Le Royaume-Uni en alerte maxi­male après l’at­ten­tat de Londres

Le Devoir - - ÉCONOMIE - ALEXAN­DRA DEL PERAL ÉDOUARD GUIHAIRE à Londres

Le Royaume-Uni a re­le­vé ven­dre­di son ni­veau d’alerte ter­ro­riste au maxi­mum, crai­gnant un at­ten­tat « im­mi­nent », après l’ex­plo­sion d’une bombe ar­ti­sa­nale dans une sta­tion du mé­tro de Londres qui a fait 29 bles­sés, re­ven­di­quée par le groupe État is­la­mique.

L’at­ten­tat — le cin­quième en six mois au Royaume-Uni — est sur­ve­nu dans une rame en pleine heure de pointe, vers 8h20 (heure lo­cale), dans la sta­tion de Par­sons Green, si­tuée dans un quar­tier ai­sé du sud-ouest de Londres. Qua­li­fié de «ter­ro­riste» par la po­lice, il a été re­ven­di­qué par le groupe État is­la­mique (EI) dans un com­mu­ni­qué dif­fu­sé par son agence de pro­pa­gande Amaq sur les ré­seaux so­ciaux.

Le groupe dji­ha­diste s’était dé­jà at­tri­bué la pa­ter­ni­té de plu­sieurs autres at­taques com­mises ces der­niers mois au Royaume-Uni et en Eu­rope.

Douze heures après cet at­ten­tat, la pre­mière mi­nistre The­re­sa May a an­non­cé que le ni­veau d’alerte ter­ro­riste avait été re­le­vé de « grave » à « cri­tique », ce qui si­gni­fie qu’un at­ten­tat est « im­mi­nent ». Ce ni­veau avait dé­jà été ren­for­cé en mai après l’at­ten­tat de Man­ches­ter, avant d’être ra­me­né à « grave », à sa­voir un at­ten­tat «hau­te­ment pro­bable».

Mme May a aus­si in­di­qué dans un mes­sage té­lé­vi­sé que des mi­li­taires se­raient dé­ployés «sur cer­tains sites pro­té­gés» non ac­ces­sibles au pu­blic, pour per­mettre un ren­for­ce­ment de la pré­sence de po­li­ciers dans les trans­ports pu­blics.

Chasse à l’homme

La po­lice n’avait en­core pro­cé­dé à au­cune ar­res­ta­tion ven­dre­di soir, mais le com­man­dant de l’uni­té an­ti­ter­ro­riste de la po­lice de la ca­pi­tale, Mark Row­ley, a in­di­qué que l’en­quête fai­sait «vrai­ment de bons pro­grès».

«Une chasse à l’homme est en cours» pour re­trou­ver le ou les au­teurs de l’at­ten­tat, avait au­pa­ra­vant in­di­qué sur LBC Ra­dio le maire de Londres, Sa­diq Khan.

Dans leur der­nier bi­lan, les ser­vices de san­té ont fait sa­voir que 29 bles­sés, dont au­cun griè­ve­ment at­teint, avaient été trai­tés à l’hô­pi­tal, la plu­part pour des brû­lures se­lon M. Row­ley. À l’is­sue d’une réunion d’ur­gence de son ca­bi­net en dé­but d’après-mi­di, The­re­sa May a es­ti­mé que « l’en­gin ex­plo­sif était des­ti­né à faire d’énormes dé­gâts ».

Des photos dif­fu­sées sur Twit­ter mon­traient un seau blanc en train de brû­ler mais peu abî­mé, dans un sac de congé­la­tion de su­per­mar­ché LIDL à l’in­té­rieur d’une voi­ture du mé­tro, à proxi­mi­té des portes au­to­ma­tiques, et dont sor­taient des fils élec­triques.

«Il y a eu une énorme dé­to­na­tion », a dé­cla­ré à l’AFP, près de la sta­tion, Char­lie Cra­ven, qui s’ap­prê­tait à prendre le mé­tro pour al­ler tra­vailler au mo­ment de l’at­ten­tat. Pe­ter Crow­ley a dit avoir vu « une boule de feu» et a pu­blié sur son compte Twit­ter des photos mon­trant son front brû­lé.

Le maire de Londres a condam­né les «in­di­vi­dus ignobles qui tentent d’uti­li­ser le ter­ro­risme pour nous tou­cher et dé­truire notre mode de vie».

Trump s’en mêle

Do­nald Trump a, quant à lui, dé­non­cé sur Twit­ter des ter­ro­ristes « ra­tés », af­fir­mant qu’ils avaient été re­pé­rés par Scot­land Yard avant l’at­taque. De quoi fâ­cher The­re­sa May, qui a ré­pli­qué en de­man­dant de ne pas «spé­cu­ler sur une en­quête en cours ». Le pré­sident amé­ri­cain a en­suite ap­pe­lé Mme May pour lui pré­sen­ter ses condo­léances, se­lon Dow­ning Street.

Le Royaume-Uni a été frap­pé ces der­niers mois par une vague d’at­taques, dans un contexte de mul­ti­pli­ca­tion des at­ten­tats dji­ha­distes en Eu­rope. En mars à Londres, un as­saillant avait uti­li­sé un vé­hi­cule pour per­cu­ter des pas­sants sur le pont de West­mins­ter avant de poi­gnar­der un po­li­cier, fai­sant cinq morts.

En mai, un ka­mi­kaze s’était fait ex­plo­ser avec une bombe ar­ti­sa­nale à la sor­tie d’un concert d’Aria­na Grande à Man­ches­ter. Bi­lan: 22 morts.

En juin, des as­saillants à bord d’une ca­mion­nette avaient fon­cé sur des pas­sants sur le Lon­don Bridge avant d’en poi­gnar­der plu­sieurs, fai­sant huit morts. Un autre at­ten­tat avait vi­sé des fi­dèles près de la mos­quée lon­do­nienne de Fins­bu­ry Park en juin. Il avait été per­pé­tré par un homme qui avait pré­ci­pi­té son vé­hi­cule sur la foule. Ré­sul­tat : une di­zaine de bles­sés et un mort.

DA­NIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans la ma­ti­née, les en­vi­rons de la sta­tion de Par­sons Green, si­tuée dans un quar­tier ai­sé du sud-ouest de Londres, étaient bou­clés par la po­lice, qui a dres­sé un cor­don de sé­cu­ri­té et pos­té des hommes équi­pés de fu­sils d’as­saut.

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