LE MOU­TON NOIR DE LA FA­MILLE

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION - Yves Leclerc Agence QMI

Alexis Mar­tin adore les per­son­nages co­lo­rés. Il a été ser­vi à sou­hait avec ce­lui de Gaé­tan, qui souffre de bi­po­la­ri­té, dans la sé­rie Ap­pa­rences.

« J’ai beau­coup ai­mé ce rôle. Je suis un co­mé­dien qui pré­fère jouer ce genre de per­son­nage qu’un amou­reux tran­si. C’est plate. J’aime mieux les clowns, les bi­bittes et les “fu­ckés”. C’est plus dans ma pa­lette », a men­tion­né le co­mé­dien cette se­maine, lors d’un en­tre­tien.

Le dé­fi d’alexis Mar­tin avec Gaé­tan était de ne pas tom­ber dans la ca­ri­ca­ture. Il de­vait mettre l’ac­cent sur le cô­té tout croche du per­son­nage sans perdre son hu­ma­ni­té.

« Gaé­tan, c’est un gars in­tel­li­gent. Il per­çoit beau­coup de choses et plus que les autres. Il est ex­tra­lu­cide, mais il n’a pas de filtre », a-t-il men­tion­né.

Alexis Mar­tin s’est ins­pi­ré de ses ob­ser­va­tions dans la vie de tous les jours pour bâ­tir le per­son­nage de Gaé­tan. Il a pui­sé dans sa bi­blio­thèque d’ob­ser­va­tions pour don­ner vie au mou­ton noir de la fa­mille Bérubé.

« J’en ai vu, du monde de même, dans ma vie. Je n’au­rais peut-être pas été ca­pable de jouer Gaé­tan à l’âge de 27 ans, mais à 47, c’est plus fa­cile », a-t-il in­di­qué.

EN­RE­GIS­TRE­MENT

Le co­mé­dien avoue en­re­gis­trer beau­coup de choses dans la rue ou dans des en­droits pu­blics.

« J’ob­serve les gens. Je les filme, les scanne, les en­re­gistre et je mets ça dans ma bi­blio­thèque. C’est ma se­conde na­ture. Je me sers en­suite de ces sou­ve­nirs et de ces ob­ser­va­tions pour construire mes per­son­nages. Il n’y a rien de scien­ti­fique là-de­dans. Ce qu’on joue, ce sont des hu­mains. C’est la base du jeu d’ac­teur. Je ne suis pas si connu que ça et, avec ma tuque et ma barbe de quelques jours, je peux ob­ser­ver les gens sans être re­con­nu », a-t-il dit.

Alexis Mar­tin fait une com­pa­rai­son in­té­res­sante avec le mé­de­cin Alain Va­de­bon­coeur, de l’émis­sion

Les doc­teurs, avec qui il a écrit en 2009 la pièce de théâtre Sa­cré Coeur.

« Il fait un peu la même chose avec les pa­tients qu’il ren­contre. Il re­garde 30 per­sonnes et il peut dé­ter­mi­ner, juste en les ob­ser­vant, s’ils sont ma­lades ou non, et si c’est sé­rieux ou pas. Il a dé­ve­lop­pé ça. Il marche dans la rue et il scanne les gens. C’est spécial », a-t-il ra­con­té.

DES­TIN

Le rôle de Gaé­tan, à l’ori­gine, était des­ti­né au co­mé­dien Luc Pi­card. « Ça n’a pas fonc­tion­né et Fran­cis Leclerc, le réa­li­sa­teur, m’a of­fert ce per­son­nage. J’ai ac­cep­té sur-le-champ. Je suis un fan de l’au­teur Serge Bou­cher, j’ai sui­vi toute sa car­rière au théâtre et j’avais beau­coup ai­mé Aveux. Il a une ob­ser­va­tion mi­nu­tieuse sur le monde et il réus­sit à sor­tir l’hu­ma­ni­té et la vé­ri­té. Le scé­na­rio est la base d’une bonne his­toire et il est dif­fi­cile de faire de la bonne mu­sique si les par­ti­tions ne sont pas bonnes... », a-t-il lais­sé tom­ber.

Ap­pa­rences est dif­fu­sée le mar­di, à 20 h, à Ra­dio-ca­na­da

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