Im­mor­telle Ma­ri­lyn

Si l’his­toire en avait vou­lu au­tre­ment, Ma­ri­lyn Mon­roe s’ap­prê­te­rait à souf­fler ses 86 bou­gies au­jourd’hui. Hé­las, l’ac­trice a ren­du l’âme le 5 août 1962 dans sa mai­son de Los An­geles. Elle n’avait que 36 ans. Les an­nées ont pas­sé, mais l’étoile de la com

Le Journal de Montreal - Weekend - - LA UNE - Marc-an­dré Le­mieux MARC-ANDRE.LE­MIEUX@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Au­teure d’une bio­gra­phie sur Ma­ri­lyn Mon­roe pa­rue aux Édi­tions Gal­li­mard en 2007, Anne Plan­ta­ge­net croit connaître les rai­sons de cet in­cre­vable at­trait. « Ma­ri­lyn, c’est un cock­tail d’in­croyable beau­té et d’ex­trême fra­gi­li­té. C’est ce qui la dis­tingue de la masse, di­telle en en­tre­vue au Jour­nal de Mon­tréal. Des femmes très belles et sen­suelles, il y en au­ra tou­jours. Mais Ma­ri­lyn abrite une vul­né­ra­bi­li­té ap­pa­rente. On a en­vie de la pro­té­ger. Elle éveille chez l’autre une émo­tion qui res­semble à de la pi­tié. On sent en elle une cas­sure… quelque chose d’in­fi­ni­ment triste. » Cor­no abonde dans le même sens. L’ar­tiste-peintre de renommée in­ter­na­tio­nale n’a ja­mais ca­ché sa fas­ci­na­tion pour celle qu’elle dé­crit comme « l’icône par ex­cel­lence ». L’an der­nier, elle pré­sen­tait ses gi­gan­tesques por­traits de Ma­ri­lyn dans le cadre d’une ex­po­si­tion à Hol­ly­wood. « Ma­ri­lyn, c’est le gla­mour à l’état pur. La blonde pul­peuse que tout le monde dé­sire. Mais en même temps, c’est un être fra­gile. Quand je la pei­gnais, je n’es­sayais pas de faire re­jaillir sa beau­té; je met­tais l’ac­cent sur son cô­té sombre et torturé. C’est ce qui m’a ac­cro­chée chez elle... et c’est ce qui ac­croche la plu­part des gens. Son sou­rire en dit long. »

AU GRAND COMME AU PE­TIT ÉCRAN

Bien qu’elle ait connu la gloire grâce au sep­tième art, Ma­ri­lyn Mon­roe en­va­hit le pe­tit écran en 2012. Sa pré­sence plane sur chaque scène de Smash, une sé­rie amé­ri­caine co­pro­duite par Ste­ven Spiel­berg. Dif­fu­sé à NBC, ce feuille­ton met­tant en ve­dette Ka­the­rine Mc­phee et Debra Mes­sing nous plonge dans les cou­lisses d’une co­mé­die mu­si­cale ba­sée sur la vie de l’idole. Les cotes d’écoute étant au ren­dez-vous, une deuxième sai­son est pré­vue pour l’au­tomne. Ré­cem­ment, la so­cié­té de pro­duc­tion En­ter­tain­ment One an­non­çait la mise en chan­tier de Fin­ding Ma­ri­lyn, une té­lé­réa­li­té vi­sant à trou­ver la pro­chaine Nor­ma Jeane Ba­ker (ndlr : le vrai nom de Ma­ri­lyn). L’en­trée en ondes de l’émis­sion de­vrait coïn­ci­der avec le 50e an­ni­ver­saire du dé­cès de la co­mé­dienne, dis­pa­rue le 5 août 1962.

Les té­lé­spec­ta­teurs ne sont pas les seuls à re­dé­cou­vrir Ma­ri­lyn Mon­roe; les ci­né­philes aus­si as­sistent à cette re­nais­sance. Après Une se­maine avec Ma­ri­lyn, qui a per­mis à Mi­chelle Williams d’ob­te­nir une no­mi­na­tion aux Os­cars, un autre film consa­cré à l’étoile de­vrait bien­tôt voir le jour : Blonde, d’andrew Do­mi­nik avec Nao­mi Watts dans le rôle-titre.

« Ma­ri­lyn, c’est un per­son­nage tra­gique comme le ci­né­ma les aime, dit Mar­tin Bilodeau, ré­dac­teur en chef de Me­dia­film.ca. Avant elle, per­sonne n’osait jouer la carte du sex-ap­peal à l’écran. Les ac­trices qui l’ont pré­cé­dée étaient plu­tôt froides. On par­lait même de beau­tés plas­tiques. Ma­ri­lyn, c’était la fé­mi­ni­té in­car­née. »

LE STYLE MA­RI­LYN

Ma­ri­lyn, c’est aus­si un look que les ve­dettes ac­tuelles aiment bien co­pier. De Milla Jo­vo­vich en cou­ver­ture de Ma­dame Fi­ga­ro à Lind­say Lo­han dans les pages du New York Ma­ga­zine, en pas­sant par Ma­don­na dans le clip de Give Me All Your Lu­vin’, les stars de toutes les gé­né­ra­tions mul­ti­plient les clins d’oeil à l’ac­trice trou­blée.

« Ma­ri­lyn, c’est une icône de mode, le par­fait croi­se­ment entre la fille sym­pa­thique et la vamp, dit la sty­liste Louise La­brecque. On se sou­vient tous de sa fa­meuse robe blanche dans le film Sept ans de ré­flexion ( The Se­ven Year Itch), celle qu’elle por­tait en pas­sant sur une grille de mé­tro. C’est une te­nue que les de­si­gners ont re­pris an­née après an­née. »

Ani­ma­trice de l’émis­sion mode-beau­té Se­crets de style à Ca­nal Vie, Louise La­brecque re­marque l’in­fluence de Ma­ri­lyn Mon­roe chez plu­sieurs per­son­na­li­tés qué­bé­coises, à com­men­cer par An­drée-anne Leclerc de la der­nière cu­vée de Star Aca­dé­mie. « Ses pe­tits che­veux blonds sé­pa­rés sur le cô­té, les faux cils, le ma­quillage oeil de biche… Tout ça vient de Ma­ri­lyn. »

DANS LA LÉ­GENDE

Les idoles d’au­jourd’hui fe­ront-elles tou­jours par­ler d’elles 50 ans après leur mort ? Pro­ba­ble­ment pas, ré­pond Anne Plan­ta­ge­net.

« Ma­ri­lyn est morte au som­met de la gloire. Ça nour­rit beau­coup le mythe et le fan­tasme. Si elle avait vé­cu jus­qu’à 80 ans, ce ne se­rait pro­ba­ble­ment pas le même phé­no­mène. »

« Ce­la dit, je ne sou­haite à au­cune ac­trice de connaître une fin aus­si tra­gique pour en­trer dans la lé­gende. »

Ef­fi­gie du 65e Fes­ti­val de Cannes

MA­RI­LYN MON­ROE

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