UN PE­TIT FES­TI­VAL DE­VE­NU GRAND

Le fes­ti­val Oshea­ga fête ses 10 ans cet été. Pour cette édi­tion an­ni­ver­saire, l’or­ga­ni­sa­tion de l’évé­ne­ment mont­réa­lais a dé­ci­dé de res­ter dans la conti­nui­té des an­nées pré­cé­dentes au lieu d’am­pu­ter son bud­get avec des têtes d’af­fiche trop oné­reuses.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Ra­phaël Gendron-Mar­tin RA­PHAEL.GENDRON-MAR­TIN@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Au sein de l’équipe d’Oshea­ga, pi­lo­tée par le pro­mo­teur even­ko, le mot d’ordre est le même de­puis 2006: prio­ri­ser une pro­gram­ma­tion com­plète in­té­res­sante au lieu de sim­ple­ment se concen­trer sur quelques grands noms. Et ce­la a rap­por­té. L’an der­nier, ce sont 135 000 fes­ti­va­liers, la ca­pa­ci­té maxi­male du site du parc Jean-Dra­peau, qui ont as­sis­té aux trois jours de l’évé­ne­ment.

Pour ce dixième an­ni­ver­saire, on au­rait pu croire que l’équipe d’Oshea­ga al­lait es­sayer d’in­vi­ter quelques têtes d’af­fiche de plus grande en­ver­gure que les an­nées pré­cé­dentes.

«Mais ça n’a ja­mais vrai­ment été le but», re­con­naît Nick Far­kas, vice-pré­sident aux concerts et évé­ne­ments chez even­ko et pro­gram­ma­teur d’Oshea­ga. «Nous avons quelques spec­tacles qui sont ex­clu­sifs au Ca­na­da ou dans la ré­gion, mais si­non, nous pré­fé­rons avoir un bon line-up du dé­but à la fin.»

RÉ­PU­TA­TION EN­VIABLE

Con­trai­re­ment à d’autres fes­ti­vals, comme le Fes­ti­val d’été de Qué­bec, Oshea­ga ne paie pas da­van­tage les ar­tistes pour s’as­su­rer d’avoir une ex­clu­si­vi­té ter­ri­to­riale. Et Nick Far­kas as­sure que la po­li­tique du fes­ti­val ne chan­ge­ra pas. «Si on dé­pense trop d’ar­gent pour les têtes d’af­fiche, tu n’au­ras pas First Aid Kit sur la dixième ligne de la pro­gram­ma­tion du fes­ti­val. On s’est aus­si ren­du compte, les autres an­nées, que d’avoir une plus grosse tête d’af­fiche ne fai­sait pas vrai­ment vendre plus de billets.»

Après neuf édi­tions, la ré­pu­ta­tion d’Oshea­ga est dé­jà très en­viable au Ca­na­da, et même en Amé­rique du Nord. «Il y a main­te­nant une at­tente, un cer­tain ni­veau de qua­li­té de pro­duc­tion, de scène, de son, d’éclai­rage», dit Nick Far­kas. «On sait qu’il y a des spec­ta­teurs qui viennent chaque an­née, quels que soient les ar­tistes à l’af­fiche. Mais on n’est pas Glas­ton­bu­ry ou Coa­chel­la, qui sont com­plets dès que leur pro­gram- ma­tion est an­non­cée. Nous, on a beau­coup de tra­vail à faire.»

GRANDE COM­PÉ­TI­TION

Et mal­gré l’ex­cel­lente pro­gres­sion d’Oshea­ga de­puis ses dé­buts, ce qui pour­rait nuire à l’évé­ne­ment qué­bé­cois est la mul­ti­tude de fes­ti­vals mu­si­caux qui ont vu le jour dans d’autres grandes villes ca­na­diennes et amé­ri­caines, au cours des cinq der­nières an­nées. «Il y a main­te­nant une énorme quan­ti­té de fes­ti­vals, men­tionne Nick Far­kas. «On a tou­te­fois l’avan­tage d’avoir une ré­pu­ta­tion. Convaincre les gens de ve­nir à Mon­tréal n’est pas dif­fi­cile.»

Avec de nou­veaux fes­ti­vals à «proxi­mi­té» comme le Go­ver­nor’s Ball, à New York, et WayHome, à Toronto, l’équipe d’Oshea­ga pen­sait perdre plu­sieurs spec­ta­teurs de l’ex­té­rieur du Qué­bec, cet été, ce qui n’est pas ar­ri­vé. «On a beau­coup vi­sé les États-Unis, cette an­née, et on a une aug­men­ta­tion de 5 % pour l’ins­tant», in­dique Nick Far­kas.

Oui, la fai­blesse du dol­lar ca­na­dien a pro­ba­ble­ment fait pen­cher la ba­lance, pour les fes­ti­va­liers amé­ri­cains. «Chaque fois que le dol­lar baisse, on voit une dif­fé­rence. Mais pour nous, ça crée de nou­veaux dé­fis, car il y a moins de marge pour payer des ar­tistes de ta­lent.»

« RA­DIO­HEAD EST UNE PRIO­RI­TÉ »

De son propre aveu, Nick Far­kas ne pen­sait ja­mais que le fes­ti­val Oshea­ga al­lait gran­dir aus­si ra­pi­de­ment. Pour la pre­mière édi­tion, à peine 15 000 per­sonnes s’étaient dé­pla­cées pour les deux jours de l’évé­ne­ment. «Quand je vois ce que c’est de­ve­nu au­jourd’hui, ç’a dé­pas­sé mes at­tentes de dix fois.»

Quels ar­tistes rêvent-ils d’in­vi­ter les pro­chaines an­nées? «Ra­dio­head, pour moi, ç’a tou­jours été une prio­ri­té. On les avait man­qués de deux jours, à la troi­sième édi­tion. On ne lâ­che­ra pas. Si­non, The Smiths, ce se­rait in­té­res­sant. Pixies et De­peche Mode, on ne les a pas en­core eus. Et Por­ti­shead, on a failli les avoir cette an­née.»

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