Les es­prits re­viennent au grand écran

C’était en 1982. Le réa­li­sa­teur Tobe Hoo­per a por­té à l’écran un scé­na­rio co­si­gné de Ste­ven Spiel­berg. Le film réa­li­sé avec un bud­get de 10 mil­lions $ a en­gran­gé 121 mil­lions $ au boxof­fice. Poltergeist et les es­prits frap­peurs se ma­ni­fes­tant dans un post

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

FA­MILLE

Il ne s’agit pas tant d’une nou­velle ver­sion de Poltergeist que d’une ex­plo­ra­tion plus mo­derne du même phé­no­mène. Écrit par Da­vid Lind­say-Abaire, réa­li­sé par Gil Ke­nan et pro­duit par Sam Rai­mi, ce long mé­trage d’épou­vante pro­met bien des sauts. Pour le pro­duc­teur prin­ci­pa­le­ment connu pour sa tri­lo­gie des Spi­der­Man avec To­bey McGuire dans le rô­le­titre, «l’art du sus­pense est dans la ma­nière de li­vrer la scène ain­si que le fait de jouer avec les at­tentes du pu­blic. Gil est de­ve­nu un vé­ri­table maître et Poltergeist va gar­der le pu­blic sous ten­sion.»

Ain­si, comme dans le pre­mier film, c’est une fa­mille qui est ter­ro­ri­sée par des es­prits ma­lé­fiques. Mais cette fois-ci, l’en­vi­ron­ne­ment tient un rôle non né­gli­geable – un su­jet af­fec­tion­né par le ci­néaste –, la mai­son étant construite sur un ci­me­tière, en plus du fait que la so­cié­té mo­derne est de plus en plus dé­con­nec­tée de la na­ture et que les fa­milles dé­com­po­sées sont une proie plus fa­cile pour les ec­to­plasmes ma­lé­fiques. Dans ce Poltergeist ver­sion 2015, ce sont les en­fants les plus jeunes, Mad­dy (Ken­ne­di Cle­ments) et Grif­fin (Kyle Cat­lett), qui, les pre­miers s’aper­çoivent que quelque chose ne tourne pas rond dans la nou­velle mai­son fa­mi­liale. Ken­dra (Saxon Shar­bi­no), l’ado­les­cente, de­vien­dra la pre­mière vic­time de ces ma­ni­fes­ta­tions sur­na­tu­relles, tan­dis que les pa­rents, Eric (Sam Ro­ck­well) et Amy (Ro­sema­rie DeWitt) de­vront tout faire pour ten­ter de sau­ver Mad­dy.

MAI­SON

La de­meure qui a été choi­sie par l’équipe de pro­duc­tion est une vraie mai­son si­tuée à Ha­mil­ton, en On­ta­rio. Ain­si que l’a ex­pli­qué Kalina Iva­nov, la chef dé­co­ra­trice, «elle re­pré­sente la fa­deur de l’ar­chi­tec­ture mo­derne. La mai­son est une sym­pho­nie de beiges». De plus, elle est si­tuée près de lignes à haute ten­sion, un élé­ment in­dis­pen­sable à l’in­trigue. Quant au gre­nier, il a été bâ­ti sur un pla­teau et est un amal­game de plu­sieurs gre­niers exis­tants. Kalina Iva­nov a pris soin de faire construire des murs ré­trac­tables et amo­vibles de ma­nière à don­ner l’im­pres­sion qu’ils s’en­volent dans les airs au plus fort des ma­ni­fes­ta­tions oc­cultes.

SUR­NA­TU­REL

Eric et Amy ne font pas ap­pel aux au­to­ri­tés quand Mad­dy dis­pa­raît, mais à des chas­seurs de fan­tômes, le doc­teur Po­well (Jane Adams) et ses as­sis­tants, Boyd (Ni­cho­las Braun) et Sophie (Su­san Hey­ward). De­vant la vio­lence de l’at­taque des es­prits frap­peurs, l’équipe n’au­ra d’autre choix que de faire ap­pel à un mé­dium, Car­ri­gan Burke, in­car­né par Ja­red Har­ris.

DRONE

Dans ce nou­veau Poltergeist, ce n’est pas la té­lé­vi­sion qui sert de moyen de trans­mis­sion entre l’au­de­là et les vi­vants, mais l’en­semble des ap­pa­reils élec­tro­niques, des té­lé­phones cel­lu­laires aux ta­blettes. De plus, un drone fait par­tie de l’ar­se­nal dont se servent les es­prits frap­peurs, Eric ache­tant l’un de ces en­gins ré­créa­tifs à son fils, Grif­fin. Ain­si que l’a sou­li­gné le réa­li­sa­teur: «Nous avons uti­li­sé un qua­dri­co­ptère com­pre­nant deux ca­mé­ras et que nous pi­lo­tions avec un té­lé­phone in­tel­li­gent ou une ta­blette. Non seule­ment nous avons pu in- cor­po­rer cet en­gin dans le scé­na­rio, mais nous l’avons uti­li­sé pour fil­mer cer­tains plans. La li­ber­té de mettre la ca­mé­ra n’im­porte où était vrai­ment très ap­pré­ciable!»

FRAYEURS

Pen­dant le tour­nage, l’équipe a été té­moin de plu­sieurs phé­no­mènes difficilement ex­pli­cables. «Le champ der­rière la mai­son nous a vrai­ment cau­sé des sou­cis. Gil vou­lait y tour­ner parce que c’était le seul en­droit du voi­si­nage lais­sé à l’état na­tu­rel. Or, cet es­pace to­ta­le­ment ou­vert créait des in­ter­fé­rences avec les mi­cro­phones uti­li­sés pour com­mu­ni­quer sur le pla­teau, les trans­mis­sions de nos té­lé­phones cel­lu­laires ain­si qu’avec les si­gnaux en­voyés par les opé­ra­teurs du drone et le drone. Le drone fonc­tion­nait par­fai­te­ment par­tout ailleurs, mais s’écra­sait dès que nous ten­tions de lui faire sur­vo­ler cet en­droit. C’était vrai­ment très étrange», a ra­con­té Sam Rai­mi.

Poltergeist fait fris­son­ner d’épou­vante dès le 22 mai.

POLTERGEIST

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