PE­TU­LA CLARK

Elle au­ra 80 ans cet au­tomne, et elle sort un nou­vel al­bum après quinze ans d’ab­sence sur disque en fran­çais. Mais ne lui par­lez pas d’un ca­deau pour son 80e an­ni­ver­saire. Pétula Clark trouve le su­jet « vrai­ment en­nuyeux ». « Tout ça n’a ab­so­lu­ment rien à

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Agnès Gau­det AGNES.GAU­DET@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Le se­cret de jou­vence de Pétula Clark ré­side sans doute dans l’at­ti­tude de la chan­teuse. Sans faire d’âgisme, elle parle très peu de son âge, et il est clair que dans son âme et dans son coeur, elle a tou­jours 20 ans.

« Je ne cé­lèbre ja­mais mes an­ni­ver­saires, dit-elle gen­ti­ment. Ça ne m’in­té­resse pas. L’âge des gens n’a rien à voir avec ce qu’on fait. »

Exit donc le su­jet. Pétula Clark, la plus française des chan­teuses bri­tan­niques des an­nées 60, a bien autre chose à cau­ser. D’abord de ce nou­vel al­bum en fran­çais, in­ti­tu­lé tout sim­ple­ment Pétula, sur le­quel la voix est, d’ailleurs, celle d’une jeune femme, et est aus­si claire et sexy qu’avant.

Cet al­bum, les fran­co­phones le ré­cla­maient de­puis long­temps, mais Pétula Clark, trop prise par ses oc­cu­pa­tions pro­fes­sion­nelles, entre deux co­mé­dies mu­si­cales, à Londres et Broad­way, une tour­née en Amé­rique et des spec­tacles jus­qu’en Aus­tra­lie, re­pous­sait l’échéance.

« Le temps passe très vite, dit-elle, et je tra­vaille beau­coup, sur­tout ailleurs. Pe­tit à pe­tit, j’ai plus ou moins un peu ou­blié ma car­rière française. Je me sen­tais d’ailleurs un peu cou­pable.

« Mais on ne peut pas être par­tout à la fois. J’ai une fa­mille aus­si, une vie. Le temps a pas­sé trop vite. »

SON AMI AZ­NA­VOUR

Il y a quatre ou cinq ans, on a de­man­dé à Pétula Clark qui ha­bite Ge­nève, en Suisse, de ve­nir chan­ter à l’olym­pia de Pa­ris. C’est là que la chan­teuse a vou­lu en­re­gis­trer de nou­velles chan­sons.

« Mes vieilles chan­sons, je les aime bien, dit-elle, mais pour pré­sen­ter un nou­veau spec­tacle, il faut des nou­velles chan­sons. »

La lo­gis­tique de son nou­vel al­bum a été un peu com­pli­quée. D’abord, Pétula Clark vou­lait tra­vailler avec son ami Charles Az­na­vour qui est lui aus­si, à... 88 ans, fort oc­cu­pé. Elle a en­re­gis­tré avec lui un duo et chante aus­si ses pa­roles, sur une mu­sique à elle, avec Pour être ai­mée de toi.

« Je suis al­lée chez lui à son bu­reau de Pa­ris, ra­conte-t-elle On a ré­pé­té notre duo et en sor­tant, il m’a don­né un mor­ceau de pa­pier avec les pa­roles (de Pour être ai­mée de toi).

« Il a dit : “Tiens, va faire la mu­sique.” J’ai dit : “Moi ?” J’étais un peu in­ti­mi­dée. Et voi­là qu’on a une chan­son. »

SPEC­TACLES PLUS TARD

Le reste de l’al­bum s’est fait tout seul. Avi­sés que la grande Pétula al­lait en­re­gis­trer de nou­velles chan­sons, plu­sieurs au­teurs-com­po­si­teurs lui ont vite fait par­ve­nir des pièces.

« Les chan­sons sont ve­nues à moi or­ga­ni­que­ment, de fa­çon na­tu­relle, dit-elle, sou­vent au stu­dio, un genre de bun­ker dé­ta­ché de tout, à Pa­ris. Je les es­sayais. Par­fois c’était oui, par­fois non. »

Cet opus compte 13 nou­velles chan­sons, de Charles Az­na­vour, Ben­ja­min Bio­lay, Sal­va­tore Ada­mo, Mi­chel Le­grand,de l’équipe de Tho­mas Du­tronc, no­tam­ment.

Outre le duo avec Charles Az­na­vour, Pétula Clark a aus­si en­re­gis­tré un duo avec Joyce Jo­na­than et le chan­teur fran­çais Ben L’oncle Soul, So­me­day, une des quelques pièces en an­glais.

Pétula Clark, qui a ven­du plus de 70 mil­lions de disques à tra­vers le monde, compte chan­ter dans les grandes villes fran­çaises, mais ce se­ra après l’en­re­gis­tre­ment d’un nou­vel al­bum en an­glais.

« Cet été, il me semble que c’est presque im­pos­sible, dit-elle, mais ça va se faire. »

Dé­bor­dante d’éner­gie, elle es­père aus­si ve­nir « avec joie » chan­ter au Qué­bec le mo­ment ve­nu, où, dit-elle, le pu­blic est « ex­cep­tion­nel et très avi­sé ».

RIEN DU TOUT

Pétula Clark a trois en­fants, deux filles et un fils. Elle est grand-mère de deux pe­tits-en­fants, par sa fille Bar­ba­ra, qui ha­bite New York avec eux.

« Ses en­fants sont nés à New York, mais ils parlent par­fai­te­ment le fran­çais, pré­cise-t-elle. Ils fré­quentent le ly­cée fran­çais. »

Même si la chan­teuse voyage énor­mé­ment, la fa­mille reste très proche.

« Mes en­fants sont grands, ils ont leur propre vie. On ne par­tage pas les mêmes choses ( not in each other's po­ckets), mais on est tou­jours contents de se re­trou­ver. »

Quand Pétula Clark ne chante pas, n’écrit pas de pa­roles ou ne com­pose pas de mu­sique, elle s’ac­corde un peu de ré­pit.

« J’aime beau­coup créer et puis j’aime beau­coup... ne rien faire du tout, dit-elle. J’aime lire, j’aime la na­ture, écou­ter les oi­seaux. Je vis comme tout le monde. » L’al­bum Pétula est dé­jà en ma­ga­sin. On peut aus­si se pro­cu­rer l’édi­tion de luxe, in­cluant onze de ses plus grands suc­cès dont Je me sens bien (au­près de toi), Down­town, et, Tout le monde veut al­ler au ciel mais per­sonne ne veut mou­rir.

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