Un troi­sième lien à l’est se­rait nui­sible, se­lon La­beaume

À une se­maine du dé­clen­che­ment des élec­tions mu­ni­ci­pales, le maire s’est dé­fen­du d’être en cam­pagne

Le Devoir - - ACTUALITÉS - ISA­BELLE PORTER à Qué­bec

La Ville de Qué­bec a ren­du pu­blique, ven­dre­di, une ana­lyse dé­mon­trant qu’un troi­sième lien à l’est ré­dui­rait peu la conges­tion sur les ponts exis­tants et ris­que­rait même de l’ac­croître dans cer­tains sec­teurs.

«L’au­to­mo­bi­liste qui prend les ponts à l’ouest ne ver­ra pas un grand chan­ge­ment», a ré­su­mé le di­rec­teur du ser­vice des Trans­ports à la Ville.

Sou­hai­tée par le par­ti d’op­po­si­tion de Jean-Fran­çois Gos­se­lin, Qué­bec 21, l’idée d’un troi­sième lien à l’est n’a ja­mais en­thou­sias­mé le maire de Qué­bec, Ré­gis La­beaume. Il y a quelques mois, il avait sou­te­nu qu’un pont à l’ouest au­rait da­van­tage d’ef fets po­si­tifs.

L’éva­lua­tion pré­sen­tée ven­dre­di est ba­sée sur les don­nées du mi­nis­tère des Trans­ports, de la Ville de Qué­bec et du Ré­seau de trans­port de la Ca­pi­tale (RTC). On y a no­tam­ment ana­ly­sé les dé­bits de cir­cu­la­tion et les re­le­vés de tra­fic.

L’ana­lyse montre qu’un troi­sième lien à l’est af­fec­te­rait seule­ment 3000 dé­pla­ce­ments ma­ti­naux entre Lé­vis et Qué­bec, sans tou­te­fois four­nir de sta­tis­tiques sur le re­tour à la mai­son.

«Est-ce que les gou­ver­ne­ments de­vraient in­ves­tir des mil­liards de dol­lars seule­ment pour 3000 vé­hi­cules?» a lan­cé le maire.

L’étude avance en outre que «la réa­li­sa­tion du troi­sième lien» va «gé­né­rer des im­pacts né­ga­tifs sur les ré­seaux rou­tiers su­pé­rieurs et mu­ni­ci­paux de la rive nord ».

En­fin, la Ville sug­gère au bu­reau char­gé d’étu­dier le pro­jet de troi­sième lien d’ana­ly­ser la pos­si­bi­li­té de re­cou­rir à des voies di­rec­tion­nelles va­riables se­lon les heures de pointe sur le pont Pierre-La­porte.

Cam­pagne im­mi­nente

À une se­maine du dé­clen­che­ment des élec­tions mu­ni­ci­pales, le maire s’est dé­fen­du d’être en cam­pagne. Aux jour­na­listes qui lui de­man­daient pour­quoi il n’avait pas at­ten­du de pré­sen­ter un do­cu­ment plus com­plet plus tard, il a ré­tor­qué que c’était le tra­vail du mi­nis­tère des Trans­ports ou du bu­reau de pro­jet sur le troi­sième lien créé par le gou­ver­ne­ment.

Son ad­ver­saire Anne Gué­rette es­time jus­te­ment que la Ville de­vrait «lais­ser le gou­ver­ne­ment faire son tra­vail ». «Quand on au­ra toutes les in­for­ma­tions, on se po­si­tion­ne­ra sur un troi­sième lien ou non, à l’est ou à l’ouest », a fait va­loir la chef de Dé­mo­cra­tie Qué­bec.

Mme Gué­rette trouve en outre que l’idée de mo­di­fier le sens des voies sur les ponts en fonc­tion du tra­fic est pro­met­teuse. Une idée par­ta­gée par Jean-Fran­çois Gos­se­lin, de Qué­bec 21, qui ajoute tou­te­fois que le maire n’a rien in­ven­té.

Il lui re­proche de plus « d’uti­li­ser des res­sources de la Ville pour une an­nonce pré­élec­to­rale ». En­fin, sur le fond, il juge l’ana­lyse in­com­plète. « Ce que j’ai vu au­jourd’hui, ça ne change ab­so­lu­ment rien. »

Lors­qu’on lui de­mande si le sort de 3000 voi­tures jus­ti­fie des in­ves­tis­se­ments de plu­sieurs mil­liards, il ré­torque que les don­nées «datent de 2011», que l’ana­lyse a été faite pour at­ta­quer son plan et qu’un troi­sième lien est d’abord un «ou­til de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique ré­gio­nal».

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