LE RE­TOUR DES HOMMES EN NOIR

MEN IN BLACK III

Le Journal de Montreal - Weekend - - LA UNE - Jim Slo­tek

« J’adore m’oc­cu­per des trucs de mes en­fants et de l’émis­sion de ma femme », a-t-il dit. Il fait ici ré­fé­rence à son fils Ja­den, de­ve­nu ve­dette de ci­né­ma ( Le Ka­rate Kid), à sa pré­ado­les­cente Willow, une chan­teuse ( Whip My Hair) et à la sé­rie té­lé­vi­sée de sa par­te­naire Ja­da, Haw­thorne, qui a tou­te­fois été an­nu­lée ré­cem­ment.

« Je trouve ça va­lo­ri­sant. Mais pour moi, ça fait trois ans loin des ca­mé­ras, et je de­vais me re­mettre au bou­lot », a-t-il in­di­qué en lien avec son re­tour au grand écran dans Hommes en noir 3.

AMA­TEUR DE SU­PER­PRO­DUC­TIONS

C’est dans la na­ture de Will Smith de re­ve­nir en grand. Son pre­mier film de­puis Han­cock se de­vait d’être une suite, puis­qu’en plus d'hommes en noir 3, des scé­na­rios pour Han­cock 2, Mau­vais gar­çons 3 et Les ro­bots 2 ont émer­gé.

Mais une dé­cen­nie après avoir lais­sé der­rière lui la fran­chise d'hommes en noir, Smith a été sé­duit par un scé­na­rio de voyage dans le temps qui in­tro­duit de nou­veau l’or­ga­ni­sa­tion gou­ver­ne­men­tale se­crète de sur­veillance ex­tra­ter­restre, et trans­porte l’agent J de Smith en 1969, pour pré­ve­nir le meurtre d’un jeune Agent K (Josh Bro­lin, qui livre une im­pres­sion­nante imi­ta­tion de Tom­my Lee Jones). Vous l’au­rez peut-être de­vi­né d’après ses films, mais Smith est un ama­teur de science-fic­tion qui ne souffre d’au­cune aver­sion par­ti­cu­lière pour les suites. « Mon ex­pé­rience de ci­né­ma la plus gran­diose, je l’ai vé­cue avec La guerre des étoiles, a dit Smith, plon­gé dans ses sou­ve­nirs de pe­tit gars de 10 ans qui a gran­di à West Phi­la­del­phia. Le film a re­dé­fi­ni ma pers­pec­tive sur le monde. Mon ima­gi­na­tion était si ré­duite, avant d’en­trer dans cette salle de ci­né­ma, et ça a été une vé­ri­table ex­plo­sion. Je n’en re­ve­nais pas que quel­qu’un ait pu créer un tel uni­vers. Et qu’il ait pu me trans­for­mer ain­si à son contact. Donc, plus que les prix, voi­là ce qui compte pour moi. Les prix ne re­pré­sentent que ce qu’une pe­tite frac­tion de gens pense. Ce qui compte, c’est que le plus de gens pos­sible puissent vivre une ex­pé­rience fan­tas­tique. J’aime donc les su­per­pro­duc­tions. Mais le film doit aus­si trans­mettre un mes­sage ou une idée. Dans Hommes en noir 3, c’était la na­ture des­truc­trice du se­cret. Que ce soit évident ou pas, c’est ce que nous ra­con­tons. »

« Je l’ai dé­jà em­bras­sé. Il ré­agit bien à ça. Vous de­vriez es­sayer, a raillé Smith. Mais, sé­rieu­se­ment, je le fais rire. Au moins un pe­tit peu. C’est juste bien dif­fé­rent de quand d’autres per­sonnes se bi­donnent. Avec Tom­my, quand tu ra­contes une blague énorme, quelque chose à pis­ser, il émet sim­ple­ment, “Hmm”. Mais ve­nant de Tom­my, c’est l'équi­valent d’un rire à gorge dé­ployée. »

Et Bro­lin ? « Entre les ac­teurs, c’est une ques­tion de chi­mie. Quand je joue avec Mar­tin (La­wrence, sa co­ve­dette dans Mau­vais gar­çons), il y a quelque chose entre nous. Entre Tom­my Lee Jones et moi, la chi­mie qui opère est bien dif­fé­rente de celle qu’il y a entre Mar­tin et moi. Donc, quand j’ai joué pour la pre­mière fois avec Josh, j’ai été si­dé­ré de consta­ter qu’avec lui, la chi­mie était la même qu’avec Tom­my. Il a étu­dié Tom­my et l’agent K si en pro­fon­deur qu’ils étaient pa­reils. »

Fait à no­ter, cette pé­riode de re­tour à l’écran de Smith com­prend éga­le­ment un autre film de science-fic­tion, avec un fils qui ne cesse de le har­ce­ler pro­fes­sion­nel­le­ment. Dans Af­ter Earth, qui a été tour­né au Cos­ta Ri­ca, Will et son fils Ja­den in­carnent un père et son fils qui s’écrasent sur une pla­nète étran­gère. « C’était très post-apo­ca­lyp­tique et après le tour­nage, Ja­den m’a dit : “Pa­pa, je veux faire une co­mé­die !” »

« Ja­den veut faire des films plus que toute autre chose. Il n’ar­rête pas de m'en re­de­man­der. Et je lui ré­pète : “Mon fils, je vais te trans­mettre tout ce que je sais. Si tu tra­vailles fort, tu pour­ras de­ve­nir la deuxième plus grande ve­dette du monde.” »

FRESH PRINCE OF BEL AIR

Il a été es­to­ma­qué d’ap­prendre qu’en Amé­rique la­tine, même après plus de 20 films, il est de­meu­ré le sym­pa­thique jeune ef­fron­té de la sé­rie Fresh Prince of Bel Air.

« Une troupe d’ac­teurs la­ti­no-amé­ri­cains a tra­duit Fresh Prince, mais en adap­tant les blagues au contexte des au­di­toires de langue es­pa­gnole. Fresh Prince est ain­si de­ve­nu énorme en Amé­rique la­tine et en Es­pagne. Je suis al­lé à Mexi­co et par­tout où j’al­lais, on m’ac­cueillait en di­sant : “El Prin­cipe !” J’ai été si ho­no­ré de toute cette at­ten­tion que j’ai dé­ci­dé de me mettre à l’es­pa­gnol. »

Main­te­nant que le tour­nage d’af­ter Earth est ter­mi­né, Smith peut re­com­men­cer à pen­ser aux rouages de ce qui est vé­ri­ta­ble­ment une en­tre­prise fa­mi­liale. Ja­den re­garde des ébauches pour Le Ka­rate Kid 2, et Ja­da a une en­tente avec Simon Co­well pour un nou­veau concours té­lé­vi­sé, une quête des meilleurs DJ de la pla­nète.

LA DY­NAS­TIE SMITH

Et qui est Will Smith, dans tout ça ? Et si nous vous di­sions J.R. Ewing ?

« Quand j'étais tout pe­tit, je re­gar­dais la sé­rie Dal­las et, pour moi, c’était la vie de fa­mille idéale. La pro­prié­té de l’émis­sion, Sou­th­fork, avait un nom. Comment une pro­prié­té en vient-elle à avoir un nom ? Chez nous, ça s’ap­pe­lait Row­house. Tout le monde était là, au dé­jeu­ner, et il y avait même des adultes. Des adultes qui vi­vaient sur une pro­prié­té. Tout le monde tra­vaillait à l’en­tre­prise fa­mi­liale. Et j'ai tou­jours rê­vé de re­pro­duire ça. Je suis donc en train de voir à la construc­tion de cette fa­mille-en­tre­prise de rêve. Willow dé­borde de cha­risme et main­te­nant, je tra­vaille aus­si avec mon fils Ja­den, sans ou­blier que mon fils aî­né, Trey, a com­men­cé à tra­vailler comme DJ, ce qui le fait voya­ger au­tour du monde. J’ai l’im­pres­sion de construire une fa­mille dans le monde du divertissement et d’ap­prendre les le­çons du mi­lieu, au fur et à me­sure. »

Être le pa­triarche d’une fa­mille du divertissement com­porte certes son lot d’ap­pren­tis­sage sur le tas.

Pre­nons Willow, par exemple: « On nous a re­pro­ché de l'avoir lais­sée se cou­per les che­veux, a ra­con­té Smith au su­jet du nou­veau look pro­vo­ca­teur de sa fille. Pour moi, il est évident que si je dé­cide de lui ap­prendre qu’elle ne peut pas chan­ger ses che­veux sans ma per­mis­sion, elle me rem­pla­ce­ra, dans sa vie adulte, par un homme qui fait la même chose. Ce sont ses che­veux. Elle est plei- ne­ment sou­ve­raine de son corps. »

« C’est plus une ques­tion de gé­rer les res­pon­sa­bi­li­tés de leurs vies pro­fes­sion­nelles et de leur en trans­mettre le plus pos­sible sans que ce soit trop. Nous cher­chons à y al­ler gra­duel­le­ment, jus­qu’à ce qu’ils soient en me­sure d’as­su­mer plei­ne­ment leur vie d’adulte au­to­nome. »

Ce­la com­prend par­fois le res­pect des contrats. Smith dit qu’il lui a fal­lu gé­rer un peu la si­tua­tion, ré­cem­ment, lorsque Willow a dé­ci­dé qu’elle ne vou­lait plus être chan­teuse, mais plu­tôt bal­le­rine.

« Main­te­nant, ça va, elle suit des cours de bal­let. Mais au mi­lieu de la tour­née avec Jus­tin Bie­ber, elle a vu une bal­le­rine russe et elle a été sub­ju­guée. Ça a été la volte-face vo­ca­tion­nelle com­plète : “Je veux ren­trer à la mai­son et faire du bal­let !” – “Non, mon chou, pas tout de suite, tu as en­core sept autres spec­tacles à faire.” »

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