trui, mais uni­que­ment sur ce qui nous sert de le­çon à nous­mêmes. Nous ne sommes pas les vic­times du monde ex­té­rieur. Même s’il est dur de le croire par­fois, nous sommes tou­jours res­pon­sables de notre fa­çon de voir les choses.»1

Re­met­tons-nous en cause!

J’in­vite res­pec­tueu­se­ment vos par­tages et ques­tions.

1William­son, M. (1993). Un re­tour à l’amour. Pa­ris: Du Ro­seau, p.108.

L’amour et le par­don peuvent briller en toutes cir­cons­tances. – Gra­cieu­se­té: Eduar­do Ca­bre­ra

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