In Me­mo­rian Joe How­lett

Biosphere - - Reportages - Par Nick Haw­kins

Nous ren­dons hom­mage à ce pê­cheur de la baie de Fun­dy et co­fon­da­teur de l’équipe de se­cours aux ba­leines Cam­po­bel­lo de qui a trou­vé la mort en juillet après avoir sau­vé une ba­leine en­che­vê­trée

Dans notre édi­tion de mar­sa­vril 2017, le re­por­tage prin­ci­pal « Océans de déses­poir » por­tait sur les ba­leines en­che­vê­trées dans les agrès de pêche au­tour de la baie de Fun­dy et sur les bé­né­voles qui leur portent se­cours. Pour cet ar­ticle, le pho­to­graphe et re­por­ter Nick Haw­kins a in­ter­ro­gé entre autres le pê­cheur com­mer­cial, co­fon­da­teur de l’équipe et chef sau­ve­teur Joe How­lett. Comme ce­la a été am­ple­ment rap­por­té dans les mé­dias, le 10 juillet de cette an­née, Joe a été ap­pe­lé pour ai­der à li­bé­rer une ba­leine em­mê­lée dans des lignes de pêche au large de Ship­pa­gan, au N.-B. En tant que seul sau­ve­teur for­mé à bord, il a réus­si à lui tout seul à li­bé­rer le Le­via­than de 70 tonnes. En se sen­tant li­bé­rée, la ba­leine a sou­dai­ne­ment plon­gé et sa queue a por­té un coup mor­tel à How­lett. Ce­lui-ci a suc­com­bé presque im­mé­dia­te­ment à ses bles­sures. Il avait 59 ans. Lui sur­vivent un fier et vaste groupe d’amis et de pa­rents, dont sa femme Dar­lene et ses fils Chad et Ty­ler.

J’ai eu la chance de ren­con­trer Joe How­lett en oc­tobre 2016, alors que je pré­pa­rais un pho­to­re­por­tage pour Bio­sphère/Ca­na­dian Wild­life sur la So­cié­té de se­cours aux ani­maux ma­rins de Cam­po­bel­lo, qu’il a co­fon­dée en 2002 avec son col­lègue pê­cheur Ma­ckie Greene. J’ai in­ter­viewé Joe alors que nous nous fai­sions ber­cer par la houle dans sa barque de sau­ve­tage dans la baie de Fun­dy, par une magnifique soi­rée d’au­tomne. Nous par­lions de ses mo­ti­va­tions à se por­ter vo­lon­taire et à y consa­crer tant de temps, met­tant à contri­bu­tion toute l’ex­pé­rience de sa vie sur l’eau pour désen­che­vê­trer des ba­leines qui, sans lui, se­raient condam­nées à une longue et dou­lou­reuse ago­nie. Il était pas­sion­né quand il par­lait de leur cal­vaire, tan­dis que j’étais fas­ci­né par son dé­voue­ment et son en­ga­ge­ment.

Nous avons aus­si par­lé des risques énormes cou­rus par les équipes de se­cours. Joe com­pre­nait les dan­gers du désen­che­vê­tre­ment des ba­leines et se met­tait quand même en pre­mière ligne, li­bé­rant avec suc­cès des di­zaines de ba­leines de­puis 15 ans. Quand je lui ai de­man­dé ce qui pour­rait être fait pour amé­lio­rer le se­cours aux ba­leines, sa ré­ponse a été simple et di­recte : « Nous avons be­soin de plus de sou­tien pour faire ce tra­vail de ma­nière sé­cu­ri­taire et ef­fi­cace. »

Puis, il tour­na la ma­nette du mo­teur et nous avons ac­cé­lé­ré. C’est le mo­ment où j’ai pris cette photo de Joe à la proue de la barque de sau­ve­tage.

Je ne connais­sais pas bien l’homme, mais, après cette jour­née, je suis per­sua­dé que Joe How­lett vou­drait que son im­por­tant tra­vail se pour­suive. Il est clair que, ce dont on a be­soin, c’est ce que Joe m’a men­tion­né dans le ba­teau ce soir d’oc­tobre : plus de sou­tien pour les hommes et les femmes qui tra­vaillent à li­bé­rer ces ani­maux, et plus d’ef­forts pour ré­duire les risques d’en­che­vê­tre­ment pour les ba­leines. Ce se­rait l’hom­mage le plus ap­pro­prié que nous puis­sions rendre à un vé­ri­table hé­ros. —NICK HAW­KINS

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Photo : Mark Ray­croft

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