La ro­ckeuse com­blée par la scène

Celle qui fi­gure par­mi les icônes du rock au Qué­bec trouve que la mu­sique of­ferte par la re­lève en 2015 manque «de pé­tards, de flam­mèches». Mar­jo, qui pro­pose ac­tuel­le­ment ses plus grands suc­cès un peu par­tout en pro­vince, ne s’en cache pas: elle ne suit

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Sophie Cô­té Le Jour­nal de Qué­bec

«C’est plate. C’est trop doux, ça brasse pas. Y a pas as­sez de pé­tards, de flam­mèches… Ça pète pas!» sou­tient la chan­teuse, jointe au bout du fil lun­di. Elle af­firme ne pas être in­té­res­sée par l’offre mu­si­cale «or­di­naire» en 2015 et ne pas avoir le temps de la suivre non plus. Cu­rieu­se­ment, la chan­teuse dit écou­ter beau­coup de mu­sique clas­sique parce que celle-ci lui pro­cure un grand calme.

EN SPEC­TACLE PAR­TOUT AU QUÉ­BEC

Dix ans après la sor­tie de son der­nier al­bum de chan­sons ori­gi­nales, Tur­quoise, Mar­jo n’est pas pres­sée de re­tour­ner en stu­dio. La ro­ckeuse qué­bé­coise, qui fê­te­ra ses 62 ans en août, se dit dé­jà com­blée par la scène, alors qu’elle mul­ti­plie les spec­tacles. D’ailleurs, à tra­vers ce «tour­billon», comme elle l’ap­pelle, Mar­jo ef­fec­tue­ra éga­le­ment un re­tour aux sources en juillet en re­tour­nant s’éta­blir à Mon­tréal.

«Je re­tourne au ber­cail!» s’ex­clame-t-elle. Après quatre an­nées pas­sées dans Char­le­voix, puis les 11 der­nières dans les Lau­ren­tides, Mar­jo sou­haite se rap­pro­cher de sa fa­mille et fa­ci­li­ter ses dé­pla­ce­ments pour le tra­vail, ex­plique-t-elle.

Ain­si, à tra­vers son dé­mé­na­ge­ment, l’au­teure-com­po­si­trice-in­ter­prète se pro­dui­ra cet été dans plu­sieurs salles en pro­vince. «C’est “boo­ké”, j’en ai par­tout. Je m’oc­cupe», lance-t-elle. Pro­po­sant les suc­cès de Cor­beau et de son propre ré­per­toire, Mar­jo offre deux for­mules de spec­tacles: l’une avec un groupe, l’autre en trio (gui­tare, per­cus­sions, voix). Sans comp­ter qu’elle se­ra aus­si l’in­vi­tée, sur scène, de quelques ar­tistes, dont les Vi­kings, Alain-Fran­çois La­mon­tagne et Dan Bi­gras.

«La scène, c’est là que j’existe, c’est là que je suis bien.» L’ar­tiste as­sure ne rien avoir per­du de son en­train lé­gen­daire. «Ça vient pas me cher­cher, l’âge. Je suis en­core aus­si frin­gante qu’avant», af­firme celle qui se ré­jouit de voir des jeunes as­sis­ter à ses spec­tacles.

«J’en re­viens ja­mais, ça se ra­jeu­nit tout le temps. Ils sont tou­jours là, les 18 ans, ra­conte l’ar­tiste. Y a pu de rock’n’roll. On cherche ça, sou­tient-elle. Alors, c’est qui qu’ils viennent voir? C’est Mar­jo.»

PAS D’AL­BUM EN CHAN­TIER

Bien qu’elle ait évo­qué l’an der­nier la pos­si­bi­li­té de tra­vailler sur un nou­vel al­bum de chan­sons ori­gi­nales pro­chai­ne­ment, Mar­jo in­dique que rien n’est en route pour l’ins­tant. «Je n’ai pas le temps. C’est un rêve en de­ve­nir», ex­plique-t-elle, pré­ci­sant que de tra­vailler sur du nou­veau ma­té­riel n’est pas une ur­gence pour elle, tant la scène la nour­rit pré­sen­te­ment.

Celle qui gère main­te­nant sa car­rière seule, sans agent, semble être comme un pois­son dans l’eau. «J’adore ça! Je sais où je m’en vais exac­te­ment, pis y a pas per­sonne qui va me me­ner par le bout du nez. Je dé­teste me faire contrô­ler.» On re­con­naît bien là toute la fougue et la dé­ter­mi­na­tion de la femme de tête. Mar­jo se pro­dui­ra le 23 mai au Centre d’art La Cha­pelle de Qué­bec; le 29 mai au Théâtre Me­glab de Ma­lar­tic; le 5 juin à la Ca­bane chez Nathalie, à Saint-Ma­thieu-du-Parc, et les 16 et 17 juin, au ca­si­no de Mon­tréal. Mar­jo est éga­le­ment porte-pa­role du 24e Festival de la chan­son de Saint-Am­broise, qui se dé­rou­le­ra du 10 au 15 août pro­chain.

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