DES EF­FETS SPÉ­CIAUX DIVERTISSANTS !

Dès qu’il s’agit de mettre en images une his­toire de su­per­hé­ros, les adeptes s’at­tendent à un dé­luge d’ef­fets vi­suels tant au ni­veau des pou­voirs que des com­bats. C’est donc dans cet es­prit que Dan De­leeuw, char­gé des ef­fets vi­suels, a abor­dé Ca­pi­taine Am

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie

En trois ans, ce nom­mé aux Os­cars a si­gné les ef­fets vi­suels d’Iron Man 3, de Ca­pi­taine Ame­ri­ca: le sol­dat de l’hi­ver (pour le­quel il a été ci­té aux prix pres­ti­gieux) et de Ca­pi­taine Ame­ri­ca: la guerre ci­vile. «Notre plus grand dé­fi est de nous re­nou­ve­ler chaque fois», ex­plique Dan De­leeuw qui lève son cha­peau aux réa­li­sa­teurs An­tho­ny Rus­so et Joe Rus­so pour leur ca­pa­ci­té à sans cesse in­ven­ter de nou­velles ma­nières de faire.

«J’adore tra­vailler avec eux! Ce que j’ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment, c’est qu’ils ne suc­com­be­ront pas à la sur­en­chère des ef­fets si ce­la ne sert pas l’his­toire. Der­rière leurs images, ils s’at­tachent à l’émo­tion», de dire ce­lui qui planche ac­tuel­le­ment sur les deux pro­chains Aven­gers – réa­li­sés par les frères Rus­so –, longs mé­trages qui sont en­tou­rés du plus grand se­cret. Dan De­leeuw a com­men­cé son tra­vail pour Ca­pi­taine Ame­ri­ca: la guerre ci­vile il y a plu­sieurs an­nées. Car le man­dat n’était pas des plus simples. En ef­fet, dans ce film, les Aven­gers sont presque tous pré­sents et se di­visent en deux clans à la suite de la de­mande du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain de contrô­ler leurs ac­ti­vi­tés. Iron Man (Ro­bert Dow­ney Jr.) est pour, de même que la Veuve noire (Scar­lett Jo­hans­son), War Ma­chine (Don Cheadle), la pan­thère noire (Chad­wick Bo­se­man), Vi­sion (Paul Bet­ta­ny), Spi­der-Man (Tom Hol­land). Ca­pi­taine Ame­ri­ca (Ch­ris Evans) est contre et il at­tire le Fau­con (An­tho­ny Ma­ckie), Haw­keye (Je­re­my Ren­ner), la sor­cière rouge (Eli­za­beth Ol­sen), Ant-Man (Paul Rudd) et le sol­dat de l’hi­ver (Se­bas­tian Stan) dans son camp.

«Nous sa­vions, en com­men­çant La guerre ci­vile que ça al­lait être comme un ma­ra­thon! Les films pré­cé­dents me pré­parent tou­jours au sui­vant, comme Le

sol­dat de l’hi­ver m’a pré­pa­ré à ce­lui-ci», sou­ligne-t-il lors d’une en­tre­vue té­lé­pho­nique à l’oc­ca­sion de la sor­tie du film en for­mat nu­mé­rique et en Blu-ray. SANS LI­MITES…

Il l’avoue lui-même, «la ma­nière dont Mar­vel a conçu son uni­vers ci­né­ma­to­gra­phique fait qu’il n’y a pas de li­mites à ce que l’on peut mon­trer à l’écran. Tous les ef­fets spé­ciaux sont per­mis. J’ai gran­di avec les bandes des­si­nées et avec ces films qu’on va voir pour s’amu­ser.»

«Pour La guerre ci­vile, nous vou­lions vrai­ment pous­ser les ef­fets vi­suels en­core plus loin. Pour la ba­taille de l’aé­ro­port par exemple, celle qui voit les Aven­gers s’af­fron­ter lors d’un gi­gan­tesque com­bat, nous nous sommes mis à lan­cer des idées au­tour de la table, ce que Mar­vel a to­ta­le­ment en­cou­ra­gé. Le rôle des frères Rus­so a alors été de cal­mer le jeu, d’an­crer le film.»

Pré­sent au mo­ment de l’écri­ture du scé­na­rio, Dan De­leeuw sa­vait que, pour la scène de la ba­taille de l’aé­ro­port, il pou­vait «bé­né­fi­cier de 24 mi­nutes d’idées toutes plus amu­santes les unes que les autres.» C’est dans ce contexte qu’a été re­te­nu le fait qu’Ant-Man de­vienne géant, qu’il rentre dans un avion, qu’il re­tourne un ca­mion, etc. Nous avons gar­dé le meilleur de nos idées et les avons adap­tées. Là où je me li­mite, c’est dans la tech­nique. Au­tant on peut conce­voir n’im­porte quoi, au­tant je vais me concen­trer sur ce qu’il est pos­sible de réa­li­ser ef­fi­ca­ce­ment à l’écran. C’est éga­le­ment une ma­nière d’an­crer la scène dans la réa­li­té.»

«Nous fai­sons des films avec des ac­teurs et des cas­ca­deurs. C’est cet élé­ment clé qu’il ne faut ja­mais perdre de vue. Si l’on oublie ça, le film de­vient com­plè­te­ment dés­in­car­né. Car, pour qu’un film de su­per­hé­ros soit in­té­res­sant, il faut que le pu­blic puisse s’at­ta­cher à eux et les trou­ver cré­dibles», dit-il.

POUR­QUOI TANT D’AMOUR?

Avec le nombre sans cesse gran­dis­sant de longs mé­trages consa­crés aux su­per­hé­ros, la ques­tion se pose de sa­voir ce qui jus­ti­fie cette fas­ci­na­tion pour des per­son­nages do­tés de su­per pou­voirs qui se battent sans cesse pour sau­ver la pla­nète. Est-ce un signe de l’in­quié­tude qui pré­vaut au ni­veau mon­dial, sen­ti­ment qui, avant et après la Se­conde Guerre mon­diale, avait don­né nais­sance à tous ces jus­ti­ciers mas­qués que l’on re­trouve au­jourd’hui?

«Je crois que les ci­né­philes d’au­jourd’hui veulent être di­ver­tis. Si l’on re­garde la tri­lo­gie de Bat­man de Ch­ris­to­pher No­lan, par exemple, ces films étaient très sombres, mais com­por­taient beau­coup d’es­poir, ce qui, à mon avis était symp­to­ma­tique de l’état de la so­cié­té de ces an­nées-là.»

«Les co­mics ont tou­jours été un re­flet de ce qui se passe dans le monde. Au­jourd’hui, si l’on re­garde des longs mé­trages comme Les Aven­gers ou La

guerre ci­vile, ce sont des films sé­rieux, mais ils contiennent de l’es­poir, des rêves. Nous sommes ren­dus à un point où les gens veulent se di­ver­tir, et c’est aus­si ce qu’offrent les su­per­hé­ros.»

Ca­pi­taine Ame­ri­ca: la guerre ci­vile est dis­po­nible en ver­sion nu­mé­rique HD de­puis ven­dre­di et se­ra of­fert en Blu­ray le 13 sep­tembre.

Dan De­leeuw

La scène de com­bat à l’aé­ro­port a de­man­dé des an­nées de pré­pa­ra­tion!

Dif­fi­cile d’ima­gi­ner la Sor­cière rouge sans la ma­gie des ef­fets spé­ciaux!

Pour Dan De­leeuw, les ef­fets spé­ciaux ne doivent pas em­pê­cher les ci­né­philes d’an­crer la scène dans la réa­li­té.

La ba­taille de l’aé­ro­port, une des scènes clés du film, re­pré­sente d’énormes dé­fis tech­niques.

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