RE­PRO­DUIRE Love PLU­TÔT QUE Vi­va El­vis

LAS VE­GAS | En s’at­ta­quant à l’oeuvre des Beatles, il y a quelques an­nées, le Cirque du So­leil a eu la main heu­reuse, à Las Ve­gas, avec Love. L’ex­pé­rience a tou­te­fois été beau­coup moins concluante avec la fer­me­ture ré­cente du spec­tacle sur El­vis Pres­ley,

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Ra­phaël Gen­dron-Martin RA­PHAEL.GEN­DRON-MARTIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Il y a quelques an­nées, chaque nou­veau spec­tacle du Cirque du So­leil à Las Ve­gas était presque gage d’un suc­cès as­su­ré. Ac­cla­mées par la cri­tique, les pro­duc­tions de l’en­tre­prise qué­bé­coise étaient sy­no­nyme de qua­li­té et fai­saient cou­rir les foules.

Puis, des pro­blèmes ont com­men­cé à sur­ve­nir à l’étran­ger avec la fer­me­ture de quelques spec­tacles pour di­verses rai­sons. À Ve­gas, Vi­va El­vis n’a pu échap­per au cou­pe­ret, l’an der­nier, étant fi­na­le­ment rem­pla­cé par Zar­ka­na.

Cette se­maine, tous les yeux sont tour­nés sur Mi­chael Jack­son One, qui vient de s’amor­cer au Man­da­lay Bay. Le spec­tacle mu­si­cal et acro­ba­tique ral­lie­ra-t-il le pu­blic comme le fait Love de­puis sept ans?

DANSE ET ACRO­BA­TIE

En mai der­nier, le Cirque pré­sen­tait en pri­meur à la presse in­ter­na­tio­nale quatre nu­mé­ros du spec­tacle. En une ving­taine de mi­nutes, on a pu consta­ter à quel point la musique de Jack­son oc­cupe une place im­por­tante dans la pro­duc­tion.

La mise en scène de Ja­mie King, qui a aus­si tra­vaillé sur le spec­tacle de tour­née, Mi­chael Jack­son Im­mor­tal, pro­pose à la fois des élé­ments de danse cho­ré­gra­phiés avec de l’acro­ba­tie.

«Une des grandes forces de Ja­mie, c’est de mettre en scène d’une ma­nière mu­si­cale, dit Wel­by Al­ti­dor, di­rec­teur de créa­tion de One. Ce n’est pas pour rien que son ta­lent est re­cher­ché à tra­vers le monde. Agen­cer le tra­vail des dan­seurs et des acro­bates à la vidéo et la lu­mière, c’est beau­coup plus com­plexe qu’on pense. Il fal­lait le faire d’une ma­nière mu­si­cale, comme si on était dans un vi­déo­clip de Mi­chael.»

DOUBLE HÉ­RI­TAGE

L’im­por­tant dans ce spec­tacle était d’as­su­mer l’hé­ri­tage créa­tif de Mi­chael Jack­son et du Cirque du So­leil, dit Wel­by Al­ti­dor. «On au­rait pu es­sayer de re­pro­duire Thril­ler, mais c’est un clas­sique et ça ne ser­vait à rien. On ne pou­vait pas le faire.»

En re­gar­dant le cor­pus de tra­vail de Jack­son, Wel­by Al­ti­dor s’est aper­çu à quel point le dé­funt ar­tiste avait une connexion avec la mode ur­baine.

«Quel­qu’un de sa suc­ces­sion a dit: n’ou­blions pas qu’il était un ur­ban en­ter­tai­ner. Ça vient vrai­ment cher­cher dans toute la cul­ture po­pu­laire, la connexion avec les gangs de rue et tous les mou­ve­ments de danse ur­baine qu’il a uti­li­sés.»

«Tra­vailler sur ce nou­veau spec­tacle nous a per­mis de re­vi­si­ter son oeuvre et de prendre conscience de toute la créa­ti­vi­té qu’il avait. Oui, il y avait tout ce cô­té ta­bloïd et pa­pa­raz­zi, mais il y avait aus­si le gars avec une créa­ti­vi­té hors du com­mun. Même au­jourd’hui, quand on écoute sa musique, il n’y a rien qui sonne comme ça. Il es­sayait tou­jours d’in­no­ver.»

EN­VI­RON­NE­MENT PLUS CONTRÔ­LÉ

Créer un deuxième spec­tacle du Cirque du So­leil sur Mi­chael Jack­son a aus­si per­mis à Ja­mie King d’ex­plo­rer d’autres fa­cettes qu’il n’avait pu tou­cher dans la pre­mière pro­duc­tion.

«Il y a le mou­ve­ment de Mi­chael dans le monde de l’acro­ba­tie, comment on ma­rie ces deux mondes-là, dit Wel­by Al­ti­dor. On a aus­si vou­lu adop­ter une ap­proche plus théâ­trale. On mêle au­tant le spec­ta­cu­laire avec la poé­sie, l’in­ven­tion vi­suelle avec le gran­diose. Puis on per­met aus­si des mo­ments qui sont beau­coup plus in­times. Le théâtre du Man­da­lay Bay, avec ses 1800 places, nous per­met de faire ça. C’est un en­vi­ron­ne­ment beau­coup plus contrô­lé que dans un aré­na.»

Et en­fin, il y a les hits de Mi­chael Jack­son, qui sont beau­coup plus nom­breux dans One que dans Im­mor­tal. «Une des choses que les gens nous ont ex­pri­mées du pre­mier spec­tacle, c’est qu’ils au­raient vrai­ment ai­mé pou­voir en­tendre plus de hits. Dans ce nou­veau spec­tacle, plus de 70% des chan­sons sont des nu­mé­ros un.» Mi­chael Jack­son One est pré­sen­te­ment à l’af­fiche du théâtre du Man­da­lay Bay, à Las Ve­gas.

PHO­TOS D’AR­CHIVES

CIRQUE DU SO­LEIL

MI­CHAEL JACK­SON ONE

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