TROIS VI­SAGES HÔ­TE­LIERS DE PALM BEACH

Decorhomme - - Sommaire - PAR SA­MUEL LAROCHELLE

Le comté de Palm Beach, en Flo­ride, fait par­tie des sec­teurs les plus riches de la pla­nète. Il est donc tout à fait pré­vi­sible de re­trou­ver une offre d’hô­tels luxueux plus im­por­tante qu’ailleurs. Pour­tant, qui dit luxe ne dit pas né­ces­sai­re­ment mé­ga hô­tels avec des gad­gets tech­no­lo­giques, des lustres dans les cou­loirs et un doux par­fum de billets verts. Il suf­fit de fouiller un peu pour dé­ni­cher des op­tions d’hébergement ori­gi­nales et (un peu) moins dis­pen­dieuses.

THE CHES­TER­FIELD PALM BEACH

Pour le cô­té bri­tish vin­tage as­su­mé, l’ex­trême dé­vo­tion de ses em­ployés, le dé­cor luxueux et l’em­pla­ce­ment géo­gra­phique, le Ches­ter­field est un des joyaux du mi­lieu hô­te­lier de Palm Beach. Si­tué au coeur d’un quar­tier ré­si­den­tiel, avec tout le calme que ce­la im­plique, l’hô­tel est à deux coins de rues de la cé­lèbre Worth Ave­nue, où des pla­fonds de bois et des co­lonnes de marbre ita­lien ponc­tuent le tra­jet vers les bou­tiques de Louis Vuit­ton, Tif­fa­ny & Co et autres en­seignes de luxe. Quelques mi­nutes de marche sup­plé­men­taires vous mè­ne­ront di­rec­te­ment à la plage.

Construit en 1926 à l’image d’un bed and break­fast eu­ro­péen des grandes oc­ca­sions, l’hô­tel a été rénové par l’ar­chi­tecte John L. Volk 11 ans plus tard. Fai­sant of­fi­ciel­le­ment par­tie du pa­tri­moine his­to­rique du sec­teur, l’ins­ti­tu­tion s’as­sure de pré­ser­ver son charme sur­an­né, si bien qu’on n’au­rait au­cune dif­fi­cul­té à ima­gi­ner le per­son­nage in­ter­pré­té par Mag­gie Smith dans Down­tonAb­bey dé­bar­quer à tout mo­ment. Un sé­jour au Ches­ter­field est un sé­jour dans une autre époque, avec les avan­tages de la mo­der­ni­té.

Membre d’une sé­lec­tion de pe­tits hô­tels luxueux de l’en­tre­prise Red Car­na­tion (An­gle­terre, Ire­land, Suisse, Afrique du Sud), clas­sé 4 étoiles et nom­mé Ches­ter­field en 1989, l’hô­tel offre 41 chambres de qua­li­té su­pé­rieure et 12 suites de luxe. Chaque chambre est dé­co­rée de ma­nière unique, avec des va­ria­tions de pa­pier peint fleu­ri ou uni, d’épais ri­deaux, de fe­nêtres pro­té­gées par des vo­lets de bois, des plan­chers de marbre dans les salles de pains et des ta­pis aux mo­tifs étour­dis­sants (un vi­lain dé­faut pour les asth­ma­tiques et les per­sonnes al­ler­giques à la pous­sière). Si les pre­miers pas dans une pièce donnent par­fois l’im­pres­sion d’une lour­deur étouf­fante, en rai­son du dé­cor très char­gé et de l’es­pace res­treint pour cir­cu­ler dans cer­taines chambres, on fi­nit par s’ac­cli­ma­ter et dé­ve­lop­per un sen­ti­ment de confort douillet.

Le ca­rac­tère en­ve­lop­pant des lieux est éga­le­ment at­tri­buable à la gen­tillesse du per­son­nelle, aux mul­tiples at­ten­tions (frian­dises et bis­cuits frais dis­po­nibles à la ré­cep­tion en tout temps), à la pis­cine iso­lée par de hauts murs bar­dés de vé­gé­ta­tion dans la cour ar­rière, à la bi­blio­thèque agré­men­tée de ca­na­pés vieillots et d’un ser­vice de thé, aux vieilles chan­sons fran­çaises et aux clas­siques jaz­zés d’une autre époque qui ré­sonnent dans les cou­loirs, ain­si qu’au Leo­pard Lounge & Res­tau­rant, vé­ri­table ode au dé­cor des pubs an­glais haut de gamme.

Le Ches­ter­field est un oa­sis old-school, sans être vieux jeu. Son équipe or­ga­nise plu­sieurs ma­riages gais, en plus d’éla­bo­rer des spé­ciaux du­rant la Pride. Élé­gant, propre, raf­fi­né et cha­leu­reux, l’hô­tel offre plus que ses clients es­pèrent.

THE SEA­GATE HO­TEL & SPA

La classe nord-amé­ri­caine ta­pisse les murs du Sea­gate, cet énorme com­plexe hô­te­lier si­tué à seule­ment trois mi­nutes de marche de la Del­ray Beach. Tout de blanc vê­tu, l’hô­tel charme au pre­mier coup d’oeil, bien que la dé­co­ra­tion de ses chambres ne ré­vo­lu­tionne rien : pièces spa­cieuses, meubles de bois de cou­leur sombre, vastes salles de bain – dont cer­taines com­mu­niquent avec le reste de la chambre grâce à un mu­ret pi­vo­tant –, larges bal­cons avec des pal­miers à por­tée de main, odeur char­gée des doux par­fums de la mer. Un look tra­di­tion-

nel comme on en voit par­tout. Tou­te­fois, on ap­pré­cie beau­coup l’at­mo­sphère qui règne dans la salle à man­ger et au bar du rez-de-chaus­sée : lu­mière bleue ta­mi­sée, aqua­rium ex­tra large rem­pli de pois­sons mul­ti­co­lores, mul­tiples élé­ments du dé­cor rap­pe­lant le monde aqua­tique.

Le Sea­gate se dé­marque prin­ci­pa­le­ment avec ce qui se passe à l’ex­té­rieur des chambres. Les ama­teurs de golf au­ront l’oc­ca­sion de faire un 18 trous sur le ter­rain Ham­let, qui a ac­cueilli de grands joueurs comme Jack Ni­ck­laus et Jim Flick au cours des der­nières dé­cen­nies. Ceux qui veulent dé­cou­vrir les bou­tiques, les res­tau­rants et les bars de l’At­lan­tic Ave­nue pro­fi­te­ront d’un sys­tème de na­vette ef­fi­cace. Les vi­si­teurs en manque de dé­tente au­ront aus­si la pos­si­bi­li­té de se pré­las­ser au spa d’une su­per­fi­cie de 8000 pieds car­rés, avec mas­sages, soins de la peau, soins du corps, ma­nu­cure et pé­di­cure.

À coup sûr, les va­can­ciers vou­dront pro­fi­ter du Beach Club pri­vé du Sea­gate. D’une blan­cheur im­ma­cu­lée et de style co­lo­nial bri­tan­nique, le club sur­plombe une vaste pis­cine pri­vée, où peuvent s’ins­tal­ler des di­zaines de per­sonnes, sans ja­mais avoir l’im­pres­sion de trans­pi­rer sur leurs voi­sins. Les clients de l’hô­tel ti­re­ront éga­le­ment avan­tage d’une vaste por­tion de plage pri­vée et des nom­breuses ac­ti­vi­tés (paddle board, kayak, surf, snor­ke­ling, plon­gée sous-ma­rine), or­ga­ni­sées par un pro­fes­sion­nel d’une dé­vo­tion re­mar­quable. On va avant tout au Sea­gate pour le confort et ses di­verses ac­ti­vi­tés en ex­tra, et non pour sor­tir de ses ha­bi­tudes.

CRANE’S BEACH HOUSE

À des an­nées-lu­mière de l’am­biance feu­trée du Ches­ter­field et du style pu­re­ment amé­ri­cain du Sea­gate, la Crane’s Beach House char­me­ra les amants de tran­quilli­té et ceux qui sou­haitent se sen­tir à la mai­son, tout en pro­fi­tant des at­traits de Palm Beach. Si­tué à seule­ment quelques mi­nutes de la Del­ray Beach et de la po­pu­laire At­lan­tic Ave­nue, le mi­ni-com­plexe pos­sède deux pis­cines et offre 28 chambres, suites et vil­las bon chic bon genre. On y re­trouve tout ce qu’il faut pour se faire à man­ger, se dé­tendre de­vant la té­lé et faire une sieste, entre deux vi­rées à la plage. À moins d’être ac­croc au luxe, il est pra­ti­que­ment im­pos­sible de ne pas cra­quer pour l’en­vi­ron­ne­ment in­time, les meubles en ro­tin, les pal­miers de la cour in­té­rieure et la beau­té na­tu­relle des lieux, qui n’est pas sans rap­pe­ler le style du vieux Key West. Un pe­tit tré­sor ca­ché!

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