LAURENT LA­FITTE

L’ac­teur fran­çais Laurent La­fitte est par­tout en ce mo­ment sur les écrans du Qué­bec. À l’af­fiche de Pa­pa ou ma­man, co­mé­die lou­foque avec Ma­ri­na Foïs, il est éga­le­ment dans Elle l’adore, suspense à l’hu­mour noir, et se re­trou­ve­ra dans Tris­tesse club le 10

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isabelle Hon­te­bey­rie Agence QMI

Jeanne Her­ry, fille de Miou-Miou et de Julien Clerc, signe, avec Elle l’adore, son pre­mier long-mé­trage en tant que scé­na­riste et réa­li­sa­trice. Un projet qu’elle a mis 10 ans à peau­fi­ner. «J’ai été contac­té un an avant le dé­but du tour­nage, a ex­pli­qué Laurent La­fitte en en­tre­tien té­lé­pho­nique. Sandrine [Ki­ber­lain, sa co­ve­dette], elle, était sur le film de­puis plus long­temps.»

Dès le dé­but, l’his­toire par­ti­cu­lière d’Elle l’adore a sé­duit l’ac­teur. Il y in­carne Vincent Lacroix, un chan­teur ex­trê­me­ment po­pu­laire, sui­vi de­puis des an­nées par une grou­pie, Mu­riel Bayen (Sandrine Ki­ber­lain). Quand sa com­pagne meurt ac­ci­den­tel­le­ment au cours d’une scène de mé­nage, il de­mande à Mu­riel de l’ai­der à ca­cher le corps. Com­mence alors une aven­ture dé­jan­tée, riche en re­bon­dis­se­ments de toutes sortes.

«À l’époque, le scé­na­rio était dé­jà très abou­ti. C’est vrai que c’est une écri­ture très pré­cise, no­tam­ment dans l’in­trigue et dans l’évo­lu­tion de celle-ci. Après, j’ai ap­por­té une pe­tite sug­ges­tion par rap­port à la fin que je ne trou­vais pas né­ces­sai­re­ment sa­tis­fai­sante par rap­port au par­cours de mon per­son­nage. Je trou­vais qu’on ne voyait pas as­sez de chan­ge­ment dans son par­cours, et à la fin – sans rien gâ­cher –, c’était im­por­tant pour moi qu’on voie qu’il n’al­lait pas sor­tir im­pu­né­ment de cette his­toire.»

UN THRIL­LER DO­CU­MEN­TÉ

Mal­gré les si­tua­tions com­plè­te­ment dé­ca­lées et les dia­logues tru­cu­lents, Laurent La­fitte ne consi­dère pas Elle l’adore comme une co­mé­die. «C’est un thril­ler. Il peut y avoir des mo­ments un peu drôles, comme dans les films d’Hit­ch­cock, mais pour moi, ce n’est pas du tout une co­mé­die. C’est construit comme un thril­ler. Quand on rit, c’est à cause de la pres­sion pous­sée à son maxi­mum. La my­tho­ma­nie du per­son­nage de Sandrine com­mence à prendre une place dans l’in­trigue, et du coup, ça c’est drôle.»

Et le tra­vail de pré­pa­ra­tion au rôle «s’est fait en pré­pa­rant tous les do­cu­ments d’archives du chan­teur, quand on a pris les photos, les po­chettes d’al­bums, ses af­fiches, etc. Ce ma­té­riel est cen­sé re­pré­sen­ter toute l’ad­mi­ra­tion que Mu­riel Bayen a pour ce per­son­nage. Il fal­lait que ce soit très cré­dible et très consé­quent. On en a donc fait beau­coup. C’est à ce mo­ment-là qu’avec Jeanne, on a créé le per­son­nage. On lui a créé son look, ses at­ti­tudes, on a dé­ter­mi­né quel type de chan­teur il était et son ré­per­toire.»

Mais le co­mé­dien n’a pas in­ven­té une vie com­plète à son per­son­nage. «Je ne suis pas très me­thod ac­ting. Je trouve qu’il y a plein de per­son­nages pour les­quels ce n’est pas né­ces­saire. Pour [Vincent Lacroix], je n’ai pas eu be­soin de me de­man­der d’où il ve­nait, ce qu’il man­geait le ma­tin, etc. Ce qui était in­di­qué dans le scé­na­rio me suf­fi­sait», a-t-il ex­pli­qué.

Vincent Lacroix a beau être un chan­teur ex­trê­me­ment po­pu­laire – il a re­çu des disques d’or et on le voit même à l’émis­sion de va­rié­tés de Michel Dru­cker –, Laurent La­fitte ne pousse au­cune vo­ca­lise dans le film, un choix dé­li­bé­ré. «J’aime bien chan­ter, ça m’au­rait amu­sé. Mais c’est beau­coup plus in­tel­li­gent de ne pas chan­ter. C’est tou­jours dif­fi­cile de voir un ac­teur chan­ter au ci­né­ma, il y a quelque chose de pas très

cré­dible.»

Sandrine Ki­ber­lain joue une mère de fa­mille dans Elle l’adore.

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