PRO­ME­THEUS

La seule évo­ca­tion du nom de Rid­ley Scott suf­fit à faire sa­li­ver les ci­né­philes. Le ci­néaste d’alien et Blade Run­ner re­vient, avec Pro­me­theus, à ses pre­mières amours : la science-fic­tion.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Et voi­ci ce qu’on a ap­pris de l’un des films les plus at­ten­dus de l’été, en­tou­ré d’un se­cret ja­lou­se­ment pro­té­gé par les stu­dios. DE L’ADN RÉ­SO­LU­MENT EX­TRA­TER­RESTRE

La ques­tion de sa­voir si Pro­me­theus était une suite ou un « pré­quel » à

Alien a agi­té les ad­mi­ra­teurs pen­dant de longs mois. « La vie de Pro­me­theus a dé­bu­té il y a des an­nées sous la forme d’un an­té­pi­sode d’alien, mais a consi­dé­ra­ble­ment évo­lué au fil des ans et ap­par­tient main­te­nant à un uni­vers to­ta­le­ment dif­fé­rent », a fait sa­voir Rid­ley Scott.

Le ci­néaste dé­crit les ci­né­philes ac­tuels comme « sur­ga­vés » de scien­ce­fic­tion, de monstres et d’ac­tion.

« Je vou­lais re­ve­nir au genre uni­que­ment s’il y avait une his­toire unique et ori­gi­nale à ra­con­ter », a dit le cé­lèbre réa­li­sa­teur et pro­duc­teur.

À LA RE­CHERCHE DE DIEU

Le titre du film n’a pas été choi­si par ha­sard, Scott fai­sant ré­fé­rence au mythe de Pro­mé­thée qui avait dé­ro­bé le feu des dieux pour le par­ta­ger avec les hu­mains. Et il fut dure- ment pu­ni pour avoir osé dé­fier le pou­voir su­prême. « Quelque chose est res­té en moi après Alien. D’où ve­nait le “Space Jo­ckey”? Quelle était sa mis­sion ? De quelle tech­no­lo­gie se ser­vait-il ? Toutes ces in­ter­ro­ga­tions servent de trem­plin à des concepts beau­coup plus vastes. » Le vais­seau d’ex­plo­ra­tion Pro­me­theus em­mène donc des scien­ti­fiques vers ce qu’ils pensent être leurs créa­teurs.

DES FEMMES FORTES

À l’ins­tar de Ri­pley (Si­gour­ney Wea­ver dans Alien) ou G.I. Jane (De­mi Moore dans le film du même nom) et même Thelma et Louise (Gee­na Da­vis et Su­san Sa­ran­don), les pro­ta­go­nistes sont des femmes qui ne s’en laissent pas comp­ter. Shaw (Noo­mi Ra­pace), par­tage la di­rec­tion de l’ex­pé­di­tion avec Hol­lo­way (Lo­gan Mar­shall-green). Elle est croyante et per­sua­dée de par­tir à la ren­contre des dieux. Char­lize The­ron in­carne Me­re­dith Vi­ckers, l’une des di­ri­geantes de Wey­land In­dus­tries qui s’est jointe à l’ex­pé­di­tion pour dé­fendre les in­té­rêts né­bu­leux de la com­pa­gnie.

UN RO­BOT PRESQUE HU­MAIN

Da­vid (Mi­chael Fass­ben­der) est un hu­ma­noïde ex­trê­me­ment évo­lué. C’est un peu le concierge du Pro­me­theus, qu’il bi­chonne en at­ten­dant que l’équi­page sorte de son som­meil ar­ti­fi­ciel.

Mais ses cir­cuits élec­tro­niques ne l’em­pêchent pas d’avoir des com­por­te­ments ra­di­ca­le­ment hu­mains... comme de re­gar­der Lau­rence d’ara­bie en boucle !

LA SI­GNA­TURE RID­LEY SCOTT

Mal­gré le fait que le long mé­trage se dé­roule sur un vais­seau spa­tial et une pla­nète in­con­nue, le ci­néaste a te­nu à construire des dé­cors, re­lé­guant les écrans verts et les or­di­na­teurs aux ou­bliettes.

« Il se pro­duit des choses ins­tinc­tives quand on tourne dans de vrais dé­cors. Les ac­teurs agissent de ma­nière plus na­tu­relle parce que ce qui est au­tour d’eux est réel. Si l’on veut faire peur au pu­blic et gé­né­rer des émo­tions, c’est la seule ma­nière de pro­cé­der », a dit Mi­chael El­len­berg, l’un des pro­duc­teurs exé­cu­tifs.

Quant aux créa­tures — vues dans le film à dif­fé­rentes étapes de leur évo­lu­tion —, elles ont été soi­gneu­se­ment ima­gi­nées par Rid­ley Scott.

« Ses ré­fé­rences pro­viennent de la na­ture : les ani­maux ma­rins, les plantes, etc. Rien n’est in­ven­té », a in­di­qué Co­nor O’sul­li­van, le re­spon- sable de la créa­tion de ces êtres d’un autre monde.

CO­TÉ « R » CHEZ NOS VOI­SINS

Au dé­but de la pro­duc­tion, Rid­ley Scott et les stu­dios 20th Cen­tu­ry Fox s’étaient un peu heur­tés. En ef­fet, le réa­li­sa­teur vou­lait un bud­get de 250 mil­lions $, ce que les pro­duc­teurs n’avaient pas en­vie de dé­blo­quer sans une cote « PG 13 » ga­ran­tis­sant un plus grand nombre de ci­né­philes dans les salles obs­cures.

Fi­na­le­ment, c’est le ci­néaste qui a ob­te­nu gain de cause : le film pré­sen­té se­ra conforme à sa vi­sion. Quant au bud­get, on parle d’une somme com­prise entre 130 mil­lions $ et 150 mil­lions $.

Mais au-de­là des chiffres, Rid­ley Scott re­vient à un genre qu’il a contri­bué à fa­çon­ner et pro­met au pu­blic « quelque chose de com­plè­te­ment in­at­ten­du. »

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