LA PRO DU MI­CRO

Ch­ris­tiane Char­rette aime le pe­tit écran avec pas­sion. Avec elle, par­ler té­lé n’est ja­mais une ex­pé­rience ba­nale. Conver­sa­tion avec une pro du mi­cro, à quelques jours du re­tour en ondes de 125, Ma­rie-Anne, son talk-show es­ti­val à Té­lé-Qué­bec.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Marc-An­dré Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal

Après avoir été dif­fu­sé les di­manches, 125, Ma­rieAnne re­noue avec les ven­dre­dis soir cette an­née pour évi­ter la com­pé­ti­tion du nou­veau talk-show de Pé­né­lope McQuade et Jean-Luc Mon­grain à Ra­dio-Ca­na­da. Com­ment ce chan­ge­ment de case ho­raire af­fec­te­ra-t-il votre émis­sion?

Les in­vi­tés ar­ri­ve­ront peut-être dans un autre état d’es­prit cet été parce que l’at­mo­sphère est dif­fé­rente le ven­dre­di soir. C’est la fin de se­maine qui com­mence. On a deux jours de li­ber­té de­vant soi. Il y a quelque chose de fes­tif, de dé­con­trac­té… comme les «ca­sual Fri­days» au bu­reau. Le di­manche, c’est autre chose. C’est une jour­née où les gens sont chez eux. La se­maine re­com­mence le len­de­main, donc ils sortent moins. C’est un ex­cellent soir de té­lé­vi­sion. Tout le monde en parle a ins­tau­ré cette tra­di­tion ici. Al­lez-vous re­gar­der la nou­velle émis­sion de Pé­né­lope McQuade et Jean-Luc Mon­grain à Ra­dio-Ca­na­da le di­manche soir?

Ab­so­lu­ment. Je suis très cu­rieuse. Té­lé-Qué­bec a per­du sa di­rec­trice des pro­grammes cet hi­ver. Com­ment avez-vous ré­agi au dé­part de Do­mi­nique Cha­loult pour Ra­dio-Ca­na­da? C’était elle qui vous avait convain­cue d’ef­fec­tuer un re­tour à Té­lé-Qué­bec en 2013…

J’ai beau­coup d’es­time pour Do­mi­nique Cha­loult. C’était une com­plice ex­tra­or­di­naire. Do­mi­nique, c’est une vraie fille de té- lé. Elle a dé­jà été pro­duc­trice, donc elle sait com­ment ça fonc­tionne. C’est une per­sonne de ter­rain. Quand on lui parle de construction d’émis­sion, de conte­nu, de line-up… on parle à quel­qu’un qui connaît ça. Avec elle, on a tou­jours l’heure juste. Elle nous a épau­lés du­rant toute l’éla­bo­ra­tion de 125, Ma­rie-Anne. Té­lé-Qué­bec tra­verse une vague de com­pres­sions pré­sen­te­ment. Mi­chèle For­tin quit­te­ra éga­le­ment son poste de pré­si­den­te­di­rec­trice le 3 juillet pro­chain. Com­ment vi­vez-vous cette pé­riode d’in­cer­ti­tude?

Il vente fort dans mon mé­tier pré­sen­te­ment. Pas seule­ment à Té­lé-Qué­bec, mais par­tout ailleurs. Ra­dio-Ca­na­da a fait la man­chette toute l’an­née avec les cou­pures, le cos­tu­mier, etc. À Té­lé-Qué­bec, les postes de di­rec­tion changent, on doit com­po­ser avec des me­naces de com­pres­sions bud­gé­taires as­sez im­por­tantes… Le Té­lé-Qué­bec de 2014 n’est plus. Au­jourd’hui, c’est une page blanche. Qu’estce que la nou­velle di­rec­tion va dé­ci­der de faire? Je ne sais pas. Un nombre de plus en plus éle­vé de jour­na­listes et d’ani­ma­teurs vous citent en exemple quand vient le temps de par­ler des mo­dèles à suivre dans le mi­lieu. Com­ment pre­nez-vous ces com­pli­ments?

Ça me fait im­men­sé­ment plai­sir parce que j’ai été moi-même tou­chée par des gens au fil du temps. J’ai re­gar­dé le tra­vail d’autres per­sonnes pour m’ins­pi­rer, comme ce­lui de Thier­ry Ar­dis­son à Tout le monde en parle en France. Je suis donc contente d’en­tendre ça, mais c’est comme du cris­tal: je n’y touche pas trop, parce que tout est tel­le­ment fra­gile et éphé­mère dans notre mé­tier. On est tou­jours aus­si bon que notre der­nier show. Cet hi­ver, lors d’une confé­rence de presse concer­nant les Gé­meaux, Ju­lie Sny­der a ra­con­té qu’à titre de membre du ju­ry dans la ca­té­go­rie Meilleure ani­ma­trice, une an­née, elle avait vu des gens du mi­lieu mettre des zé­ros à cô­té de votre nom parce que vous aviez dé­jà fait beau­coup par­ler de vous et parce qu’il se­rait pré­fé­rable de «faire ga­gner quel­qu’un d’autre». Com­ment avez-vous ré­agi en en­ten­dant cette anec­dote?

J’ai été es­to­ma­quée. Vrai­ment. Ex­trê­me­ment sur­prise... Je me suis dit: «Si ça marche comme ça, les ju­rys, c’est plate!» Ils ont res­ser­ré les règles, donc j’es­père que ce genre de choses n’ar­ri­ve­ra plus. Da­vid Let­ter­man tire sa ré­vé­rence mer­cre­di pro­chain. Se­rez­vous au ren­dez-vous?

Cer­tai­ne­ment. J’ai beau­coup sui­vi Da­vid Let­ter­man à tra­vers les an­nées. Pré­sen­te­ment, je re­garde son émis­sion tous les soirs. C’est un homme très in­té­res­sant, un vrai pas­sion­né de té­lé­vi­sion, un vrai ma­ra­tho­nien... Je res­pecte beau­coup son tra­vail. J’ai pris plai­sir à re­gar­der tout ce qui s’est pas­sé avec les talk­shows amé­ri­cains cette an­née. Da­vid Let­ter­man a eu du flair. Il avait vu ve­nir ce vent de chan­ge­ment… ce chan­ge­ment de garde qui est sur­ve­nu avec Jim­my Kim­mel et Jim­my Fal­lon. De­puis qu’il a an­non­cé qu’il pre­nait sa re­traite, il est plus libre que ja­mais. Cette an­née, il y avait quelque chose de plus vrai dans son rap­port avec ses in­vi­tés. En ter­mi­nant, quel est votre coup de coeur té­lé ce prin­temps?

Ti­na Fey à Da­vid Let­ter­man. Quand elle a en­le­vé sa robe en pleine en­tre­vue pour dé­voi­ler tout son at­ti­rail en des­sous: sa gaine amin­cis­sante, etc. J’ai trou­vé ça gé­nial. Elle a toute mon ad­mi­ra­tion! Ça m’a éblouie! Elle a du guts, cette fille!

Ch­ris­tiane Char­rette re­prend les com­mandes de 125, Ma­rie-Anne à

Té­lé-Qué­bec ven­dre­di à 21 h. PHO­TO COUR­TOI­SIE CH­RIS­TIANE CHAR­RETTE

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