VIVRE POUR SA PAS­SION

PA­RIS | En 2009, John­ny Hal­ly­day a frô­lé la mort, ex­pé­rience qui l’a ame­né à voir la vie et sa car­rière d’un autre oeil. Au­jourd’hui, bien qu’il soit en par­faite san­té, l’ar­tiste réa­lise à quel point son mé­tier lui est pré­cieux, à quel point il est essent

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Va­nes­sa Gui­mond VA­NES­SA.GUI­MOND@JOUR­NALMTL.COM

« Il y a deux ans, j’ai failli mou­rir. J’ai été pen­dant trois se­maines dans le co­ma. Quand je suis sor­ti du co­ma, je me suis dit que c’était beau la vie. Fi­na­le­ment, je me suis de­man­dé: “Si je ne fai­sais pas ce mé­tier, qu’est-ce que j’aimerais faire d’autre ?” »

La ré­ponse à cette ques­tion n’est ja­mais ve­nue puisque l’homme qui l’a po- sée a ra­pi­de­ment com­pris qu’il ne sau­rait faire autre chose que chan­ter et jouer pour ses fans.

« On a la chance de faire un mé­tier ex­tra­or­di­naire, a-t-il af­fir­mé. Ce qui est for­mi­dable, c’est de pou­voir don­ner de la dis­trac­tion, du bon­heur et du rêve aux gens. Fi­na­le­ment, c’est ça, notre mé­tier. »

Après avoir tra­vaillé avec de grands com­po­si­teurs, en­re­gis­tré une cin­quan­taine d’al­bums stu­dio, avoir pré­sen­té des spec­tacles de­vant des mil­lions de gens et avoir re­çu d’in­nom­brables prix, à quoi un ar­tiste qui a at­teint le sta­tut de lé­gende vi­vante peut-il as­pi­rer ?

« On ne veut rien de plus, on veut seule­ment conti­nuer à faire ce qu’on aime, a-t-il dé­cla­ré, se­rein. Quand j’ar­rive sur scène, je trouve que c’est for­mi­dable de voir que de­vant moi, il y a au­tant de gens qui m’aiment et qui par­ti­cipent à ce que je fais. »

ALI­MEN­TER LE FEU

John­ny Hal­ly­day est ca­té­go­rique : sa pas­sion du rock’n’roll, celle-là même qui l’a ame­né à de­ve­nir le grand ar­tiste qu’il est au­jourd’hui, a tou­jours été aus­si forte, dans son coeur et dans sa tête.

« Je n’ai ja­mais dou­té. C’est ça qui m’a don­né en­vie de faire ce mé­tier. Je ne me vois pas chan­ter autre chose. »

Ques­tion de pou­voir en pro­fi­ter le plus long­temps pos­sible, l’ar­tiste de 68 ans s’en­traîne tous les jours en salle de gym, et ce, pas seule­ment parce qu’il s’ap­prête à se lan­cer dans une nou­velle tour­née. Le mu­si­cien dit se prê­ter à l’exer­cice de­puis plu­sieurs an­nées. Après tout, être en forme est un im­pé­ra­tif pour pou­voir réa­li­ser tous les pro­jets qu’il ca­resse.

« J’adore avoir des pro­jets. J’ai be­soin de pen­ser à de­main, pas à hier. Il y a deux choses que j’aime, dans la vie : faire le mé­tier que je fais et faire de la mo­to. C’est d’ailleurs une des rai­sons pour les­quelles je vis à Los An­geles, parce que toutes mes mo­tos sont là-bas et qu’il y fait pra­ti­que­ment tou­jours beau. »

D’ailleurs, ses deux filles, Jade et Joy, adop­tées au Viet­nam avec sa femme Lae­ti­cia, vont à l’école dans la Ci­té des Anges, ce qui leur per­met­tra de de­ve­nir com­plè­te­ment bi­lingues. Entre les concerts, lors de sa pro­chaine tour­née, l’ar­tiste compte re­tour­ner au­près de sa fa­mille aus­si sou­vent qu’il le pour­ra.

« Ça fe­ra beau­coup d’avion, mais ce se­ra fa­cile, en fin de compte. »

EX­PÉ­RIENCE MAR­QUANTE

En sep­tembre 2011, John­ny Hal­ly­day a vé­cu sa pre­mière ex­pé­rience au théâtre en in­car­nant Chi­cken dans la pièce Le pa­ra­dis sur terre, de l’au­teur Ten­nes­see Williams, qu’il au­ra l’oc­ca­sion de re­prendre après sa tour­née, qui pren­dra fin en dé­cembre. Juste à évo­quer ce fait, les yeux de ce­lui qui a

pour­tant lon­gue­ment hé­si­té à se lan­cer dans cette aven­ture théâ­trale se mettent à pé­tiller.

« Quand je fai­sais le mé­tier d’ac­teur, c’était tou­jours de­vant une ca­mé­ra, mais là, de le faire sur scène, de­vant un pu­blic, c’était très stres­sant au dé­part. La scène, j’ai l’ha­bi­tude avec la mu­sique, mais pas avec le jeu, a-t-il ex­pli­qué. Fi­na­le­ment, ça s’est su­per bien pas­sé. J’y ai pris énor­mé­ment de plai­sir. J’étais sim­ple­ment le per­son­nage que je de­vais jouer. C’était trou­blant, d’ailleurs. Après trois mi­nutes sur scène, j’avais ou­blié que j’étais chan­teur. »

Même s’il adore son mé­tier de chan­teur, l’ar­tiste se dit pri­vi­lé­gié de pou­voir éga­le­ment exer­cer ce­lui d’ac­teur, ce qui fait en sorte qu’il ne se lasse ja­mais de l’un ou de l’autre.

« J’ai aus­si quelques pro­jets de ci­né­ma, mais ce n’est pas avant un an et de­mi. On ne peut quand même pas tout faire en même temps ! », a-t-il conclu avec un sou­rire.

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