Ariane sur les pièces de MA ALL YOURS

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE -

WALLS OF THE WORLD

« C’est une chan­son au­to­bio­gra­phique. Je ren­trais un soir, en scoo­ter, après avoir ap­pris le sui­cide du frère d’une amie. J’étais un peu dans tous mes états, à me ques­tion­ner sur les li­mites du monde. On ne com­prend rien de la mort. Ce soir-là, j’ai glis­sé sur des feuilles et je suis en­trée dans une voi­ture sta­tion­née. J’étais bien son­née. C’est un peu un ques­tion­ne­ment mé­ta­phy­sique exis­ten­tiel sur la frontière entre la vie et la mort. »

IN YOUR BO­DY

« C’est une fic­tion. J’ai ima­gi­né un per­son­nage qui est dé­vo­ré par le dé­sir de sa proie, qui est ob­sé­dé sur le fait d’al­ler trou­ver la per­sonne qu’il a dans la peau. C’est une es­pèce de scène d’es­pion­nage, de pour­suite de la per­sonne dans le but de fi­nir à l’in­té­rieur d’elle, car­ré­ment. C’est un per­son­nage du Mile-end in­ven­té. »

L’HÔ­TEL AMOUR

« C’est un vrai hô­tel à Pa­ris, où j’ai écrit cette chan­son-là. Chaque chambre de l’hô­tel est dé­co­rée par un ar­tiste contem­po­rain. C’est flyé et ins­pi­rant. Ça me don­nait en­vie d’écrire. La chan­son parle d’er­rance, de con­tem­pla­tion. »

MON CORPS

« L’été der­nier, je m’en­traî­nais et j’étais dans une es­pèce de quête d’équi­libre entre les ex­cès et la dis­ci­pline. C’est un peu mon Je veux tout du nou­vel al­bum. Je fais une sorte de lec­ture so­cio­lo­gique de l’ob­ses­sion qu’a la so­cié­té avec le corps. On traite son corps comme une bu­si­ness, une PME. »

TOO LATE

« C’est en jouant un beat dans mon lo­cal que le su­jet m’est ve­nu pour cette chan­son. J’ai ima­gi­né l’in­ten­si­té d’une aven­ture amou­reuse très concen­trée. »

LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS

« C’est ma chan­son “ab­sur­do-en­ga­gée”, en­vi­ron­ne­men­ta­liste et se­cond de­gré de l’al­bum. Je l’ai écrite pen­dant la pé­riode du tsu­na­mi au Ja­pon. Je sor­tais de ma mai­son et il fai­sait su­per beau. Au pre­mier de­gré, on parle donc de la tem­pé­ra­ture. Puis la chan­son tombe dans le cô­té sombre de la force, en di­sant à quel point on est pe­tit par rap­port à la na­ture. Un coup de vent peut chan­ger une vie. Les forces na­tu­relles sont plus puis­santes que tout. »

L’HOMME DANS L’AU­TO­MO­BILE

« De mon lo­cal, on voit la mon­tagne et l’ave­nue du Parc. Je me suis ima­gi­né l’his­toire d’un homme, dans une voi­ture, qui quit­te­rait l’hô­pi­tal en lais­sant sa femme ron­gée par une ma­la­die men­tale. Il a une peine d’amour, non pas parce qu’elle ne l’aime plus, mais parce qu’elle est com­plè­te­ment pas­sée de l’autre cô­té de la fo­lie. » « C’est ma chan­son de SaintVa­len­tin à ma bien-ai­mée. Au lieu d’ache­ter des fleurs, je suis en­trée dans mon stu­dio, ce jour-là, et j’ai fait une pe­tite chan­son sur l’en­ga­ge­ment. C’est vrai­ment une lettre d’amour à ma fian­cée. On s’est fian­cé en Grèce, il y a un an et de­mi, et on est en­semble de­puis six ans. Je n’en ai pas beau­coup par­lé pu­bli­que­ment, car Florence n’est pas quel­qu’un qui est pu­blic. Mais là, je trouve que c’est nor­mal dans la vie de ne pas se ca­cher, quand on est avec quel­qu’un, qu’on a une vie in­time et qu’on est amou­reux. Je ne me re­tiens plus. Avant, je n’avais pas en­vie de mettre ça au pre­mier de­gré dans ma car­rière, que ce soit as­so­cié à l’ho­mo­sexua­li­té tout le temps. Mais j’avais le goût d’être moi­même à 100 %, de ne pas avoir peur de me faire po­ser des ques­tions sur ce su­jet. »

RULES OF LE­GAL LOVE

« C’est une chan­son sur le cô­té égoïste en amour, de prendre juste une par­tie de l’autre. Le per­son­nage dans la pièce est vrai­ment bitch. C’est sûr que ce n’est pas moi, ha­ha ! »

AR­TI­FACTS

« C’est ma bal­lade de l’al­bum. Elle parle de l’in­ti­mi­té ex­trême qu’on peut avoir avec quel­qu’un. Mais mal­gré le fait d’être proche, dans le même lit, il y a un peu des ac­cu­mu­la­tions de choses non­dites qui peuvent se for­mer. Ça fait ré­fé­rence aux ar­té­facts en ar­chéo­lo­gie, des pe­tites for­ma­tions sé­den­taires, des non­dits em­pi­lés. »

SOU­RIRE SIN­CÈRE

« C’est ma chan­son épique. Je n’en avais pas dans mon ré­per­toire et j’y vais à fond. C’est une chan­son un peu exis­ten­tia­liste de tren­te­naire. Dans la chan­son, je tra­verse les conti­nents, dans une quête de re­trou­ver l’au­then­ti­ci­té, de me rap­pro­cher le plus pos­sible de sa vraie na­ture. Je parle du Grand Nord au dé­sert, parce que je suis al­lée à Sal­luit, le vil­lage d’eli­sa­pie Isaac, avec mon frère. Et après, j’al­lais faire du ki­te­surf au Ma­roc. C’est la fi­nale exis­ten­tia­liste de l’al­bum. »

MA pa­raî­tra sur le mar­ché ce lun­di. Les spec­tacles-lan­ce­ments au­ront lieu les 29 fé­vrier et 1er mars, au Rialto, à Mon­tréal.

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