LES PAS­SIONS DE CA­ROLE BOU­QUET

PA­RIS | Ca­role Bou­quet n’a pas eu à se faire prier pour ac­cep­ter l’offre de jouer dans le plus ré­cent film du ci­néaste An­dré Té­chi­né, Impardonnables, une adap­ta­tion d’un ro­man de Phi­lippe Djian.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers MAXIME.DE­MERS@JOUR­NALMTL.COM

D’abord, l’ac­trice française sou­hai­tait de­puis long­temps tra­vailler avec le réa­li­sa­teur de Ren­dez-vous et des Ro­seaux sau­vages. Et puis, le film était en­tiè­re­ment tour­né à Ve­nise, une ville qu’elle « aime d’amour ».

« Je suis amou­reuse, es­sen­tiel­le­ment de l’ita­lie, mais aus­si de Ve­nise, a lan­cé Ca­role Bou­quet en en­tre­vue le mois der­nier à Pa­ris, dans le cadre des ren­contres d’uni­france.

« C’est le grand amour de ma vie. Ne me de­man­dez pas ce que j’aime tant dans l’ita­lie. C’est le pays en­tier qui me charme et me sé­duit. Je fonds de plai­sir de­vant tout ce qui pro­vient de ce pays, même les choses les plus ba­nales.

« La pre­mière ville qui m’a en­chan­tée en Ita­lie, c’est Rome. Puis il y a eu Ve­nise. De­puis, j’ai cra­qué pour tout ce que j’ai vi­si­té en Ita­lie », dit l’ac­trice qui est même pro­prié­taire d’un do­maine vi­ti­cole sur l’île de Pan­tel­le­ria, entre la Si­cile et la Tu­ni­sie.

« UN VRAI CI­NÉASTE »

Dans Impardonnables, Ca­role Bou­quet joue un agent immobilier de Ve­nise qui ac­cepte de vivre une re­la­tion de couple avec un de ses clients (An­dré Dus­sol­lier), un ro­man­cier fran­çais de pas­sage dans la Ci­té des Doges pour écrire son pro­chain livre.

« C’est une amou­reuse, une femme pour qui l’amour est im­por­tant, ex­plique-t-elle à propos de son per­son­nage.

« L’en­nui, c’est que son ma­ri fan­tasme beau­coup et lui prête toutes sortes de re­la­tions amou­reuses. »

An­dré Té­chi­né et Ca­role Bou­quet se connaissent de­puis long­temps, mais ils n’avaient en­core ja­mais col­la­bo­ré.

« Nous vou­lions tous les deux tra­vailler en­semble de­puis long­temps, in­dique l’ac­trice de 54 ans no­tam­ment connue pour son rôle de « James Bond Girl » dans le film Rien que pour vos yeux, sor­ti en 1981.

« An­dré est un vrai ci­néaste. Il fait du ci­né­ma, de la poé­sie, du ly­risme. Il parle de l’âme hu­maine. Pour moi, An­dré Té­chi­né est un vrai ar­tiste. J’étais par­ti­cu­liè­re­ment heu­reuse pen­dant le tour­nage de ce film. J’ai pas­sé trois mois de bon­heur à tra­vailler sur ce pla­teau. Ce sont des mo­ments pri­vi­lé­giés. Ça n’ar­rive pas tou­jours, comme vous le sa­vez.

« Je trouve qu’an­dré fait tou­jours de très beaux por­traits de femmes. Ce film est un hom­mage aux femmes. C’est la rai­son pour la­quelle je n’étais au­cune- ment in­quiète de la ma­nière dont il al­lait me fil­mer. Je sa­vais que je pou­vais lui faire en­tiè­re­ment confiance. »

LE PLAI­SIR CROIT AVEC L’USAGE

Même si elle a dé­bu­té au grand écran à l’âge de 18 ans (dans Cet obs­cur ob­jet du dé­sir, de Luis Bu­nuel), Ca­role Bou­quet ad­met avoir mis du temps à prendre plai­sir au tra­vail d’ac­trice.

« Je n’avais ab­so­lu­ment au­cun plai­sir à jouer au dé­but. Mais mal­gré la ter­reur que j’avais à l’époque, je le fai­sais quand même, pour la fier­té de l’avoir fait. Ç’a été ain­si pen­dant des an­nées, jus­qu’au jour où j’ai eu une éclair­cie. Les choses ont com­men­cé à chan­ger avec le film de Wer­ner Schrei­der ( Le jour des idiots, en 1981). Puis, j’ai eu moins peur de film et en film. Et au­jourd’hui, je n’ai plus peur du tout. »

De­puis quelques an­nées, elle consacre beau­coup de temps à la pro­duc­tion et la pro­mo­tion de son vin, qu’elle a bap­ti­sé « Sangue d’oro » (Sang d’or).

« En­core là, c’est par amour pour l’ita­lie que je me suis per­mis cette fo­lie, ex­pli­quet-elle. Je n’ai pas dé­ci­dé de faire du vin par pas­sion pour le vin. J’ai tout sim­ple­ment ai­mé cette terre et par pas­sion pour la ré­gion, j’ai dé­ci­dé de faire re­vivre ce que cette terre pro­dui­sait.

« Or, ce que je n’avais pas pré­vu au dé­but, c’est tout le temps que ce­la exige. Je vais pré­sen­ter et vendre le vin un peu par­tout dans le monde. J’aime beau­coup faire ce­la, mais ce­la m’oc­cupe beau­coup. Alors, quand je fais du ci­né­ma, ce sont des va­cances! » Impardonnables prend l’af­fiche ven­dre­di.

IMPARDONNABLES

Amou­reuse de Ve­nise et de l’ita­lie, Ca­role Bou­quet a eu beau­coup de plai­sir à tour­ner

Impardonnables.

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