ÉTAT DE SAN­TÉ DE NOS couples à la té­lé

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION - Em­ma­nuelle Plante Col­la­bo­ra­tion spéciale

Marc s’est ma­rié à Lu­cie qui pense en­core à Jean-françois, Ré­janne en fait voir de toutes les cou­leurs à Phi­lippe, Éli­za­beth a dit oui à Lu­cien mais Stéphane lui trotte en tête, Luc réa­lise son rêve de fa­mille avec Mé­la­nie, Marc étouffe Ma­thilde par manque de confiance, Ber­nard, dé­jà trom­pé par Ra­chel, jette des blâmes sur Ju­liette, Sa­muel et Jac­que­line semblent ca­cher des se­crets, Charles boit et Jo­sée en­dure, Ma­ryse quitte Jérôme, Laurent n’ar­rive pas à choi­sir entre Claire et Ga­brielle, Jeanne est en deuil, Maxime aus­si et Louis et Nathalie filent le par­fait bon­heur. Por­trait de couples tout aus­si va­rié que l’est notre so­cié­té.

« Je crois beau­coup au couple, note Da­nielle Trot­tier, au­teure de La pro­messe. C’est la plus grande pro­messe dans la vie. »

« J’ai trou­vé la re­cette du bon­heur, lance Jacques Da­vidts, au­teur des Pa­rent. C’est l’hu­mour. » Le couple té­lé­ro­ma­nesque est quelque peu mal­trai­té par les temps qui courent. Croyant faire un constat bien noir du vé­cu romantique des couples pré­sents sur nos ondes, force est d’ad­mettre qu’il y a de l’es­poir et que tout n’est pas aus­si sombre qu’il en pa­raît.

« Je suis obli­gé d’ad­mettre que j’ai connu de belles vies de couples dans ma car­rière, avoue De­nis Bou­chard. J’ai com­men­cé ma car­rière par un ma­riage au té­lé­phone, c’était dans la pièce La dé­prime, je me suis ma­rié dans Lance et compte, j’ai for­mé un su­per couple avec mon amie Guylaine Trem­blay dans An­nie et ses hommes et dans Toute la vé­ri­té, je viens de me ma­rier. »

« Le couple, et par ex­ten­sion la fa­mille, est le noyau de base de l’au­berge du

chien noir, af­firme son au­teure Syl­vie Lussier. Quand les per­son­nages sont bien an­crés dans le couple, ils sont plus so­lides dans les aléas de leur vie. »

L’AMOUR C’EST DE L’OU­VRAGE

Comme dans la vie, le couple de­meure un in­ves­tis­se­ment qui ne se prend pas à la lé­gère. « La proxi­mi­té, c’est la chose la plus dif­fi­cile à vivre, avance Da­nielle Trot­tier. Il faut tra­vailler tous les jours. C’est exi­geant de par­ta­ger ce qu’on vit. »

Mais elle dresse un por­trait as­sez po­si­tif des duos de La pro­messe. « Mal­gré la mal­adresse de leur âge et le fait que leur couple ait été construit sur la peine, Florence et Ber­nard vont s’en sor­tir. Luc, qui a connu des amours hou­leux, vit en­fin le rêve de fon­der une fa­mille grâce à Mé­la­nie. La re­la­tion entre Louise et Charles est ba­sée sur leur plai­sir d’être en­semble mais Ca­role et Mi­chel reste peut-être le couple le plus équi­li­bré. Ils sont en di­rect, ne restent pas cho­qués et règlent tout au fur et à me­sure. C’est peut-être la re­cette du bon­heur. En tout cas, j’au­rai ten­dance à l’es­sayer. »

« Ce qui est im­por­tant, c’est le res­pect de l’autre, note De­nis Bou­chard. Dans un couple, ce qu’on re­proche à l’autre part sou­vent de nous. J’ai ap­pris ça dans An­nie et ses hommes. Entre Marc et Lu­cie (dans Toute la vé

ri­té), il y a de ça. Ber­nard Dan­se­reau et An­nie Pié­rard forment un couple re­mar­quable. En plus, ils tra­vaillent en­semble. Je trouve ça ad­mi­rable. Ils ont une belle vi­sion du couple. Ils savent de quoi ils parlent. Avec An­nie et

ses hommes, j’ai ap­pris la to­lé­rance, à ac­cep­ter l’autre tel qu’il est, la ges­tion de conflit. » Une ges­tion dont font foi dans Toute

la vé­ri­té Do­mi­nique et Anaïs de­puis l’ar­ri­vée du bé­bé ou Bri­gitte et Sa­muel mal­gré l’in­gé­rence du tra­vail ou d’un ado un peu per­du ou Marc et Lu­cie même s’ils sont nou­vel­le­ment ma­riés, parce que même en plein bon-

heur, l’amour c’est de l’ou­vrage !

« Il y au­ra beau­coup de res­pect », conclut-il en ri­go­lant.

Cette se­maine, dans Ya­mas­ka, Phi­lippe ten­tait tou­jours de prendre sa place dans sa re­la­tion avec Ré­janne qui, et c’est peu dire, lui en fait voir de toutes les cou­leurs. La sa­gesse de Za­cha­ry et Marthe de­vrait être un exemple pour les plus jeunes qui vivent beau­coup dans la ja­lou­sie. Du cô­té de Des­ti­nées, Ber­nard est une vé­ri­table bombe à re­tar­de­ment de­puis qu’il est hy­po­thé­qué phy­si­que­ment. Le couple qu’il forme avec Ju­liette risque d’en souf­frir. Et mal­gré la bague qu’elle a au doigt, Éli­za­beth a du mal à lais­ser al­ler son dé­sir pour Stéphane qui lui vit un nou­veau bon­heur de futur pa­pa.

Du cô­té de l’au­berge du chien noir, ce qui frappe c’est le cô­té aty­pique des couples dont les re­la­tions fonc­tionnent. Phi­lippe est gro­gnon et San­dra très so­ciable, Luc est conser­va­teur et An­na­bel plu­tôt gau­chiste, De­nis est ma­gouilleur et Lu­cie est droite, Ariane une pre­mière de classe et Ma­thieu un dé­cro­cheur.

« C’est in­té­res­sant à ex­plo­rer, ré­pond Syl­vie Lussier. Les re­la­tions im­pro­bables créent des aus­té­ri­tés. Ça ap­porte beau­coup de jus. »

Et plu­sieurs de ses couples ont eu droit à une se­conde chance. « Ça vient sans doute du fait que Marc a le don de gar­der son monde au­tour de lui. » Ain­si, Ma­non et Alex, Hen­ri et Élaine et Nor­mand et Syl­vie ont tous vé­cu une ré­con­ci­lia­tion.

LES GENS HEU­REUX N’ONT PAS D’HIS­TOIRE

« Le conflit est in­té­res­sant au ni­veau dra­ma­tique, af­firme Jacques Da­vidts, au­teur des Pa­rent. Ça tou­jours été le cas. Juste à pen­ser à Ja­nette Ber­trand.» « Quand les couples se ques­tionnent, c’est dra­ma­ti­que­ment in­té­res­sant confirme Ani­ta Ro­wan, au­teure sur O’, nou­velle sa­ga fa­mi­liale à TVA. Les couples de la fa­mille O’ha­ra ne vont pas en­core mal. Mais la ligne est fine avant que l’équi­libre ne soit dé­sta­bi­li­sé. « Sa­muel et Jac­que­line c’est le couple de la tendre guerre. Ils sont pas­sés à tra­vers beau­coup de choses, d’in­fi­dé­li­tés. C’est une fa­çon an­cienne de vivre le couple : à la vie, à la mort. Loui­sa et Da­vid, c’est notre couple ra­fraî­chis­sant. Mal­gré la dif­fé­rence d’âge, elle ne re­cherche pas son père en son ma­ri. Mais la dif­fi­cul­té de pro­créer pour­rait de­ve­nir un obs­tacle. Phi­lippe et Mi­na res­semblent à beau­coup de couples que je connais. Ils vivent pour et à tra­vers leurs en­fants. Leur mode de vie est dic­té se­lon les ac­ti­vi­tés de leurs jeunes. C’est un couple pour le­quel on a beau­coup d’échos des té­lé­spec­ta­teurs. Quand leur fille connaî­tra un pro­blème de san­té, ils de­vront faire une étude de conscience. Et Charles et Jo­sée font chambre à part et mènent leurs vies de fa­çon au­to­nome. Mais l’al­coo­lisme de Charles va pe­ser lourd sur le couple », conclut Ani­ta. « Jo­sée est pa­tiente, com­pré­hen­sive, ap­prouve Lyn­da John­son, mais à un mo­ment don­né, elle va se tan­ner, ma­ni­fes­ter son désac­cord. C’est pas fa­cile quand, dans un couple, on n’est ja­mais au même ni­veau. Ça fait du bien de voir des gens sains et nor­maux à la té­lé. Mais pour nous, les co­mé­diens, c’est in­té­res­sant de jouer des gens

dys­fonc­tion­nels. »

UN RE­MÈDE : L’AU­TO­DÉ­RI­SION

Chez les Pa­rent, po­pu­laire couple de notre té­lé, le ciel est plu­tôt bleu. « C’est avant tout parce que c’est de la co­mé­die, note Anne Dor­val. Il n’y a pas de grosses chi­canes. Ce sont des pe­tits mo­ments de vie co­miques. On ne se creuse pas la tête avec de la psy­cho pro­fonde. »

« Dans les Pa­rent, les pa­rents ne sont pas sou­vent d’ac­cord sur la fa­çon d’éle­ver les en­fants ou de gé­rer l’ar­gent, ex­plique Jacques Da­vidts, mais c’est ja­mais trai­té de fa­çon ca­tas­tro­phique. Tout le monde a son opi­nion mais ils ne re­mettent ja­mais le couple en ques­tion. » « Le couple des Pa­rent re­joint une es­pèce d’idéal, ren­ché­rit Anne Dor­val. Il y a beau­coup d’hu­mour qui désa­morce tout. Les en­fants leur font voir le cô­té ri­di­cule de cer­taines prises de bec. Mais ils sont avant tout un couple qui s’aime.» « Ils ont une ca­pa­ci­té d’au­to­dé­ri­sion, pour­suit Jacques Da­vidts. C’est le bon­heur tran­quille. Mais le bon­heur de tous les jours est ex­trê­me­ment dif­fi­cile à écrire. Pas de grand drame, pas de can­cer, pas de ma­la­die. C’est plus fa­cile d’écrire de la tra­gé­die, des choses ex­cep­tion­nelles. Il y a une ma­jo­ri­té de gens qui s’en­tendent et qui s’aiment. Est-ce que sou­per pour la 28 000e fois avec ses en­fants, ça se peut en­core ? » « Les Pa­rent res­semblent à bien des fa­milles, dit Anne Dor­val. Un mo­ment don­né tu te dis suis-je seule à être tou­jours ren­due dans la salle de la­vage? Ou à me chi­ca­ner pour un de­voir de maths ? Beau­coup de gens me disent on di­rait que les au­teurs sont ve­nus es­pion­ner chez nous. C’est ras­su­rant pour les té­lé­spec­ta­teurs. Même pour moi ! »

Phi­lippe et Ré­janne - Ya­mas­ka

Nathalie et Louis-paul - Les Pa­rent

Marc et Lu­cie - Toute la vé­ri­té

Ber­nard et Ju­liette - Des­ti­nées

Charles et Jo­sée - O’

Luc et Mé­la­nie - La Pro­messe

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