HARMONIA OU LE VÉ­RI­TABLE RES­PECT DES DER­NIÈRES VO­LON­TÉS

Le mois de no­vembre sou­ve­nez-vous en, est le mois des morts. C’est sou­vent le mo­ment dans l’an­née où on a une pen­sée pour nos chers dis­pa­rus. Et aus­si par­fois de voir à ses pré-ar­ran­ge­ments

Fugues - - Rituels Funéraires - DA­NIEL ROL­LAND

Chez Harmonia dont les ser­vices fu­né­raires sont dis­pen­sés à la gran­deur du ter­ri­toire du Qué­bec, vous cher­che­rez vai­ne­ment un com­plexe fu­né­raire, ou une flotte de li­mou­sines. On n’en a pas. Et So­lange Pel­land conseillère prin­ci­pale et chef de bu­reau nous dit pour­quoi. « C’est que ce sont des in­fra­struc­tures qui coûtent très cher. Et fa­ta­le­ment le coût de ges­tion de tout ça va se re­flé­ter dans les ta­rifs. Nous on a op­té pour la sim­pli­ci­té d’une part et on colle sur­tout aux dé­si­rs des fa­milles. » Ça s’est quand le dé­funt n’a pas pré­vu ses propres fu­né­railles. « Par ex­pé­rience, l’ab­sence de pré-ar­ran­ge­ments conduit sou­vent à des frac­tures fa­mi­liales. Tan­dis que si vous avez dé­ter­mi­né le tout à l’avance, l’af­faire est ré­glée et vos proches s’en trouvent sou­la­gés. Et chez Harmonia on est d’avis que c’est quand on est vi­vant qu’on a be­soin d’ar­gent, pas quand on est mort. Donc pour­quoi dé­pen­ser des for­tunes ? » Au pas­sage, la firme est le lea­der en pré-ar­ran­ge­ments au Qué­bec.

Rituels fu­né­raires, le Far West ?

Contrai­re­ment aux amé­ri­cains qui n’en sont pas à une ex­tra­va­gance près lorsque vient le temps d’ex­po­ser leurs morts, on a même vu l’ex­po­si­tion d’une tombe au Texas, une sorte de ser­vice à l’au­to. Et sans des­cendre de voi­ture vous aper­ce­vez le cer­cueil en vi­trine et vous pou­vez si­gner un re­gistre de conva­les­cence en ten­dant la main, puis re­prendre la route. «Heu­reu­se­ment n’en est pas là au Qué­bec ajoute Mme Pel­land. Bien que la lé­gis­la­tion soit un peu floue sur la dis­per­sion des cendres, il reste que les gens de­meurent très res­pec­tueux. Ça n’em­pêche pas des de­mandes par­fois par­ti­cu­lières. Ain­si le 2 no­vembre, nous or­ga­ni­sons une dis­per­sion des cendres à bord d’un Cess­na. Et à 4000 pieds d’al­ti­tude on ré­pan­dra les cendres avec pho­to aé­rienne et cer­ti­fi­cat avec lo­ca­li­sa­tion GPS ».

Là où vous vou­drez...

De nos jours beau­coup de cé­ré­mo­nies fu­nèbres se dé­roulent dans des com­plexes avec pour dé­co­rum une simple li­tur­gie de la Pa­role. Chez Harmonia on aime en­core se rendre à l’église si telle est la vo­lon­té de la per­sonne dis­pa­rue ou des proches. Mais en­core là, tout est or­ches­tré en confor­mi­té avec les choix de la fa­mille. « Mais on peut or­ga­ni­ser des cé­ré­mo­nies sous des cha­pi­teaux ou n’im­porte quel en­droit qui avait un sens pour la per­sonne dé­cé­dée. J’ai une amie, très grande lec­trice, qui sou­haite que la cé­ré­mo­nie se dé­roule à la bi­blio­thèque » si­gnale Mme Pel­land qui est dans le do­maine une vul­ga­ri­sa­trice ex­perte. On l’a d’ailleurs vue à Se­cond Re­gard ex­pli­quer la ten­dance des rites fu­né­raires ac­tuels dans la Belle Pro­vince. Et elle confirme que la cré­ma­tion l’em­porte ma­jo­ri­tai­re­ment, exac­te­ment le contraire d’il y a vingt ans. La perte d’un être cher de­meu­re­ra tou­jours une épreuve. Mais quand on est bien en­ca­dré ça vous en­lève un sa­cré poids sur les épaules.

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