RE­PRENDRE GOÛT À LA VIE APRÈS LE DEUIL

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI Avec Blythe Dan­ner, Sam El­liot et Mar­tin Starr Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Dans I’ll See You in my Dreams, la mère de Gwy­neth Pal­trow, Blythe Dan­ner, in­carne une veuve sep­tua­gé­naire qui re­prend goût à la vie, un rôle qu’elle a re­çu comme un ca­deau.

À 72 ans, Blythe Dan­ner monte en­core ré­gu­liè­re­ment sur les planches des théâtres, tant à Broad­way qu’à Londres. Au ci­né­ma, on la voit ré­gu­liè­re­ment dans des rôles se­con­daires. Ac­tuel­le­ment, elle est à l’af­fiche de I’ll See You in my Dreams, écrit par Marc Basch et Brett Ha­ley et réa­li­sé par ce der­nier.

«J’ai re­çu le scé­na­rio, l’ai lu et me suis de­man­dé quel rôle ils vou­laient que je tienne. Vous sa­vez, je ne lis ja­mais les lettres qui ac­com­pagnent les scé­na­rios», a-t-elle confié lors d'une jour­née de pro­mo­tion du long-mé­trage. «J’ai im­mé­dia­te­ment été en­thou­siaste. En fait, je me de­mande en­core – et les autres ac­teurs aus­si – com­ment ce jeune homme [NDLR: il a 31 ans] a pu écrire cette his­toire au su­jet d’une femme de 70 ans.»

«Je me suis sen­tie éga­le­ment ac­ca­blée quand j’ai ap­pris que le tour­nage ne du­re­rait que 18 jours et que j’al­lais être dans toutes les scènes! Je crois que c’est mon ex­pé­rience du théâtre qui m’a per­mis d’y ar­ri­ver. […] Je n’ai que très ra­re­ment l’oc­ca­sion de jouer des femmes com­plexes pour le ci­né­ma et c’est pour cette rai­son que ce rôle est un vé­ri­table ca­deau.»

SCÉ­NA­RIO

I’ll See You in my Dreams fait par­tie de ces films qui s’adressent aux ba­by-boo­mers, clien­tèle de plus en plus pri­sée en rai­son du vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion. Le long­mé­trage s’ouvre avec la mort du chien de Ca­rol, un évé­ne­ment qui lui fait prendre conscience de la rou­tine de son exis­tence, pas­sée entre ses par­ties de bridge avec ses amies et ses jour­nées chez elle. Elle se lie d’ami­tié avec Lloyd (Mar­tin Starr), le jeune homme char­gé de l’en­tre­tien de sa pis­cine, tout en fai­sant la connais­sance de Bill (Sam El­liot), riche re­trai­té char­mant, avec qui elle a une re­la­tion amou­reuse.

«Tout était dans le scé­na­rio. D’ha­bi­tude, il faut que je m’isole et que je fouille en moi pour al­ler cher­cher tel ou tel as­pect [d’un per­son­nage]. Dans ce cas pré­cis, tout était là, ha­bi­le­ment et mer­veilleu­se­ment écrit. De plus, comme j’ai un cer­tain âge, je suis pas­sée à tra­vers une sé­rie de deuils, je n’ai eu qu’à pui­ser dans mon vé­cu pour avoir ac­cès à ces sen­ti­ments», a-t-elle in­di­qué.

«Je conserve un sou­ve­nir très étrange du tour­nage, a-t-elle pré­ci­sé. Je n’avais pas l’im­pres­sion de tour­ner un film, tant [ I’ll See You in my Dreams] est un par­tage d’ex­pé­riences de vie.»

Blythe Dan­ner a été ra­vie de pou­voir don­ner la ré­plique à Sam El­liott, elle qui n’avait ja­mais tra­vaillé avec lui au­pa­ra­vant. «Chaque fois que j’en­tends sa voix à la ra­dio, j’ar­rête ce que je fais tel­le­ment elle est sexy. J’étais un peu ner­veuse puisque nous de­vions nous em­bras­ser et que, dans une scène, nous cou­chons en­semble. Mais ces mo­ments ont été tel­le­ment bien fil­més que ce­la n’a ja­mais été in­con­for­table. Sam a ren­du le tout très simple. Je dois avouer que sa mous­tache blanche m’in­ti­mi­dait beau­coup [rires]».

Por­té à bout de bras par Blythe Dan­ner, I’ll See You in my Dreams est un sym­pa­thique long-mé­trage sur les amours des sep­tua­gé­naires.

I’ll See You in my Dreams se si­tue dans la li­gnée de ces longs mé­trages pour ba­byboo­mers (tels que Bien­ve­nue au Ma­ri­gold Ho­tel) qui abordent, avec beau­coup d’hu­mour, des su­jets aus­si graves que la ma­la­die, la vieillesse et la mort. Si ce long mé­trage com­prend une so­lide dose de plai­san­te­ries et de mo­ments co­casses, le cos­cé­na­riste se contente d’ef­fleu­rer des thé­ma­tiques plus sé­rieuses. Blythe Dan­ner, ex­cel­lente en Ca­rol, semble par­fois un peu su­per­fi­cielle, sur­tout quand on la com­pare aux per­son­nages in­car­nés par Ju­di Dench ou Mag­gie Smith dans l’ex­cellent Bien­ve­nue au Ma­ri­gold Ho­tel.

En fait, il manque au film de 92 mi­nutes une cer­taine fi­nesse que la dis­tri­bu­tion éblouis­sante ne par­vient pas à com­pen­ser. Mais que ce­la ne vous em­pêche pas d’al­ler le voir en salle, vous pas­se­rez un agréable mo­ment.

SA­ME­DI 30 MAI 2015

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.