BON, MAIS NÉAN­MOINS DÉ­CE­VANT

Ah ! Mau­dit soit le dé­mon de la ten­ta­tion. Parce que Dia­blo III est une ex­pé­rience im­pos­sible à igno­rer, mais dif­fi­cile à ai­mer.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Steve Tilley Agence QMI

Dia­blo III est la suite tant, tant at­ten­due de Dia­blo II (2000) et de Dia­blo (1996), deux des jeux vi­déo pour PC les plus ap­pré­ciés de tous les temps.

À l’époque, des joueurs au­jourd’hui adultes ont pas­sé d’in­nom­brables heures dans ces don­jons in­fes­tés de monstres, tou­jours en quête du pro­chain bu­tin épique.

ÉQUI­LIBRE

Dia­blo III cherche à éta­blir un équi­libre dé­li­cat entre la fi­dé­li­té aux pre­miers jeux et l’in­tro­duc­tion de nou­velles idées. Cer­tains de ces chan­ge­ments sont réus­sis et d’autres, pas du tout.

De plus, des en­nuis tech­niques sont ve­nus trou­bler le lan­ce­ment du jeu, ce qui a sou­ve­rai­ne­ment dé­plu à de nom­breux ama­teurs de longue date.

L’ac­tion du jeu prend place dans le lieu fan­tas­tique fa­mi­lier ap­pe­lé Sanc­tuaire, où un étran­ger mys­té- rieux – un ange, peut-être – est tom­bé du ciel. Son ar­ri­vée an­nonce l’éveil d’une force ma­lé­fique an­ces­trale, et un nou­veau hé­ros de­vra se le­ver pour la vaincre.

Le joueur a le choix de cinq classes de per­son­nages bien va­riés – bar­bare, sor­cier, chas­seur de dé­mons, fé­ti­cheur ou moine – à in­car­ner pour se pro­me­ner dans le monde du jeu et ex­plo­rer ses don­jons, com­battre des monstres, trou­ver des tré­sors et dé­cou­vrir la suite de l’his­toire, soit en so­li­taire ou en groupe, où jus­qu’à quatre joueurs peuvent co­opé­rer.

Il y a tout ce à quoi on peut s’at­tendre d’un jeu Dia­blo. Beau­coup de clics de sou­ris, beau­coup de monstres à abattre et d’ob­jets à ra­mas­ser. Tout est là.

RIEN D'ÉPA­TANT

Le pro­blème fon­da­men­tal de Dia­blo III, c’est qu’il semble avoir été créé à l’in­té­rieur d’une bulle, iso­lé de tout contact avec le monde ex­té­rieur.

Plu­sieurs autres jeux ont vu le jour à par­tir de la ma­trice créée par Dia­blo et grâce, par exemple, à Tor­chlight et à une sé­rie El­der Scrolls en constante évo­lu­tion, nous avons été ha­bi­tués à nous at­tendre à plus d’in­no­va­tion dans nos sys­tèmes de jeu, à plus de viande dans nos his­toires, à plus d’op­tions pour per­son­na­li­ser nos per­son­nages, à plus de vi­suels épa­tants et à plus d’ef­forts in­ves­tis dans le scé­na­rio. À plus que ce qu’offre Dia­blo III, en tout cas.

Les chan­ge­ments ap­por­tés à l’ex­pé­rience Dia­blo ne sont d’ailleurs pas tous heu­reux : son sys­tème de com­pé­tences trans­for­mé est quelque peu confus, la ges­tion des ren­for­ce­ments est ri­gide et le jeu in­tro­duit une mai­son d’en­chères où des joueurs pa­res­seux peuvent se pro­cu­rer des ob­jets très puis­sants ou les vendre contre de l’ar­gent vé­ri­table.

L’in­no­va­tion est une chose po­si­tive, mais à condi­tion de ser­vir l’es­prit du jeu.

Dia­blo III of­fri­ra beau­coup de mil­lage, grâce à la na­ture se­mi- aléa­toire de ses don­jons, à une quan­ti­té gé­né- reuse de dé­fis à re­le­ver et à la pos­si­bi­li­té d’in­car­ner, à vo­lon­té, l’une ou l’autre des classes très va­riées de per­son­nages.

Tou­te­fois, pour un jeu qui s’est fait at­tendre pen­dant plus d’une dé­cen­nie, Dia­blo III n’at­teint pas le ni­veau des at­tentes qu’il de­vait com­bler. Le jeu est vrai­ment pas mal, certes, mais juste pas aus­si bon que nous l’es­pé­rions. Diable.

VER­DICT

L’es­sence de l’ex­pé­rience Dia­blo est pré­sente, mais des dé­tails agacent, no­tam­ment une en­nuyante connexion obli­ga­toire et une mé­ca­nique étran­ge­ment re­pen­sée.

Fa­cile à ap­pré­cier, dif­fi­cile à ai­mer.

JEUX VI­DÉO

DIA­BLO III

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