Ne chan­gez pas vos plans de cul­ture

La Terre de chez nous - - LA SAISON 2017 EST LANCÉE - M.M.

Les pro­duc­teurs de la Mon­té­ré­gie ont com­men­cé à se­mer es­sen­tiel­le­ment en même temps que leurs confrères du LacSaint-Jean! Ce re­tard des se­mis dans les ré­gions du sud du Qué­bec crée un stress dans plu­sieurs fermes, sur­tout avec la pluie que pré­voient ici et là les mé­téo­ro­logues.

Cher­cheur au Centre de re­cherche sur les grains (CÉROM), Gilles Trem­blay men­tionne qu’il ne sert à rien de s’en faire avant le 1er juin pour les pertes de ren­de­ment as­so­ciées aux cultures de soya et de maïs qui ne sont pas en­core se­mées. Des com­men­taires que par­tage le pro­duc­teur Ré­jean Des­lau­riers. « Le re­tard n’est pas ca­tas­tro­phique pour l’ins­tant. En 2011, nous avions com­men­cé à se­mer le 20 mai et les cultures s’étaient ren­dues à terme quand même», nuance-t-il.

Quel culti­var?

La grande ques­tion : avec le re­tard, faut-il op­ter pour un culti­var né­ces­si­tant moins d’uni­tés ther­miques?

Entre le 1er et le 5 juin, le cher­cheur sug­gère de consi­dé­rer des culti­vars plus hâ­tifs au­tant pour le soya que le maïs, no­tam­ment afin de di­mi­nuer le risque que ces grains aient une te­neur en eau trop éle­vée à la ré­colte, ce qui aug­men­te­rait les coûts de sé­chage.

Après le 5 juin, M. Trem­blay sug­gère de rem­pla­cer les se­mis de maïs par du soya. « Le soya af­fi­che­ra plus de pertes po­ten­tielles de ren­de­ment que le maïs, mais tu es cer­tain de ce que tu ré­col­te­ras. De fait, le re­tard de se­mis chez le soya n’af­fecte pas la qua­li­té de ses grains, son taux de pro­téines, l’in­dice de verse, etc. Seul le conte­nu en huile peut di­mi­nuer. À l’in­verse, chez le maïs, la baisse de qua­li­té et l’aug­men­ta­tion de la te­neur en eau pour­raient com­pro­mettre la rentabilité de cette cul­ture se­mée tar­di­ve­ment », es­time-t-il.

Les pro­duc­teurs qui aiment le risque peuvent tout de même ef­fec­tuer un choix ga­gnant en se­mant du maïs, même en juin, à condi­tion qu’un au­tomne chaud per­mette à la plante d’ac­cu­mu­ler toutes les uni­tés ther­miques dont elle a be­soin pour par­ve­nir à ma­tu­ri­té.

Concer­nant les cé­réales, Gilles Trem­blay main­tient qu’au sud du Qué­bec, il est pos­sible de se­mer du blé avant le 25 mai, sans trop ris­quer de su­bir des pertes fi­nan­cières. Plus au nord, il conseille de ne pas dé­pas­ser le 5 juin, si­non des pro­blèmes de qua­li­té et de toxines pour­raient di­mi­nuer la rentabilité de cette cul­ture. Dans ces condi­tions de se­mis tar­dif, il pri­vi­lé­gie l’orge.

Ré­jean Des­lau­riers

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