Le dé­fi d’in­car­ner une femme qui a tué son en­fant

Pour son pre­mier rôle d’im­por­tance au pe­tit écran, dans Uni­té 9, Ge­ne­viève Sch­midt entre par la grande porte de la pri­son de Liet­te­ville, avec un «ma­gni­fique dé­fi» : ce­lui d’in­ter­pré­ter la contro­ver­sée Jes­si­ca Poi­rier, ac­cu­sée du meurtre de son en­fant. Mê

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - San­dra Go­din SAN­DRA.GO­DIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

En­trée sur le tard à l’École na­tio­nale de théâtre, où elle a gradué en 2008, à 30 ans, Ge­ne­viève Sch­midt s’orien­tait pour une car­rière sur les planches. Fille d’un pro­duc­teur de théâtre d’été, ce sont les per­son­nages qui l’in­té­ressent d’abord.

«Je suis une fille de créa­tion; alors, j’aime les per­son­nages in­té­res­sants, peu im­porte où on les joue, a confié Ge­ne­viève Sch­midt. J’adore me chan­ger, et j’étais contente de mon­trer une autre fa­cette au pu­blic et aux gens du mi­lieu.»

La blonde co­mé­dienne in­carne, dans Uni­té 9, une mère qui a tué son en­fant, une femme de peu de mots, au re­gard per­du, fra­gile. Dans la vie, Ge­ne­viève Sch­midt est éner­gique, sou­riante, al­lu­mée.

«Le per­son­nage m’a at­ti­ré pour le dé­fi, a-t-elle confié. J’es­saie de mon­trer sa culpa­bi­li­té; ce n’est pas tout noir, ce n’est pas tout blanc. Je ne veux pas que le pu­blic la voie comme une mau­vaise per­sonne. Et avec ce qu’elle a fait, c’est tout un chal­lenge. »

RE­MOUS

À cause de son crime, qu’elle a com­mis il y a deux ans − elle a sé­jour­né entre-temps dans un ins­ti­tut psy­chia­trique − Jes­si­ca Poi­rier cau­se­ra bien des re­mous à l’in­té­rieur de Liet­te­ville. «Cha­cun agi­ra dif­fé­rem­ment avec elle. Il va y avoir plus de com­pli­ci­té avec cer­taines, d’autres moins. Je vais res­ter quand même low pro­file du­rant ma pre­mière sai­son.»

Au dé­part, Ge­ne­viève Sch­midt avait au­di­tion­né pour le rôle de l’IPL Ca­ro­line, fi­na­le­ment cam­pé par Sa­lo­mé Cor­bo. Puis, en juin, on l’a rap­pe­lée pour au­di­tion­ner pour Jes­si­ca Poi­rier. «Je connais­sais son drame et sa condam­na­tion. Donc, j’ai dé­ci­dé d’ar­ri­ver à l’au­di­tion fa­ti­guée, pas ma­quillée, avec un vide en de­dans de moi.»

Deux se­maines plus tard, lors­qu’elle est en­trée dans l’uni­té, construite dans le sous-sol de Ra­dio-Ca­na­da, Ge­ne­viève Sch­midt a réa­li­sé, avec bon­heur, ce qu’elle ve­nait d’ac­cep­ter. «C’est mon pre­mier per­son­nage en conti­nui­té dans une sé­rie, et je le vois dans mon quo­ti­dien. Je m’en fais énor­mé­ment par­ler.»

MILLE ET UNE CHOSES

Même si Uni­té 9 est la sé­rie la plus po­pu­laire en ce mo­ment avec ap­proxi­ma­ti­ve­ment deux mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs chaque semaine, Ge­ne­viève Sch­midt n’a pas peur d’être éti­que­tée à ce rôle mar­quant. «Je suis ca­pable de mille et une choses, a-t-elle dit. Et je sais que je suis à l’op­po­sée de Jes­si­ca dans ma vie.»

D’ailleurs, le pu­blic pour­ra voir la co­mé­dienne dé­ployer tout son ta­lent sous un angle hu­mo­ris­tique, avec ses par­ti­ci­pa­tions à la sé­rie Les beaux ma­laises, scé­na­ri­sée par Mar­tin Matte, et dans Ces gars-là, de Su­gar Sam­my et Si­mon-Oli­vier Fec­teau. Les deux sé­ries se­ront dif­fu­sées à l’hi­ver, à TVA et à V. Le der­nier épi­sode d’Uni­té 9 avant la pé­riode des Fêtes se­ra dif­fu­sé mar­di, 20 h, à Ra­dio-Ca­na­da.

PHOTO COUR­TOI­SIE GE­NE­VIÈVE SCH­MIDT

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