An­na­belle: chair de poule ga­ran­tie

Acadie Nouvelle - - ARTS ET SPECTACLES -

Pour les ama­teurs de sen­sa­tion forte, l’au­teure de po­lar Su­zan Payne est de re­tour sur la scène lit­té­raire avec son nou­veau ro­man po­li­cier, An­na­belle, qui marque le dé­but d’une tri­lo­gie au­tour des se­crets de fa­mille.

Après avoir connu un bon dé­part avec son pre­mier ro­man po­li­cier Crimes et Co­ma pa­ru aux Édi­tions Tar­ma qui lui avait alors dé­cer­né le Prix du Po­lar des Mar­times en 2014, Su­zan Payne a dé­ci­dé de re­prendre ce ré­cit afin de le re­vi­si­ter et de l’amé­lio­rer. La mai­son d’édi­tion de l’époque a fait faillite moins d’un an après la sor­tie de son livre. Son ro­man n’a donc pas bé­né­fi­cié d’une large pro­mo­tion et d’une dis­tri­bu­tion en bonne et due forme. Cette fois­ci, la ro­man­cière de Monc­ton pu­blie aux Édi­tions Perce-Neige.

«Pour moi, pu­blier chez Perce-Neige, c’est un peu comme ga­gner le gros lot. Ils ont une longue et bonne ré­pu­ta­tion. Tout de suite, il y a une cré­di­bi­li­té quand on est as­so­cié à ce nom-là. Pour moi, c’est une grande chance que ces gens-là me fassent confiance», a confié l’au­teure en en­tre­vue à quelques jours de la sor­tie du pre­mier tome de sa tri­lo­gie.

Le ré­cit d’An­na­belle tourne au­tour d’un crime cra­pu­leux. Un homme et une femme ont été sau­va­ge­ment at­ta­qués dans un ap­par­te­ment. La femme, An­na­belle, se re­trouve dans le co­ma entre la vie et la mort. Les en­quê­teurs Jé­rôme et Joëlle ten­te­ront de dé­nouer l’in­trigue et de trou­ver le cou­pable de ce crime ignoble.

«Ma pré­misse de dé­part était de rendre le tueur plus fou que fou parce que je trouve qu’il y a une ba­na­li­sa­tion ac­tuel­le­ment des crimes parce qu’on est tel­le­ment ha­bi­tué d’en­tendre par­ler d’at­taque, de viol et de tout ça. C’est pour ça que je vou­lais créer un ma­laise chez le lec­teur», a in­di­qué l’au­teure.

Qui de l’ex-ma­ri, de l’ami, de l’amant a bien bu com­mettre cette hor­reur? Et si ce n’était pas ce­lui qu’on pense. Au fil des pages, l’au­teur four­nit des in­dices en se­mant le doute dans la tête du lec­teur. Pa­ral­lè­le­ment à cette af­faire, on suit le par­cours de Va­lé­rie qui vient de lais­ser son ma­ri pour une his­toire de tra­hi­son. Les deux femmes vivent dans la même ville, mais elles ne se connaissent pas. Au fil des pages, Va­lé­rie dé­cou­vri­ra un se­cret de fa­mille lourd de consé­quences.

L’ac­tion se dé­roule dans une ville moyenne ano­nyme qui pour­rait res­sem­bler à Monc­ton. La ro­man­cière a choi­si d’évi­ter les des­crip­tions trop dé­taillées.

«La lec­ture est le seul en­droit où notre ima­gi­naire tra­vaille. J’ai l’im­pres­sion que l’ex­pé­rience de lec­ture est mieux quand c’est notre ima­gi­naire qui crée l’uni­vers à moins que ce soit ab­so­lu­ment né­ces­saire dans l’in­trigue.»

Si les crimes sont vio­lents, il reste qu’elle s’abs­tient de four­nir une mon­tagne de dé­tails, lais­sant le soin au lec­teur d’ima­gi­ner l’hor­reur. Cette lec­trice pas­sion­née de po­lar es­time qu’ar­ri­ver à te­nir le sus­pense pen­dant quelques cen­taines de pages pose un grand dé­fi. Il faut don­ner des in­dices tout en lais­sant pla­ner le doute jus­qu’à la toute fin. Cer­tains lec­teurs au­ront peut-être plus de fa­ci­li­té à dé­nouer l’im­passe tan­dis que d’autres s’y re­trou­ve­ront qu’en fin de lec­ture. L’au­teure qui est aus­si as­sis­tante-réa­li­sa­trice au Té­lé­jour­nal Aca­die à Ra­dio-Ca­na­da est très mi­nu­tieuse quand vient le temps du choix des mots et de la construc­tion des phrases, afin de main­te­nir le rythme et rendre les bonnes émo­tions. Elle éprouve un grand plai­sir à sur­prendre le lec­teur. L’écri­ture est de­ve­nue en quelque sorte une thé­ra­pie pour Su­zan Payne.

«Écrire, c’est prendre une pause de soi­même. On va ailleurs. On ne pense plus au la­vage, à la fac­ture d’élec­tri­ci­té, au ga­zon qui pousse ou à la neige qui s’ac­cu­mule dans la cour. Notre cer­veau se branche sur une autre réa­li­té et le reste n’existe plus. Quand j’ar­rête d’écrire et que je re­viens dans la réa­li­té, c’est comme si j’avais pris une se­maine de va­cances.»

Son ro­man An­na­belle sort le 13 no­vembre. L’écri­ture des deux autres tomes est com­plé­tée. La suite d’An­na­belle, Va­lé­rie, de­vrait sor­tir au prin­temps 2019, tan­dis que la conclu­sion de la tri­lo­gie qui s’in­ti­tu­le­ra Joëlle est pré­vue à l’au­tomne 2019.

«Le pre­mier tome, c’est le crime, le tome 2, c’est qui et le tome 3, c’est le pour­quoi», a ajou­té l’au­teure. - SM ■

- Gra­cieu­se­té

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