PA­TRICK DOYON dans la cour des GRANDS

Le Journal de Montreal - Weekend - - OSCARS 2012 - Cédric Bé­lan­ger Agence QMI

En qua­li­té de réa­li­sa­teur d’un film en no­mi­na­tion pour l’os­car du meilleur court mé­trage, le Qué­bé­cois Pa­trick Doyon a cô­toyé les plus grandes stars d’hol­ly­wood au cours des deux der­nières se­maines. Mais il ne fal­lait pas comp­ter sur lui pour jouer les grou­pies.

Le ci­néaste de Des­biens, au Lac-saintJean, créa­teur du tou­chant court mé­trage Di­manche, pré­fère ad­mi­rer les ve­dettes de loin. Du moins, c’était le cas lorsque l’agence QMI lui a par­lé mar­di der­nier. « Il y a deux se­maines, c’était le lunch des no­mi­nés. Plu­sieurs ac­teurs étaient pré­sents. Mais je trouve ça dif­fi­cile de les abor­der et de leur par­ler. C’est un peu in­ti­mi­dant. (...) Il y a Mar­tin Scor­sese qui est pas­sé de­vant moi à un cer­tain mo­ment. Juste ça, ça a fait ma jour­née », s’amuse Doyon, qui a pas­sé les deux der­nières se­maines en Ca­li­for­nie à vi­si­ter des stu­dios et à as­sis­ter à des pro­jec­tions de son film. Comment se sent-il au pays des cé­lé­bri­tés, lui un pe­tit gars du Lac-saint-jean? « Je trouve ça drôle dans le fond. C’est un monde in­ac­ces­sible. Tu es tou­jours en contact avec eux à tra­vers leurs films, mais ça de­meure une image. »

NER­VEUX DE PAR­LER AN­GLAIS

En plus de ses mul­tiples ren­dez-vous et ren­contres dans la ca­pi­tale du ci­né­ma, Pa­trick Doyon a pro­fi­té des der­niers jours pour peau­fi­ner son dis­cours en cas de vic­toire. Il a d’ailleurs ad­mis que sa prin­ci­pale an­goisse n’était pas de sa­voir s’il al­lait ou non ga­gner.

« Je suis plus ner­veux à l’idée de par­ler en an­glais de­vant un pu­blic. C’est pour ce­la que je vais pré­pa­rer mon speech. Il faut que ce soit bref. J’ai qua­rante-cinq se­condes. C’est cer­tain que je vais dire quelques mots en fran­çais ce­pen­dant», dit ce­lui qui garde la tête froide quant à ses chances de vic­toire. « Si on se fie à In­ter­net, je ne suis pas le fa­vo­ri. C’est cor­rect. Je sa­vais que je se­rais l’un­der­dog. Je pense quand même que j’ai des chances, puisque c’est le genre de ca­té­go­ries, comme celle du meilleur film en langue étran­gère, qui

est dif­fi­cile à pré­voir.»

SMO­KING

Pour la cé­ré­mo­nie, Pa­trick Doyon se­ra flan­qué de ses pro­duc­teurs ain­si que sa co­pine. Son smo­king est une créa­tion du de­si­gner Marc Pa­trick, de la bou­tique Sal­to Rialto, de Mon­tréal, qui a aus­si ha­billé Phi­lippe Fa­lar­deau. « Ça s’est fait en une se­maine pen­dant un sé­jour à Mon­tréal entre deux voyages à Los An­geles. C’est une fille de L’ONF qui s’in­té­resse à la mode qui m’a ré­fé­ré des noms. Elle a fait les pre­mières ap­proches et Sal­to Rialto s’est ma­ni­fes­té. »

EN­NUI DO­MI­NI­CAL

Une vic­toire à Hol­ly­wood ajou­te­rait un autre lau­rier à la col­lec­tion de Doyon, qui a rem­por­té plu­sieurs prix avec Di­manche. Le court mé­trage, fait en­tiè­re­ment de des­sins au crayon, ra­conte la vi­site do­mi­ni­cale d’un jeune gar­çon chez ses grands-pa­rents, un scé­na­rio qui rap­pelle de vieux sou­ve­nirs à bien des Qué­bé­cois. « Je suis par­ti de mon ex­pé­rience. Je n’avais pas l’am­bi­tion de faire un por­trait gé­né­ral des di­manches qué­bé­cois. Mais ça se trouve que plu­sieurs ont pas­sé à tra­vers les mêmes di­manches en­nuyeux. Puis, comme je viens du Lac-saint-jean, je vou­lais ajou­ter des élé­ments lo­caux comme l’usine, la voie fer­rée.»

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