BEAU­COUP DE PLACE

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais LOUISE.BOUR­BON­NAIS@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Le Théâtre de St-Sau­veur pré­sen­te­ra, à comp­ter du 13 juin, une co­mé­die fan­tas­tique de l’au­teur bri­tan­nique, Noël Co­ward, écrite en 1941, Blithe Spi­rit, et qui se­ra à l’af­fiche pour toute la sai­son es­ti­vale. L’adap­ta­tion qué­bé­coise, Pré­sence d’es­prits, dont la dis­tri­bu­tion est com­po­sée de So­phie Fau­cher, Bri­gitte Pa­quette, Ge­ne­viève Be­lisle, Hen­ri Chas­sé, Isa­belle Brouillette et Steve La­plante, ra­conte l’his­toire d’un écri­vain qui fait ap­pel à une mé­dium pour l’ai­der dans l’écri­ture de son pro­chain ro­man.

La ver­sion ori­gi­nale de la pièce, Blithe Spi­rit, a d’abord joué à Londres en 1941, où elle a été pré­sen­tée près de 2000 fois. La pièce de Noël Co­ward s’est en­suite trans­por­tée vers Broad­way où elle a aus­si connu un franc suc­cès avant d’être adap­tée au ci­né­ma en 1945. En plus d’avoir été jouée au pe­tit écran dans les an­nées 1950 pour une dé­cen­nie, la pièce a re­pris vie en 2004, et plus ré­cem­ment en 2011 no­tam­ment en An­gle­terre. Connu éga­le­ment sous le nom L’es­prit s’amuse, la pièce met de l’avant une séance de spi­ri­tisme qui tour­ne­ra vers une aven­ture im­pré­vue.

Si vous êtes de ceux qui aiment consul­ter une voyante ou un mé­dium, vous se­rez sans doute fas­ci­né par l’his­toire. Et si vous êtes sim­ple­ment cu­rieux ou même sep­tique, il y a de bonnes chances que vous pre­niez plai­sir à as­sis­ter à une séance de spi­ri­tisme qui au­ra lieu en di­rect sur les planches.

So­phie Fau­cher qui in­carne une ex­tra­va­gante mé­dium, Ma­dame Ar­ca­ti, se dit plu­tôt scep­tique face au su­jet, néan- moins, elle prend un vé­ri­table plai­sir à jouer ce rôle. «Mon plus grand dé­fi est d’être cré­dible en in­ter­pré­tant une mé­dium qui semble vivre sur une autre pla­nète que la nôtre, lance la co­mé­dienne. Il s’agit d’un per­son­nage très co­lo­ré et à la fois bo­hème et ex­cen­trique, une femme qui tra­vaille prin­ci­pa­le­ment comme au­teure de livres pour en­fants, en de­hors de ses consul­ta­tions de clair­voyance.»

UNE MA­TÉ­RIA­LI­SA­TION

Ain­si, un cé­lèbre ro­man­cier, Charles Con­do­mine, a l’in­ten­tion de s’at­ta­quer à l’écri­ture d’un livre sur le spi­ri­tisme. «Afin de do­cu­men­ter son ou­vrage, il fe­ra ap­pel à mon per­son­nage, Ma­dame Ar­ca­ti, en l’in­vi­tant chez lui», ex­plique So­phie Fau­cher. «Charles est en couple avec Ruth, sa deuxième femme, for­mant un couple qui se sup­porte, sans plus.»

Au cours de cette soi­rée par­ti­cu­lière, Ma­dame Ar­ca­ti va in­vo­quer les es­prits et sans le vou­loir, elle fe­ra ap­pa­raître la pre­mière femme de Charles, El­vi­ra, dé­cé­dée quelques an­nées au­pa­ra­vant.

«Il s’agit d’une ma­té­ria­li­sa­tion, ce qu’elle n’était ja­mais par­ve­nue à réa­li­ser au­pa­ra­vant, ra­conte l’ac­trice. Elle est la pre­mière sur­prise de son ex­ploit.

Pour elle c’est l’apo­théose.»

UNE HIS­TOIRE QUI SE COM­PLIQUE

Mais les choses vont se com­pli­quer. D’abord, Charles est le seul à pou­voir voir sa pre­mière femme ou même l’en­tendre. Pire, cette der­nière ne vou­dra pas par­tir. Charles ten­te­ra alors de se dé­bar­ras­ser du fan­tôme de son ex-femme, mais rien ne fonc­tion­ne­ra comme pré­vu.

Cette pré­sence d’es­prit pour­rait por­ter un coup fa­tal au couple, car El­vi­ra ai­me­rait voir le se­cond ma­riage de Charles se bri­ser, sou­hai­tant même sa mort dans l’es­poir qu’ils se re­trouvent en­semble dans l’au-de­là. «Cer­taines choses ne sont tou­jours pas ré­glées entre Charles et sa femme dé­cé­dée», sou­ligne So­phie Fau­cher.

À ce­la s’ajoute la bonne de la mai­son, qui n’est pas là par ha­sard. «La pièce est cam­pée au Qué­bec dans une fa­mille for­tu­née » , ré­vèle le met­teur en scène, Jean-Guy Le­gault, qui as­so­cie l’en­droit où se dé­roule la pièce à une mai­son cos­sue d’Ou­tre­mont. «La bonne sert en quelque sorte de ca­nal étant un es­prit faible et vul­né­rable. Le ri­tuel de la me­dium a pro­vo­qué quelque chose, mais per­sonne ne se doute que c’est plu­tôt la pré­sence de la bonne qui a pro­vo­qué l’ap­pa­ri­tion d’El­vi­ra. »

Se­lon So­phie Fau­cher, outre une belle oc­ca­sion de s’amu­ser à tra­vers la co­mé­die, cette pièce nous fe­ra sans doute réa­li­ser à que point il est im­por­tant de ré­gler ses comptes alors que nous sommes en vie.

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