At­ti­rer une foule co­quette et com­bien ani­mée

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME - Jean Lé­veillé Col­la­bo­ra­tion spéciale jle­veille@jour­nalmtl.com

Une tem­pête de 20 à 30 cm de neige, puis un froid vigoureux de -24 °C, un so­leil qui fait scin­tiller toutes les branches lourdes des co­ni­fères et en prime une foule d’oi­seaux af­fa­més : quelle belle fa­çon d’agré­men­ter un wee­kend dans son jar­din.

Par les fe­nêtres du so­la­rium, j’ob­serve avec fas­ci­na­tion un couple de cardinals, qui s’em­piffre de tour­ne­sol noir. À tour de rôle, lui en plu­mage rouge écla­tant et elle en te­nue ca­ra­mel, ils se suc­cèdent sur le per­choir de leur man­geoire. Ils ont ap­pris sans doute de leurs pa­rents ou d’amis à maî­tri­ser le mé­ca­nisme de cette porte qui s’ouvre pour leur per­mettre d’ac­cé­der à leur nour­ri­ture pré­fé­rée. Les éco­liers, à qui je pré­sente cette in­ven­tion ma­gni­fique, la dé­crivent comme étant une man­geoire-ba­lan­çoire. Elle est spé­cia­le­ment conçue pour ne s’ac­ti­ver que sous le poids du car­di­nal, qui doit tout de même ap­prendre à faire os­cil­ler son ba­lan­cier.

UN MÉ­CA­NISME ADAP­TÉ AU CAR­DI­NAL

Le mé­ca­nisme, bien pro­té­gé des pré­ci­pi­ta­tions ver­gla­çantes par un es­sen­tiel dôme trans­pa­rent, leur per­met de se ser­vir à vo­lon­té en tout temps. Puis il y a tous les autres vi­si­teurs, à com- men­cer par d’in­nom­brables pics mi­neurs, des pics che­ve­lus qui se gavent de suif dont ils raf­folent. En­ca­vé dans des ori­fices d’un bien jo­li sup­port amé­na­gé dans une branche d’arbre et dé­cou­vert au sa­lon des mé­tiers d’art de Mon­tréal, le gras de boeuf comble leurs im­menses be­soins éner­gé­tiques. Et que dire de ce grand pic, sans doute en­ti­ché de ce nou­veau point de ra­vi­taille­ment, qui vient plu­sieurs fois par jour faire mi­roi­ter son ex­cep­tion­nelle crête rouge.

UN ACHA­LAN­DAGE PAS TOU­JOURS DIS­CI­PLI­NÉ

L’acha­lan­dage y est conti­nu et il semble se dé­rou­ler se­lon un ho­raire amé­na­gé entre les membres des fa­milles re­grou­pées de mé­sanges à tête noire. Des chi­qui­di-di­di bien sen­tis viennent rap­pe­ler le rang hié­rar­chique de cha­cune. Puis il y a ces cris, ces aver­tis­se­ments très na­sillards d’un duo de sit­telles à poi­trine blanche qui, la tête orien­tée vers le sol, vient ré­cla­mer son dû. Des sit­telles lo­gées dans un as­tu­cieux ni­choir mu­ni d’une en­trée et d’une sor­tie se­lon les exi­gences de l’es­pèce.

L’IM­POR­TANCE D’UN BAIN CHAUF­FANT

Et que dire de ce bain chauf­fant, de ce sau­na qu’af­fec­tionnent tant les moi­neaux, le car­di­nal, un merle d’amé­rique sans ou­blier les tour­te­relles sans cesse épiées par un éper­vier brun dont il a été ques­tion dans la chro­nique du 31-12-2011

Un bain qui sert d’abreu­voir aux écu­reuils dont il faut dé­jouer les in­ces­santes et as­tu­cieuses ma­noeuvres pour dé­ro­ber la nour­ri­ture des oi­seaux.

Toute cette ani­ma­tion of­ferte par des ro­se­lins, des jun­cos, des geais bleus et com­bien d’autres en­jo­live nos hi­vers et nous éloigne des sem­pi­ter­nels « blues » et la­men­ta­tions.

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DANS SON JAR­DIN, L’HI­VER

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