UNE CO­MÉ­DIE QUI NE FAIT RIRE PER­SONNE

C’est une ten­dance toute hol­ly­woo­dienne, ce syn­chro­nisme qui oc­ca­sionne, par exemple, la sor­tie si­mul­ta­née de deux co­mé­dies ro­man­tiques ins­pi­rées de livres de mieux-être.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek

Il y a l’hi­la­rant Pen­ser comme un homme (d’après le best-sel­ler de Steve Har­vey), qui a do­mi­né le box-of­fice pen­dant deux se­maines consé­cu­tives. Et il y a le peu ou pas drôle Comment pré­voir l’im­pré­vi­sible, très li­bre­ment ins­pi­ré de la bible sur la gros­sesse de Hei­di Mur­koff, une lec­ture in­con­tour­nable pour toutes les fu­tures ma­mans de­puis dé­jà près de trois dé­cen­nies.

Des deux, Comment pré­voir l’im­pré­vi­sible est le su­jet de film le moins pro­bable, puisque le bou­quin est une liste cli­nique de symp­tômes plus ou moins plai­sants à pré­voir, entre le mo­ment de la concep­tion et l’ac­cou­che­ment.

PEU OU PAS DRÔLE

Des spé­cia­listes de Hol­ly­wood ont néan­moins pon­du une his­toire et op­po­sé le mes­sage que la gros­sesse est dif­fi­cile à des per­son­nages qui croient fer­me­ment le contraire, avec des ré­sul­tats peu ou pas drôles.

Il y a l’ex­perte en forme phy­sique Jules (Ca­me­ron Diaz), qui anime une émis­sion où le plus gros per­dant (de poids) est le ga­gnant, et dont la gros­sesse s’an­nonce en di­rect, à la té­lé na­tio­nale, lorsque la jeune femme et son com­pa­gnon (Mat­thew Mor­ri­son, de Glee) rem­portent une com­pé­ti­tion du genre Danse avec les étoiles et qu’en guise de cé­lé­bra­tion, elle vomit.

L’ap­proche mi­li­taire de Jules en­vers sa gros­sesse est vouée à la ca­tas­trophe. Comme l’est l’ap­proche « je sais tout » de l’ex­perte en gros­sesse (et en­ceinte pour la pre­mière fois) Wen­dy (Eli­zabe- th Banks). Pour sti­mu­ler da­van­tage son or­gueil, le beau-père de Wen­dy, un cou­reur au­to­mo­bile très com­pé­ti­tif (Den­nis Quaid), a une femme tro­phée, Sky­ler (le man­ne­quin de maillots de bain Brook­lyn De­cker), qui est nou­vel­le­ment en­ceinte. Et la belle existe, es­sen­tiel­le­ment, pour ex­hi­ber le genre de gros­sesse ra­dieuse et par­faite qui fait ra­ger toutes les autres femmes.

Ve­nant com­plé­ter notre es­couade fé­mi­nine, une chef de can­tine rou­lante, Ro­sie (An­na Ken­drick), est en­ceinte après une aven­ture d’un soir avec son ri­val pro­fes­sion­nel, Mar­co (Chace Craw­ford), et Hol­ly (Jen­ni­fer Lo­pez), a dé­cou­vert qu’elle est in­fer­tile et sou­haite adop­ter un en­fant.

Iro­ni­que­ment, Lo­pez est la seule membre de la dis­tri­bu­tion à avoir dé­jà ac­cou­ché, dans la vraie vie.

DÉ­ROU­TANTE

Ch­ris Rock est le chef d’une bande de pa­pas pous­seurs de pous­settes et por­teurs de bé­bés qui se ras­semblent au parc, ré­gu­liè­re­ment, pour se confier et se ré­con­for­ter. Sé­rieu­se­ment.

Lorsque je me re­trouve de­vant une co­mé­die si dé­rou­tante, je me mets à l’écoute d’éven­tuels rires en­vi­ron­nants, qui vien­draient confir­mer qu’ef­fec­ti­ve­ment, quelque chose m’a échap­pé. Rien. Comment pré­voir l’im­pré­vi­sible avait as­pi­ré, jus­qu’au der­nier, tous les rires de cette salle de ci­né­ma.

Même les grillons étaient muets. Il n’y avait rien d’autre à faire que d’at­tendre que tout ce beau monde soit pas­sé par la salle d’ac­cou­che­ment. Ça ne prend pas vrai­ment neuf mois. Mais c’est l’im­pres­sion que donne le film.

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