UNE BONNE IDÉE GÂCHÉE EN COURS DE ROUTE

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Bru­no La­pointe

Mor­gan était sur la bonne voie pour de­ve­nir une oeuvre de science-fic­tion mé­mo­rable avec sa pré­misse in­té­res­sante, des ac­teurs de ta­lent et une es­thé­tique vi­suelle lé­chée. Dom­mage que le réa­li­sa­teur Luke Scott ait dé­ci­dé d’aban­don­ner le tout en mi­lieu de par­cours, trans­for­mant son pre­mier long-mé­trage en un calque de films d’ac­tion gé­né­rique et fade.

Dans un la­bo­ra­toire iso­lé, loin des re­gards in­dis­crets, une nou­velle ex­pé­rience porte la pro­messe d’avan­cées tech­no­lo­giques im­pres­sion­nantes. C’est là qu’est créée Mor­gan, une forme d’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle su­pé­rieure. Mais les évé­ne­ments in­quié­tants se mul­ti­plient, for­çant l’équipe à se po­ser une im­por­tante ques­tion: Mor­gan re­pré­sente-t-elle un avan­ce­ment tech­no­lo­gique im­por­tant, ou une me­nace pour la so­cié­té?

UN DÉ­BUT PRO­MET­TEUR

Alors que la pre­mière moi­tié du film se dé­ploie à la ma­nière d’un drame plu­tôt ef­fi­cace flir­tant par mo­ments avec la science-fic­tion, Mor­gan bas­cule en­suite dans l’ac­tion, em­prun­tant ça et là quelques élé­ments éprou­vés de l’hor­reur. Et c’est exac­te­ment à ce mo­ment que le film perd son âme, son iden­ti­té et, du même coup, une bonne par­tie de son in­té­rêt en de­ve­nant un calque gé­né­rique d’autres films du genre.

Mais, même si le ré­sul­tat est co­hé­rent, lé­ché et somme toute plu­tôt di­ver­tis­sant, Mor­gan est d’un pré­vi­sible aber­rant, voire même abru­tis­sant, avec son dé­noue­ment fi­nal qu’on peut ai­sé­ment de­vi­ner une ving­taine de mi­nutes seule­ment après le gé­né­rique d’ou­ver­ture. Dom­mage; on au­rait tant ai­mé se lais­ser sur­prendre et fi­na­le­ment voir nos pré­somp­tions s’avé­rer fausses dans un dé­noue­ment in­at­ten­du.

DES AIRS DE FA­MILLE

On se doit tout de même de sa­luer le sa­voir-faire tech­nique évident dont fait montre le réa­li­sa­teur de Luke Scott. Le fils de Rid­ley Scott (Alien, Blade Run­ner) a vi­si­ble­ment hé­ri­té des ta­lents de son père pour l’es­thé­tique vi­suelle.

La jeune Anya Tay­lor-Joy, ré­vé­lée plus tôt cette an­née avec The Witch, épate elle aus­si. En se glis­sant dans la peau de cette mys­té­rieuse Mor­gan, elle se montre à la hau­teur face à des ac­teurs de re­nom, soit Paul Gia­mat­ti et Jen­ni­fer Ja­son Leigh, tous deux mal­heu­reu­se­ment sou­su­ti­li­sés.

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