UNE SEULE CHAN­SON POUR TOUT UN SPEC­TACLE

Le met­teur en scène Oli­vier Choi­nière a réus­si un tour de force en réunis­sant 50 co­mé­diens sur scène. Chante avec moi est un spec­tacle théâ­tral com­po­sé d’une seule chan­son d’une du­rée d’une heure. Un concept ori­gi­nal pré­sen­té à l’usine C dans le cadre du

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais Col­la­bo­ra­tion spéciale

Le créa­teur, concep­teur, au­teur et met­teur en scène Oli­vier Choi­nière a vou­lu pré­sen­ter sur scène une brochette d’in­di­vi­dus qui re­pré­sente en quelque sorte l’en­semble de la so­cié­té. Il au­rait sans doute été en me­sure de réa­li­ser ce spec­tacle avec 25 co­mé­diens, mais il en vou­lait da­van­tage.

« Je te­nais à en avoir 50, c’est im­pres­sion­nant, im­po­sant et à la fois re­pré­sen­ta­tif de la so­cié­té tout en étant as­sez unique comme style », ra­conte-t-il.

UNE CHAN­SON FORTE

Nous sommes dans une fable, que l’on pour­rait aus­si qua­li­fier de théâtre mu­si­cal ou même de co­mé­die mu­si­cale. On ra­conte qu’il s’agit d’une chan­son très forte, si bien qu’elle ne veut pas mou­rir et qu’elle per­dure sur une pé­riode d’une heure avec dif­fé­rents rythmes et di­verses va­ria­tions.

« C’est à tra­vers cette chan­son que l’on re­trouve le thème prin­ci­pal qui est l’obéis­sance consen­tante, ex­plique le concep­teur. L’in­té­rêt du spec­tacle n’est pas au ni­veau de la chan­son ou de la beau­té de la mé­lo­die, qui sont en réa­li­té des élé­ments se­con­daires, mais plu­tôt le mes­sage du spec­tacle qui est vé­ri­ta­ble­ment mis de l’avant. Chante avec moi est pour moi une so­cié­té qui se construit au­tour d’une uto­pie tout en se re­trou­vant en­semble afin de créer une chan­son. »

Pour Oli­vier Choi­nière, ce qu’il faut re­te­nir de ce spec­tacle, c’est ce thème d’obéis­sance consen­tante qu’il a choi­si d’ex­ploi­ter. « Il s’agit de la ma­nière à la­quelle on obéit dans nos vies mal­gré nous, tout en y consen­tant. Nous sommes consen­tants à toutes sortes de condi­tion­ne­ment d’ordre po­li­tique ou éco­no­mique », fait re­mar­quer Oli­vier Choi­nière.

Même se le­ver le ma­tin pour se rendre au tra­vail au mi­lieu des em­bou­teillages est une forme d’obéis­sance consen­tante.

Le met­teur en scène n’a pas vou­lu uti­li­ser un ton mo­ra­li­sa­teur ou un dis­cours sur l’obéis­sance dans son spec­tacle. « En uti­li­sant la chan­son qu’on aime, qu’on fre­donne, un mes­sage peut, quel qu’il soit, de­ve­nir agréable, es­time le créa­teur. C’est un moyen ef­fi­cace. »

Le spec­tacle va bien au-de­là de la chan­son. « Cette chan­son qui, à pre­mière vue, peut sem­bler ano­dine, agréable et in­of­fen­sive, peut de­ve­nir l’ordre au­quel il faut main­te­nant obéir », pré­cise

le met­teur en scène.

UN DÉ­FI DE TAILLE

Pour lui, le dé­fi était de di­ri­ger sur scène 50 per­sonnes à la fois. Rien de fa­cile, certes. « De plus, on ne part par avec un texte dé­jà écrit comme on le fait dans une pièce de théâtre conven­tion­nelle. La créa­tion s’est réa­li­sée live au fil des ré­pé­ti­tions », confie le met­teur en scène.

L’au­teur es­père que les spec­ta­teurs sor­ti­ront de la salle avec la mé­lo­die et les pa­roles en tête. Il sou­haite éga­le­ment une prise de conscience, car se­lon lui, il y a ma­tière à ré­flexion par le biais des mes­sages vé­hi­cu­lés dans cette pièce.

UNE SUR­PRISE POUR CHAQUE SPEC­TACLE

Si les 50 co­mé­diens sur scène ne sont pas des chan­teurs pro­fes­sion­nels, il y au­ra ce­pen­dant une sur­prise à chaque spec­tacle. C’est qu’un chan­teur ou une chan­teuse pro­fes­sion­nel(le), connu(e) pu­bli­que­ment vien­dra sur scène in­ter­pré­ter une chan­son. Il s’agi­ra d’une per­sonne dif­fé­rente à chaque re­pré­sen­ta­tion.

Oli­vier Choi­nière s’im­pose de­puis quelques an­nées comme l’une des fi­gu- res les plus no­va­trices du théâtre, pré­oc­cu­pé par la culture de masse qui condi­tionne la vie so­ciale et la scène po­li­tique.

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