FLORENCE, le mu­sée à ciel ou­vert

Le Journal de Montreal - Weekend - - VACANCES -

Du­rant les siècles de son apo­gée, Florence n’a ces­sé de briller par les arts, les lettres et les sciences. Gou­ver­nants et gens d’af­faires af­fi­chaient leur réus­site en se fai­sant mé­cènes. Longue est la liste des hommes cé­lèbres que la ville a lé­guée à l’hu­ma­ni­té.

Léo­nard de Vin­ci, Dante, Ma­chia­vel, Mi­chel-ange, Ame­ri­go Ves­puc­ci ne sont que quel­que­suns des noms illus­trant la di­ver­si­té des ta­lents qui ont per­mis à la ville de Florence de briller à l’époque de la Re­nais­sance.

Le mou­ve­ment ar­tis­tique ain­si ap­pe­lé vi­sait à re­ve­nir aux lignes pures du clas­si­cisme lé­gué par la culture grecque. Ce mou­ve­ment ini­tié à Florence al­lait in­fluen­cer toute l’eu­rope – au­tant dire le monde de l’époque.

LA PROS­PÉ­RI­TÉ DE FLORENCE

La pros­pé­ri­té de Florence, en un temps où l’ita­lie était com­po­sée d’une mul­ti­tude de ci­tés États, s’est bâ­tie, dès le Moyen Âge, en pre­mier lieu sur le tra­vail de ses tis­se­rands. On y tis­sait la laine, le lin, la soie, au­tant de fibres que l’on im­por­tait des pays eu­ro­péens voi­sins.

Les étoffes qui en ré­sul­taient ali­men­taient les cours royales et les grandes fa­milles, nobles et bour­geoises, de l’eu­rope en­tière. Les com­mer­çants flo­ren­tins prirent dès lors de l’im­por­tance, tout comme les ban­quiers.

L’éco­no­mie de Florence fut à une cer­taine époque tel­le­ment forte que le flo­rin or, mon­naie frap­pée par la ci­té et or­née de la fleur de lys, le sym­bole de la ville, ser­vait de va­leur de ré­fé­rence dans toute l’eu­rope.

Les cor­po­ra­tions pro­fes­sion­nelles flo­ren­tines étaient si puis­santes que le pou­voir était exer­cé par une as­sem­blée com­po­sée de re­pré­sen­tants de celles-ci. Plus tard, ce sont les grandes fa­milles de ban­quiers, au pre­mier rang des­quelles fi­gu­raient les Mé­di­cis, qui al­laient ré­gner sur Florence.

Cer­tains de ces der­niers eurent ten­dance à confondre les af­faires de la ville avec les leurs. Ce­la leur va­lut d’être haïs par la po­pu­la­tion. On com­prend ain­si l’exis­tence d’un long pas­sage en hau­teur ré­ser­vé aux Mé­di­cis entre dif­fé­rents pa­lais de la ville et tra­ver­sant le fleuve Ar­no par-des­sus le Ponte Vec­chio.

SYS­TÈME BAN­CAIRE

Dès la fin du 13e siècle, les ban­quiers de Florence se sont dis­tin­gués en créant un sys­tème ban­caire tel qu’on le com­prend au­jourd’hui. Comme les com­mer­çants flo­ren­tins fai­saient af­faire à tra­vers l’eu­rope, les ban­quiers de la ville eurent l’idée de lan­cer des lettres de change et aus­si de créer des bu­reaux de change et des suc­cur­sales ban­caires dans les prin­ci­pales villes eu­ro­péennes.

Des for­tunes consi­dé­rables al­laient être ac­cu­mu­lées, per­met­tant aux grandes fa­milles flo­ren­tines d’exer­cer leur in­fluence éco­no­mique et po­li­tique au­tant que cultu­relle. La dy­nas­tie des Mé­di­cis a ain­si pu ré­gner sur la ville du­rant en­vi­ron deux siècles. Les grandes fa­milles de Florence furent, aux 15e et 16e siècles, les ban­quiers des grands d’eu­rope et même des papes.

FLORENCE PAS À PAS

La ville de Florence, clas­sée au Patrimoine mon­dial de l’hu­ma­ni­té, mé­rite que l’on s’y at­tarde tant ses at­traits sont nom­breux. Un tour gui­dé est in­dis­pen­sable pour com­prendre l’évo­lu­tion de la ci­té. En­suite, il faut prendre le temps, en fonc­tion de ses in­té­rêts, d’ap- pro­fon­dir cer­tains su­jets.

Plu­sieurs mil­lions de per­sonnes se pressent à Florence an­nuel­le­ment. Aus­si, même en basse sai­son, y a-t-il foule par­tout. Si on veut vi­si­ter, par­mi les di­zaines de mu­sées, le plus cé­lèbre d’entre eux, la Ga­le­rie des Of­fices, qui abrite no­tam­ment des oeuvres de gé­nies comme Bot­ti­cel­li, Léo­nard de Vin­ci, Ra­phaël, Mi­chel-ange, Del­la Fran­ces­ca, Ti­tien et Ca­ra­vage, mieux vaut prendre ses dis­po­si­tions pour ré­ser­ver ses billets à l’avance, ce­la évite de pas­ser un temps in­fi­ni dans la file au gui­chet.

Quand vient le mo­ment de se res­tau­rer dans cette ville qui vit au­jourd’hui avant tout du tou­risme, mieux vaut s’écar­ter des rues du centre-ville, où abondent les pièges à tou­ristes. Un peu à l’écart, on peut fa­ci­le­ment dé­ni­cher de pe­tits éta­blis­se­ments fré­quen­tés d’abord par les Flo­ren­tins et com­man­der, par exemple, la spé­cia­li­té que sont les tripes à la flo­ren­tine.

1. La ville de Florence dans ses cou­leurs de prin­temps. 2. Sur fond de fleur de lys, sym­bole de Florence, la sta­tue de Da­vid de Mi­chelAnge, sym­bole de la Re­nais­sance.

En dé­cou­vrant la ma­jes­tueuse porte de la ca­thé­drale de Florence, Mi­chelAnge au­rait dit : « C’est la porte du pa­ra­dis ! » À Florence, ce qu’on ap­pelle le Nou­veau Mar­ché date de 1575… Ja­dis, il s’y te­nait un mar­ché fi­nan­cier. Les dé­lin­quants y étaient éga­le­ment ex­po­sés, nus, au pi­lo­ri. Air Tran­sat as­sure la liai­son du­rant toute la sai­son tou­ris­tique entre Mon­tréal et Rome tous les jours sauf le mer­cre­di, ain­si qu’entre Mon­tréal et Ve­nise chaque ven­dre­di. Ex­per­tours se dé­fi­nit comme le spé­cia­liste de l’ita­lie. Le voya­giste qué­bé­cois est pré­si­dé par Do­me­ni­co Ca­la­bret­ta, qui compte plu­sieurs dé­cen­nies d’ex­pé­rience dans l’or­ga­ni­sa­tion de voyages en Ita­lie. Pres­ta­tions dis­po­nibles dans toutes les agences de voyages. Le tout ré­cent et confor­table com­plexe de vil­lé­gia­ture An­ti­ca Ta­bac­caia (une an­cienne fa­brique de ci­gares) si­tué en pleine cam­pagne à Ter­ra­nuo­va Brac­cio­li­ni, à en­vi­ron 30 mi­nutes de Florence, consti­tue un pied-à-terre tran­quille d’où rayon­ner vers les prin­ci­paux sites de Tos­cane. In­fos : www.an­ti­ca­ta­bac­caia­re­sort.it J’ai ap­pré­cié, au terme du voyage en Ita­lie, le confort et la quié­tude (jar­din avec pis­cine) de l’hô­tel Gol­den Tu­lip, sis à 10 mi­nutes de l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal de Rome. In­fos : www.gol­den­tu­lip.com Au coeur de Florence, des bou­tiques sont en­tiè­re­ment consa­crées au per­son­nage de Pinocchio. C’est que l’au­teur des Aven­tures de Pinocchio, Car­lo Col­lo­di, était ori­gi­naire de la Tos­cane. Son oeuvre a été tra­duite en 400 langues. En li­brai­rie : Guides Voir Tos­cane et La Tos­cane, édi­tions Libre Expres

sion; Tos­cane, Guides Gal­li­mard. 3. La fa­çade de la ca­thé­drale San­ta Ma­ria Del Fiore. 4. Le cé­lèbre Ponte Vec­chio, construit en 1345. 5. Tou­cher le groin au san­glier de Florence porte bon­heur, pa­raît-il.

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