DES FEMMES

Il y a deux ans, Bri­des­maids, aus­si connu comme le Len­de­main de veille des filles, avait pris les écrans d’as­saut et était de­ve­nu un suc­cès­sur­prise au box-of­fice.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek Agence QMI

C’était la preuve que les femmes vou­laient de la co­mé­die vul­gaire, des mo­ments d’hu­mi­lia­tion pu­blique et du chaos éthylique... comme les mecs fi­na­le­ment. Une nou­velle ère s’amor­çait pour des «films de filles» dé­goû­tants.

Au­jourd’hui, Paul Feig, réa­li­sa­teur de Bri­des­maids, re­vient avec une nou­velle co­mé­die «de mecs», mais pour filles, en fé­mi­ni­sant le fa­meux couple de flics. Dans ce cas, Sandra Bul­lock, l’agente qui fonc­tionne se­lon les règles et Me­lis­sa McCar­thy, celle qui est terre-à-terre, s’as­so­cient dans Duo d’en­fer. Et si l’une d’elles était noire, le cli­ché se­rait com­plet!

McCar­thy est la seule per­sonne qui semble avoir pro­fi­té de cette «re­nais­sance» de la co­mé­die fé­mi­nine. De­puis Bri- des­maids, et en plus de son sit­com Mike & Mol­ly, on l’a vue dans tous les films pos­sibles et ima­gi­nables...

À part ça, rien n’a vé­ri­ta­ble­ment évo­lué. Kris­ten Wiig, la ve­dette de Bri­de­maids et l’hu­mo­riste la plus drôle à être is­sue de Sa­tur­day Night Live, n’a pas exac­te­ment vu sa car­rière ex­plo­ser de­puis qu’elle a quit­té l’émis­sion. Et sa co­ve­dette, Maya Ru­dolph, se­ra bien­tôt la troi­sième femme d’Adam Sand­ler dans Grandes per­sonnes 2.

Pen­dant ce temps, la lea­der du mou­ve­ment des co­mé­dies de femmes, Ti­na Fey, a vu sa té­lé­sé­rie 30 Rock an­nu­lée et se­ra bien­tôt à l’af­fiche du deuxième film des Mup­pets.

MANQUE DE RÉA­LI­SA­TRICE

La chose à sou­li­gner dans ce boom des co­mé­dies de filles qui n’en est pas un est que les réa­li­sa­trices n’y ont pas pris part. C’est d’ailleurs vrai de tous les «grands mo­ments fé­mi­nins au ci­né­ma» de­puis le loin­tain Thel­ma et Louise de Rid­ley Scott. Il y a bien peu de femmes der­rière la ca­mé­ra et, si elles cherchent à se faire res­pec­ter, la der­nière chose qu’elles réa­li­se­ront est une co­mé­die. La Ca­na­dienne Sa­rah Polley, après avoir ob­te­nu Sa­rah Sil­ver­man et Seth Ro­gen pour son Take This Waltz a ra­pi­de­ment ras­su­ré le pu­blic quant au fait que ce n’était pas une co­mé­die.

Ceux qui se­raient ten­tés de lui je­ter la pierre de­vraient re­gar­der le sort qui est ré­ser­vé aux hu­mo­ristes fé­mi­nines au grand écran. Pen­ny Mar­shall ( Une ligue en ju­pons) a pris sa re­traite. No­ra Ephron ( Vous avez un mes­sage) est morte. Et per­sonne ne sait ce qui s’est pas­sé avec les car­rières de Amy He­cker­ling ( Les col­lé­giennes de Be­ver­ly Hills) et Pe­ne­lope Sphee­ris ( Le monde se­lon Wayne).

La paix en Pa­les­tine a plus de chances de se pro­duire qu’une co­mé­die si­gnée par Ka­thryn Bi­ge­low, réa­li­sa­trice os­ca­ri­sée.

LES FEMMES SONT DRÔLES

Rien de tout ce­la ne jus­ti­fie le «Les femmes sont-elles vrai­ment drôles?», ques­tion qui cir­cule abon­dam­ment. Les femmes drôles le sont (comme les hommes, d’ailleurs), et cer­taines sont d’ailleurs réel­le­ment douées (on pense à Lizz Wins­tead et Ma­de­leine Smi­th­berg qui ont créé The Dai­ly Show et qui, ce fai­sant, ont re­don­né vie à l’hu­mour politique).

Notre Temple de la re­nom­mée dé­bu­te­rait avec Ca­me­ron Diaz, pour son Ma­rie a un je-ne-sais-quoi et son Sale prof. De l’autre cô­té de ce conti­nuum d’es­pa­ce­temps, je vais me li­vrer à une pré­dic­tion de «fu­ture hu­mo­riste» en la per­sonne de Maude Apa­tow, 14 ans, qui a vo­lé la ve­dette dans This Is 40, le film de son père. Si un pro­duc­teur hol­ly­woo­dien prend note de son ta­lent, qui sait jus­qu’où cette pe­tite ira.

Évi­dem­ment, im­pos­sible de pas­ser à cô­té d’Au­brey Pla­za ( Parks and Re­crea­tion, Sa­fe­ty Not Gua­ran­teed), Wan­da Skykes (il y a une rai­son pour la­quelle Ch­ris Rock l’avait en­ga­gée avec Louis C.K. il y a quelques an­nées), Kris­ten Schaal ( Flight of the Con­chords), Sa­man­tha Bee, Amy Schu­mer (du drô­le­ment sca­breux In­side Amy Schu­mer) ain­si que Sa­rah Sil­ver­man, dé­jà men­tion­née, qui a mis à pro­fit sa re­la­tion avec Jim­my Kim­mel dans une vidéo vi­rale de rup­ture, in­ti­tu­lée I'm F---ing Matt Da­mon.

Et main­te­nant, il ne me reste plus qu’à en­cou­ra­ger l’une — ou plu­sieurs — d’entre vous à vous y mettre et à réa­li­ser en­core plus de co­mé­dies.

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