Iron Ore : les In­nus gagnent une autre manche en ap­pel

Le Devoir - - ÉCONOMIE - LIA LÉ­VESQUE

Les In­nus viennent de rem­por­ter une autre manche, cette fois en Cour d’ap­pel, dans leur ba­taille qui a com­men­cé en 2013 contre la Com­pa­gnie mi­nière IOC (Iron Ore Ca­na­da) et la Com­pa­gnie de che­min de fer du lit­to­ral nord du Qué­bec et du La­bra­dor (QNS & L).

La Cour d’ap­pel du Qué­bec vient en ef­fet de dé­bou­ter le pro­cu­reur gé­né­ral de Ter­reNeuve-et-La­bra­dor, qui cher­chait à dé­mon­trer que les tri­bu­naux qué­bé­cois n’avaient pas com­pé­tence pour se pro­non­cer sur les ac­ti­vi­tés de ces en­tre­prises qui ont lieu sur des ter­ri­toires si­tués en de­hors des li­mites ter­ri­to­riales du Qué­bec. Les com­mu­nau­tés in­nues concer­nées disent avoir oc­cu­pé his­to­ri­que­ment le ter­ri­toire ap­pe­lé Nit­tas­si­nan, qui che­vauche le ter­ri­toire ac­tuel du Qué­bec et du La­bra­dor. Or ces com­mu­nau­tés al­lèguent que l’en­semble des ac­ti­vi­tés mi­nières et connexes du mé­ga­pro­jet de l’Iron Ore s’exerce sur le ter­ri­toire du Nit­tas­si­nan.

Des im­pacts sur les ac­ti­vi­tés tra­di­tion­nelles

Le fond du dos­sier porte sur une ré­cla­ma­tion de 900 mil­lions par des In­nus de Ua­shat et de Ma­ni-Ute­nam et les In­nus de Ma­ti­me­kush-Lac John, no­tam­ment, concer­nant dif­fé­rents pro­jets mi­niers et d’in­fra­struc­tures qui ont été dé­ve­lop­pés sur le ter­ri­toire du Nit­tas­si­nan. Les In­nus al­lèguent que le mé­ga­pro­jet de l’en­tre­prise IOC «a eu des im­pacts consi­dé­rables sur l’exer­cice de leurs ac­ti­vi­tés tra­di­tion­nelles sur le Ni­tas­si­nan, no­tam­ment en les pri­vant d’ac­cès au ter­ri­toire, en dé­trui­sant ou al­té­rant l’en­vi­ron­ne­ment, le pay­sage, l’ha­bi­tat, la faune et la flore, en di­mi­nuant ou en af­fec­tant la qualité des res­sources na­tu­relles et en cau­sant des dom­mages so­ciaux, cultu­rels, spi­ri­tuels et éco­no­miques aux membres de leurs com­mu­nau­tés».

Les tri­bu­naux du Qué­bec ont com­pé­tence

La Cour d’ap­pel conclut que, comme les en­tre­prises IOC et QNS & L ont leur do­mi­cile au Qué­bec et que les In­nus al­lèguent un pré­ju­dice su­bi au Qué­bec, les tri­bu­naux qué­bé­cois sont com­pé­tents pour trai­ter le li­tige. De plus, les In­nus in­voquent des vio­la­tions des droits ga­ran­tis par les chartes, ain­si que des «troubles du voi­si­nage». «Il n’est donc pas pos­sible d’af­fir­mer que les tri­bu­naux du Qué­bec n’au­raient pas com­pé­tence, puisque le “bien en li­tige” se­rait si­tué au La­bra­dor », écrit la Cour d’ap­pel.

La Cour d’ap­pel in­dique au pro­cu­reur gé­né­ral de Ter­reNeuve-et-La­bra­dor que, s’il le sou­haite, il «pour­ra par­ti­ci­per aux pro­cé­dures de­vant la Cour su­pé­rieure dans le re­cours en­tre­pris par les In­nus contre des com­pa­gnies pri­vées pour faire va­loir ses droits et in­té­rêts». Le tri­bu­nal rap­pelle que, lorsque la re­quête des In­nus se­ra en­ten­due sur le fond, «pour avoir gain de cause dans cette af­faire, les In­nus de­vront éta­blir leurs droits au­toch­tones sur les por­tions du Ni­tas­si­nan oc­cu­pées par le mé­ga­pro­jet d’IOC, qu’IOC et QNS & L connais­saient ou de­vaient connaître ces droits et qu’IOC et QNS & L ont agi de ma­nière fau­tive à leur en­droit».

Dans sa dé­ci­sion, la Cour d’ap­pel écrit qu’«il est par ailleurs grand temps que ce re­cours, en­tre­pris en 2013, puisse pro­gres­ser ron­de­ment en vue d’une ad­ju­di­ca­tion dans un dé­lai rai­son­nable par la Cour su­pé­rieure du Qué­bec ».

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