VOU­LOIR CHAN­GER LE MONDE DIS­SI­DENTS

Pré­sen­tée à l’es­pace Go, la pièce Dis­si­dents est une nou­velle créa­tion contem­po­raine qui a pour ob­jec­tif de me­ner le spec­ta­teur à ré­flé­chir sur les gestes que l’on pose ou bien jus­te­ment sur ceux que l’on ne pose pas dans notre so­cié­té ac­tuelle. Écrite pa

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais Col­la­bo­ra­tion spéciale

L’homme a tou­jours ai­mé le pro­grès. Ce­la fait par­tie de son évo­lu­tion. Néan­moins, cette soif de pro­grès n’est pas tou­jours sans con­sé­quence. C’est sur ce thème bien par­ti­cu­lier que l’au­teur Phi­lippe Du­cros, un homme po­li­ti­sé, qui a voya­gé un peu par­tout à tra­vers le monde, tente d’éveiller les consciences sur les faits et gestes que l’on peut po­ser. La géo­po­li­tique, les in­éga­li­tés so­ciales, les ri­va­li­tés de pou­voirs sont des thèmes qu’il aime ex­ploi­ter à tra­vers son uni­vers de créa­tion au point d’en faire son che­val de ba­taille.

Le met­teur en scène Pa­trice Du­bois, qui a aus­si par­ti­ci­pé au pro­ces­sus de créa­tion, en­dosse dans sa glo­ba­li­té les propos de la pièce. Un tra­vail qui a te­nu en ha­leine les deux com­plices sur une pé­riode de deux ans.

Tout le mys­tère de la pièce tourne au­tour d’un homme, cam­pé par Pa­trice Du­bois, et sur ce qu’il a com­mis ou non. Il est iso­lé. Estce un centre de dé­ten­tion, un poste de po­lice, un centre psy­chia­trique ? Peu im­porte… il vou­drait sor­tir, c’est im­pos­sible. Un autre homme, Mike, et une femme viennent le vi­si­ter. Ils ont pour man­dat de le ques­tion­ner prin­ci­pa­le­ment sur ses faits et gestes. On tente de le confron­ter, lui faire avouer quelque chose. Mais qu’a-t-il com­mis au juste ? Le mys­tère de­meure, car l’homme (c’est ain­si qu’on l’ap­pelle dans la pièce) de­meure muet de­puis un mois.

UN GESTE TRA­GIQUE

Nous sommes dans notre époque, dans le monde dans le­quel on vit. Cer­tains in­dices portent à croire que l’homme au­rait po­sé un geste grave dans le but d’agir sur la so­cié­té dans la­quelle il vit. Tout au long de la pièce, le spec­ta­teur se­ra à même de se de­man­der si l’homme est cré­dible. A-t-il vrai­ment com­mis un méfait ou même créé une ca­tas­trophe ? Est-il sim­ple­ment fou, ou avons-nous af­faire à un ter­ro­riste ou pire, à un homme qui in­vente cer­tains faits dans le but de se don­ner de l’im­por­tance ? Chose cer­taine, le mys­tère est bien en­tre­te­nu.

« La pièce est construite au­tour de l’am­bi­guï­té du geste que l’homme a po­sé », af­firme le met­teur en scène qui se dé­fend bien de ré­vé­ler le punch de la pièce. L’homme semble être le père de deux ju­melles âgées de douze ans. Il est ques­tion de la dis­pa­ri­tion de l’une d’elles. Une fillette se trouve sur scène, qu’on nomme la pe­tite. Est-ce que sa soeur ju­melle a vrai­ment dis­pa­ru ou bien est-ce que l’homme dé­lire ? « L’homme pré­ten­dra à de graves al­ler­gies dont souf­frait l’une de ses filles, alors que la fa­mille vi­vait dans un quar­tier où les sols étaient conta­mi­nés, ra­conte Pa­trice Du­bois. On pour­ra dé­tec­ter une cer­taine ré­volte de la part de l’homme en­vers les sources de pol­lu­tion dans la na­ture et le manque de res­pect en­vers l’environnement ain­si que toutes les consé­quences qui s’en suivent. » On se de­man­de­ra évi­dem­ment si l’homme pour­rait être as­sez fou pour avoir tué l’une de ses deux filles.

« La pièce va ser­vir à don­ner une voix à cet homme qui est un dis­si­dent. Un homme qui vou­lait que les choses changent dans notre so­cié­té. Il vou­lait que le ci­toyen se donne le droit de po­ser des gestes qui ont un im­pact, an­nonce le met­teur en scène et ac­teur, Pa­trice Du­bois. Au fur et à me­sure que l’his­toire avance, on se­ra en me­sure de com­prendre la por­tée des gestes qu’il a po­sée. »

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