Le Devoir

400 millions de chèques de vacances pour les travailleu­rs de la constructi­on

- JULIEN ARSENAULT

Au moment où les coups de marteau cesseront de résonner sur les chantiers de la province, plusieurs des 125 000 travailleu­rs de la constructi­on iront dépenser une partie de leur paie de vacances chez nos voisins du sud.

Cette année, la Commission de la constructi­on du Québec (CCQ) a transmis 148 500 chèques de vacances pour un montant d’environ 400 millions. C’est environ 10% de plus que ce qui a été versé l’été dernier — 364 millions — étant donné que l’activité a été plus vigoureuse dans le secteur de la constructi­on pendant la deuxième moitié de 2016. Au total, c’est près de 80% de la main-d’oeuvre, des travailleu­rs et des employeurs qui prennent une pause de deux semaines. En 2016, l’industrie de la constructi­on comptait quelque 154 000 travailleu­rs et 25 700 employeurs.

Les fluctuatio­ns du dollar canadien — qui avantagent les voyageurs ces temps-ci — et l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche ne semblent pas avoir dissuadé les vacanciers québécois de séjourner aux États-Unis. Environ 11% des personnes sondées par le CAA-Québec avaient l’intention de passer leurs vacances aux États-Unis, soit un point de pourcentag­e de plus que l’an dernier, d’après un sondage dévoilé au début du mois de juin. Les États du Maine et de New York arrivent respective­ment en tête de liste des lieux les plus prisés par les vacanciers. «Il y a une longue histoire d’amour et de traditions familiales avec la côte est américaine, explique la porteparol­e de CAA-Québec, Annie Gauthier. Les habitués continuent d’y aller. »

Ce portrait est toutefois bien différent de celui d’il y a trois ans — le huard était pratiqueme­nt à parité avec le billet vert —, alors que 21% des personnes sondées envisageai­ent de se séjourner aux ÉtatsUnis. Même si la conjonctur­e économique peut changer d’une année à l’autre, pour plusieurs, la tradition des vacances sur la côte est des États-Unis perdure, affirme Mme Gauthier.

Trump n’effraie pas

Si certains se sont posé des questions à la suite de l’assermenta­tion de Donald Trump comme président des ÉtatsUnis en janvier, les doutes se sont rapidement dissipés, selon Suzanne Beaulieu, propriétai­re du Kebec 3 Motel à Old Orchard Beach, dans l’État du Maine. « Il y a peut-être eu des craintes en hiver au moment de réserver en raison des contrôles aux frontières, mais il n’y a pas vraiment eu d’effet par la suite », explique Mme Beaulieu, dont environ 90% de la clientèle est québécoise. Après un début de saison au ralenti, l’établissem­ent de 35 chambres affiche complet jusqu’à la fin du mois d’août.

Selon Mme Beaulieu, le huard, qui valait 73 ¢ US au début du mois de mai, ainsi que les conditions météorolog­iques moins clémentes, plutôt que le contexte politique, sont davantage à l’origine d’un début de saison plus lent. «Jusqu’à la mi-juin, c’était froid. J’ai même eu une chambre de libre au début du mois de juillet. C’est rare que cela arrive. Mais le téléphone n’a pas arrêté de sonner à cause de M. Trump.»

Par ailleurs, les vacanciers qui s’apprêtent à aller dépenser au sud de la frontière auront un peu de répit lorsque viendra le temps d’aller acheter des dollars américains. Depuis le début du mois de mai, le huard, stimulé par le resserreme­nt monétaire effectué la semaine dernière par la Banque du Canada, a fait une remontée pour atteindre 79¢ US à la fermeture des marchés, mercredi. Au début du mois de mai, le dollar valait aux alentours de 73 ¢ US.

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RAPIDFIRE / CC L’État du Maine reste un des lieux les plus prisés pour les vacances des Québécois.

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