STOCK­HOLM EST-ELLE DE­VE­NUE LA VILLE IDÉALE?

Ber­ceau de grandes en­tre­prises mul­ti­na­tio­nales et vi­vier bouillon­nant de start-up, la ca­pi­tale sue­doise semble avoir reus­si a conci­lier qua­lite de vie, de­ve­lop­pe­ment eco­no­mique et res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment.

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Der­riere son image po­li­cee et presque trop tran­quille, Stock­holm re­ven­dique tel­le­ment de pre­mieres places dans les clas­se­ments en tout genre qu’il est dif­fi­cile de tous les ci­ter. Ville la plus fa­vo­rable aux en­tre­pre­neurs (se­lon Forbes) ; pre­miere a être nom­mee ca­pi­tale verte en Eu­rope, en 2010 ; ci­tee par l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la sante (OMS) pour la qua­lite de l’air, qui y al­lon­ge­rait l’es­pe­rance de vie de deux ans ; deuxieme eco­sys­teme mon­dial pour les start-up juste der­riere… la Si­li­con Val­ley, etc. La ca­pi­tale, qui ac­cueille 2 des 9 mil­lions d’ha­bi­tants du pays, se rêve en centre eco­no­mique de la Scan­di­na­vie. Rien de moins !

Pen­dant plu­sieurs an­nees, la Suede a ete le pays le plus connecte a In­ter­net, avec 95% de la po­pu­la­tion en ligne – il est au­jourd’hui rat­trape par les autres pays scan­di­naves. L’eco­no­mie est en crois­sance – su­per­ieure a 3% en 2016 et at­ten­due a au moins 2% en 2017 –, les taux d’in­ter­êt sont par­ti­cu­lie­re­ment bas, et le taux de chô­mage est in­fe­rieur a 7% dans le pays et a 4% a Stock­holm.

Bref, le fa­meux « mo­dele so­cial sue­dois » per­dure et contri­bue a l’at­trac­ti­vite tant du pays que de sa ca­pi­tale. Pre­mier de ses atouts, le res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment. Avec un tiers de sa sur­face oc­cupe par les es­paces verts et un tiers par l’eau — n’ou­blions pas que la ville est com­po­sée de 14 îles —, Stock­holm re­ven­dique haut et fort son titre de ca­pi­tale verte. De­puis plu­sieurs an­nees de­ja de­ja, la mu­ni­ci­pa­lite s’est donne pour ob­jec­tif de de de­ve­nir une ville du­rable. Il s’agit, entre autres, de ne plus re­cou­rir aux ener­gies fos­siles d’ici a 2040, de re­duire le tra­fic au­to­mo­bile et de construire des lo­ge­ments pour tous plu­tôt que des sta­tion­ne­ments. Pour ce­la, la ville a mis en place un peage ur­bain, elle com­mence a de­ployer les in­fra­struc­tures pour les voi­tures elec­triques, et elle pre­voit de construire 40 000 nou­veaux lo­ge­ments entre 2014 et 2020. Une usine de pro­duc­tion de bio­gaz de­vrait par ailleurs de­mar­rer en 2018. Et les re­sul­tats sont la. La qua­si-to­ta­lite (99%) des or­dures me­na­geres sont in­ci­ne­rees et four­nissent chauf­fage et elec­tri­cite aux ha­bi­tants. Les de­charges ont dis­pa­ru des en­vi­rons de la ville. « Le nombre de voi­tures en cir­cu­la­tion est le même qu’il y a dix ans, alors que la po­pu­la­tion a aug­mente », se fe­li­cite Ka­rin Wann­gard, maire (so­cial-de­mo­crate) de­puis 2014.

Le pro­jet de la mu­ni­ci­pa­lite, bap­tise Vi­sion 2040, etend la du­ra­bi­lite a la de­mo­cra­tie, au vivre en­semble, au so­cial et a l’eco­no­mie. Stock­holm se ca­rac­te­rise par le nombre eleve d’en­tre­prises mul­ti­na­tio­nales qui y ont vu le jour et qui, pour la plu­part, sont tou­jours im­plan­tees dans la ville : Erics­son dans les te­le­coms, ABB dans l’ener­gie et l’au­to­ma­tion, As­traZe­ne­ca dans la phar­ma­cie, Elec­tro­lux dans l’elec­tro­me­na­ger, H&M dans le prêt-a-por­ter et, plus re­cem­ment, des so­cietes high-tech telles Skype, King, Spo­ti­fy. Le marche do­mes­tique est li­mite. Les en­tre­prises ont com­pris qu’elles doivent pen­ser glo­bal des le de­part, que leurs pro­duits ou so­lu­tions de­vront être de­clines, adaptes se­lon les mar­chés ex­té­rieurs.

PAR CAR­TIER LO­GAN

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