Exit le gros nou­nours

Deux ans après la fin de la tour­née Gare au gros nou­nours, c’est un Ma­rio Jean re­nou­ve­lé qui pré­sen­te­ra son cin­quième spec­tacle so­lo cet hi­ver. Après plus de 20 ans de car­rière, l’heure est au bi­lan pour l’hu­mo­riste, qui a choi­si d’abor­der des su­jets univ

Le Journal de Montreal - Weekend - - ACTUALITÉS - San­dra Go­din SAN­DRA.GO­DIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

«Le spec­tacle au­rait pu s’ap­pe­ler Vous, Ma­rio, ex­plique-t-il, at­ta­blé dans un res­tau­rant de la ca­pi­tale. Je vou­lais par­tir de moi-même pour par­ler de mon pu­blic. Je veux que les gens se sentent concer­nés et je pense que c’est ça, le rôle de l’hu­mour, de prendre un mi­roir et de le mettre sur scène pour qu’on se re­garde de­dans. Je parle de moi, mais, dans le fond, je parle de vous autres.»

La di­plo­ma­tie, les ta­bous, le temps qui passe, la fra­gi­li­té de la vie, son as­cen­sion du Ki­li­mand­ja­ro, la vie de couple… à 48 ans, Ma­rio Jean s’est de­man­dé qui il est de­ve­nu.

«Ça doit être ca­rac­té­ris­tique de l’âge que j’ai, a-t-il bla­gué. Je fais un nu­mé­ro sur le Ki­li­mand­ja­ro, que j’ai mon­té il y a deux ans. Ç’a mar­qué ma vie. J’ai fait un pas à la fois et, dans le fond, la vie, c’est un peu ça. Je le ra­conte de fa­çon hu­mo­ris­tique en jouant le gars qui ne vou­lait pas y al­ler!»

IN­ÉVI­TABLE VIE DE COUPLE

Ma­rio Jean aime par­ler de sexua­li­té et de vie de couple, «la chose la plus dif­fi­cile à réus­sir dans la vie.» Des su­jets qui, en 2014, se re­trouvent dans toutes les dis­cus­sions.

«Si on n’est pas en couple, on cherche quel­qu’un, et si on est en couple, on cherche aus­si quel­qu’un d’autre. Je fais un pa­ral­lèle sur ce que c’était dans les an­nées 50. Et je me de­mande: si c’est ça, au­jourd’hui, ce se­ra quoi dans 50 ans?»

«J’ai un gars qui avait une blonde, et quand il vient me voir pour me dire qu’il l’a lais­sée, je ne sais pas com­ment ré­agir, pour­suit-il. Je suis am­bi­va­lent. J’ai en­vie de lui dire que c’est cor­rect, qu’il s’amuse, et j’au­rais aus­si en­vie de dire de ne pas se lâ­cher pour des conne­ries, qu’il faut construire l’amour par-des­sus les pe­tits pro­blèmes. Fi­na­le­ment, j’ai dé­ci­dé de ne pas m’en mê­ler!»

Ma­rio Jean est avec sa femme de­puis une tren­taine d’an­nées. «Tu vis des pro­blèmes, des confron­ta­tions, mais tes bon­heurs sont 20 fois plus grands, alors tu conti­nues. Je ne peux pas m’ima­gi­ner vieillir sans ma femme.»

LE BON­HEUR EST SUR SCÈNE

De­puis l’École na­tio­nale de l’hu­mour en 1991, Ma­rio Jean ne se lasse pas à l’idée de faire de la tour­née. «Ce qui m’al­lume, c’est l’ex­pé­rience du show, dit-il avec en­thou­siasme. J’aime mieux faire deux shows de 500 per­sonnes, qu’un seul de 1000. C’est comme des “je t’aime” pen­dant deux heures. Il n’y a pas une job comme ça. Le faire sou­vent, c’est ça, mon bon­heur.»

Il pro­met une mise en scène écla­tée, si­gnée Pier­reF­ran­çois Le­gendre, avec qui il avait col­la­bo­ré au der­nier ga­la Les Oli­vier. «Il me ra­mène au jeu, et c’est ce que j’aime parce que mes textes sont sou­vent construits à par­tir d’émo­tions.»

«Au ni­veau scé­no­gra­phique, il a eu de bonnes idées, at-il confié. Le dé­cor est “écoeurant”, et je trouve ça im­por­tant. Au prix que les gens paient, il faut qu’il y ait de la ma­gie. On fait quand même du show-bu­si­ness.»

Ma­rio Jean se­ra en spec­tacle du 13 au 15 fé­vrier à la salle Al­bert-Rous­seau de Qué­bec et à Mon­tréal du 22 au 26 avril au Théâtre St-De­nis. In­fos: ma­rio­jean.com.

PHOTO D’AR­CHIVES

MA­RIO JEAN

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