MI­CHEL-MARC BOU­CHARD un au­teur à suc­cès à tra­vers le monde

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE -

Il est l’un des au­teurs qué­bé­cois les plus joués sur la scène à tra­vers le monde. Ce dra­ma­turge qué­bé­cois a écrit plus de 25 pièces de théâtre. Tra­duites en plu­sieurs langues, elles sont jouées d’un océan à l’autre, en France en Bel­gique, en Ita­lie, en Al­le­magne, au Mexique, en Uru­guay, aux Pays-bas en Po­logne, en Ré­pu­blique tchèque au Ja­pon, en Co­rée, en Écosse et dans le Ca­na­da an­glais.

Ses pièces qui ont rem­por­té le plus de suc­cès sont Les Fe­luettes, L’his­toire de l’oie, Les Grandes cha­leurs et Les Muses or­phe­lines, qui se­ra d’ailleurs pré­sen­tée la sai­son pro­chaine chez Duceppe.

« Je n’ai ja­mais eu à me po­ser la ques­tion à sa­voir s’il y a de l’ave­nir pour nos pièces à l’étran­ger, car mes pièces sont jouées à tra­vers le monde de­puis dé­jà long­temps. D’ailleurs, j’ai plus de pro­duc­tions jouées à l’étran­ger qu’au Qué­bec, sou­ligne Mi­chelMarc Bou­chard. Je ne vois pas ce­la comme une quête non plus. Notre tra­vail n’a pas l’obli­ga­tion d’être pro­duit à l’étran­ger. »

Se­lon lui, le pro­ces­sus d’ex­por­ta­tion est re­la­ti­ve­ment simple. Il s’agit sou­vent de ren­contres ar­tis­tiques. Soit, quel­qu’un a vu la pièce, ou elle a été pu­bliée et quel­qu’un a lu le texte et un in­té­rêt a été sus­ci­té.

« Par exemple, Les Muses or­phe­lines a été jouée à Pa­ris. De là, elle a été vue par des Co­réens et ils ont dé­ci­dé de pro­duire cette pièce en Co­rée. Il n’y a pas une marche à suivre pour pro­duire nos pièces à l’étran­ger. Presque cha­cune de mes oeuvres, pro­duites par une com­pa­gnie étran­gère, a eu son propre che­mi­ne­ment dif­fé­rent des autres. »

« Grâce aux dé­marches du Centre des au­teurs dra­ma­tiques, on a par­ti­ci­pé à un fes­ti­val en Al­le­magne où de nou­velles pièces qué­bé­coises ont été pré­sen­tées. Cer­taines pièces ont ga­gné en no­to­rié­té grâce à ce genre de fes­ti­val. Soit qu’elles ont été en­ten­dues lors d’une lec­ture ou vues lors d’une re­pré­sen­ta­tion. On peut ren­con­trer, dans ce genre de fes­ti­val, un Po­lo­nais qui s’in­forme à sa­voir quelle est l’ac­tua­li­té théâ­trale à Mon­tréal, di­til. Chaque texte fait son che­min. »

SON CHIFFRE : 70%

Mi­chel-marc Bou­chard n’hé­site pas à af­fir­mer que 70 % de toutes ses pièces sont jouées à l’étran­ger. La fi­dé­li­té est aus­si un autre as­pect im­por­tant dans la réus­site à l’étran­ger. Il y a une com­pa­gnie à Mexi­co qui en est à mon- ter sa 5e pièce. Les Fe­luettes a été la pre­mière à être tra­duite en es­pa­gnol. De­vant le suc­cès de celle-ci, ils ont pour­sui­vi la re­la­tion pro­fes­sion­nelle avec l’au­teur. Par ailleurs, un théâtre en Uru­guay lui a dé­mon­tré sa fi­dé­li­té en pro­dui­sant sept de ses pièces.

En plus d’avoir beau­coup de suc­cès en Amé­rique du Sud, il est l’un des au­teurs les plus joués en Ita­lie. Pour­tant, dans la ma­jo­ri­té de ses pièces ce sont des per­son­nages qué­bé­cois que l’on re­trouve. « En France, on va jouer les mots qué­bé­cois sans uti­li­ser notre ac­cent, car elles sont in­ter­pré­tées par des ac­teurs fran­çais. Ça crée un ef­fet d’étran­ge­té, mais les Fran­çais aiment ça. D’ailleurs, on sent une ou­ver­ture d’es­prit de­puis ces dix der­nières an­nées en France. Évi­dem­ment, je n’écris pas en joual. Au be­soin, on fait quelques amé­na­ge­ments dans le texte, se­lon le pays dans le­quel la pièce se­ra jouée. »

Les Muses or­phe­lines a te­nu l’af­fiche pen­dant cinq mois au Théâtre pa­ri­sien le Tris­tan-ber­nard dans le 8e ar­ron­dis­se­ment et a été no­mi­née aux Mo­lières. Dans ce texte, plu­sieurs mots étaient ty­pi­que­ment qué­bé­cois et, ap­pa­rem­ment, les Fran­çais ont com­pris et n’ont rien chan­gé au vo­ca­bu­laire.

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