COU­LEUR PAS­SION

Vingt ans après la pa­ru­tion de son tout pre­mier al­bum, Axelle Red est de re­tour sous les pro­jec­teurs avec un nou­veau disque, Rouge ardent, qu’elle vien­dra nous pré­sen­ter dans quelques jours. Dis­cus­sion avec l’ar­tiste belge sur l’amour, le film In­to the Wi

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Ra­phaël Gen­dron-Martin RA­PHAEL.GEN­DRON-MARTIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Au bout du fil, Axelle Red ne manque pas d’en­thou­siasme lorsque vient le temps de par­ler de son nou­veau disque, pa­ru ici en mars der­nier.

«Ç’a été mon al­bum le plus fa­cile à faire. Je ne sais pas pour­quoi! J’aime tou­jours lais­ser un peu de temps entre les en­re­gis­tre­ments, prendre des pauses. Je ne sais pas comment les Beatles fai­saient pour en­re­gis­trer tout en stu­dio avant de sor­tir.»

Alors qu’elle s’était re­fu­sé d’abor­der le thème de l’amour sur ses trois al­bums pré­cé­dents, l’ar­tiste de 45 ans a dé­ci­dé de re­ve­nir vers ce thème uni­ver­sel et in­dé­mo­dable.

«Je trou­vais que j’avais le droit d’écrire là­des­sus. Je suis une au­teure qui a écrit sur beau­coup de thèmes dif­fé­rents, comme la drogue, l’ex­tré­misme, les vio­lents sexuels et les mines an­ti­per­son­nelles.»

En pleine qua­ran­taine, elle as­sure que sa vi­sion de l’amour n’a pas chan­gé. «J’ai tou­jours été as­sez naïve en croyant qu’il existe un amour éter­nel. Je suis d’un grand ro­man­tisme, en fait. Une chance, car je suis avec la même per­sonne de­puis 20 ans!»

FEU ET TERRE

Le titre Rouge ardent fait ré­fé­rence à «la vie, à la mort, à l’amour, à quelque chose de puis­sant, au feu, aux flammes, ré­pond-elle. Dans rouge ardent, il y a le mot feu, mais je vois aus­si la terre, là-de­dans. C’est émo­tion­nel.»

Pour conce­voir cet al­bum, elle s’est ins­pi­rée du per­son­nage du film In­to the Wild, réa­li­sé par Sean Penn. Dans ce film, le jeune homme pla­quait tout pour se rendre en Alas­ka.

«J’avais en­vie d’écrire sur ce per­son­nage qui part dans la na­ture, en y ajou­tant un autre élé­ment avec un amour d’en­fance. J’ai trou­vé l’idée ori­gi­nale. On tombe dans les sa­gas comme Ro­méo et Ju­liette, un amour avec des grandes pas­sions.»

«Le gar­çon ne part que pour lui, dans le film, je l’ai trou­vé hor­ri­ble­ment égoïste. Mais en même temps, je me suis dé­jà po­sé la ques­tion si j’al­lais quit­ter tout pour al­ler res­ter en Afrique.»

À la réa­li­sa­tion, elle a fait de nou­veau équipe avec Mark Pla­ti. «Il m’a dit qu’il y avait beau­coup de res­sem­blances dans la fa­çon dont tra­vaille Da­vid Bo­wie et moi. C’est quel­qu’un que je trouve de très ta­len­tueux. Il se met à l’écoute de l’ar­tiste. Pour ça, il faut vrai­ment avoir une oreille mu­si­cale.»

LA FRAέCHEUR DU DɭBUT

Ce nou­veau disque, Axelle Red le dé­crit comme étant moins «roots» et plus soul que le pré­cé­dent. «Mais il y a un élé­ment pop dans les mé­lo­dies, dans les chan­sons. Je vou­lais faire un al­bum avec un grand son, avec beau­coup de puis­sance. C’est l’al­bum de la ma­tu­ri­té, mais j’ai re­trou­vé en même temps la li­ber­té et la fraî­cheur du dé­but.»

L’al­bum ne du­rant que 33 mi­nutes, il se­ra joué en grande par­tie dans le concert que l’ar­tiste vien­dra pré­sen­ter aux Fran­co­Fo­lies, dans quelques jours.

«Je joue aus­si beau­coup d’an­ciens titres. Je me per­mets tou­jours d’en­le­ver quelques grands suc­cès pour pou­voir les re­jouer la tour­née d’après avec au­tant de plai­sir. Mais j’en joue suf­fi­sam­ment aus­si pour que le pu­blic soit heu­reux.»

LA FIER­TÉ DES QUÉ­BÉ­COIS

«Le Qué­bec me manque beau­coup et je suis très heu­reuse de re­ve­nir, dit-elle. Pen­dant des an­nées, je suis ve­nue énor­mé­ment. Mais en­suite, les cir­cons­tances ont chan­gé. Il faut que les ra­dios jouent les titres pour que l’on vienne en concert. Ce n’est pas que je ne vou­lais pas ve­nir. J’ai même de la fa­mille à Mon­tréal, parce que deux frères de ma grand-mère y ha­bitent.»

Ce qu’elle aime par­ti­cu­liè­re­ment des Qué­bé­cois? «Ils aiment leur pays, ré­pon­delle. Un peu comme les Belges, nous avons une ou­ver­ture d’es­prit, car nous avons plu­sieurs cultures qui se re­joignent. Mais je trouve que les Belges sont moins fiers de leur ter­ri­toire que les Qué­bé­cois. Je trouve ça char­mant que vous soyez aus­si fiers de ce qui vient de chez vous. C’est tou­chant.» ∂ Axelle Red se­ra en spec­tacle gra­tuit le 21 juin sur la Scène Ford. ∂ L’al­bum Rouge ardent est pré­sen­te­ment sur le mar­ché.

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