LE CHOC DES CUL­TURES

Après avoir écrit Com­ment je suis de­ve­nu tou­riste, Na­po­léon Voyage et Nor­mal, voi­là que l’au­teur Jean-Phi­lippe Le­houx pour­suit l’ex­plo­ra­tion des thèmes tou­ris­tiques avec L’Écolière de To­kyo. Cette co­mé­die dra­ma­tique, qui se­ra pré­sen­tée en ou­ver­ture de sai

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais Col­la­bo­ra­tion spé­ciale louise.bour­bon­nais @que­be­cor­me­dia.com

L’au­teur qué­bé­cois, qui ex­plore le thème du tou­risme dans ses pièces, a dé­jà confié au Jour­nal avoir connu des aven­tures amou­reuses qui ont mal tour­né au Ja­pon. Un point de dé­part in­té­res­sant pour écrire sa nou­velle créa­tion, L’Écolière de To­kyo, où l’on re­trouve plu­sieurs thèmes et beau­coup d’ac­tion.

Dé­jà, on dé­cou­vri­ra Claude, in­ter­pré­té par Da­niel Ga­douas, qui se trouve au Ja­pon et qui n’y est pas par ha­sard ni pour faire du tou­risme. «C’est un homme qui vient de perdre son em­ploi au Qué­bec, dans l’usine où il tra­vaillait à ré­pa­rer de la ma­chi­ne­rie», re­late l’ac­teur Da­niel Ga­douas à pro­pos de son per­son­nage sexa­gé­naire. «On lui a fait com­prendre qu’il était dé­pas­sé en ma­tière de tech­no­lo­gie.»

ACTE DE PRO­TES­TA­TION

Claude, dé­sor­mais sans re­pères, sans em­ploi, n’ayant plus rien de­vant lui et de sur­croît anal­pha­bète, se re­trouve dans un état d’es­prit où il sent qu’il n’a plus rien à perdre. S’il s’est ren­du au Ja­pon, c’est que l’en­tre­prise qui l’a re­mer­cié est sur le point d’ou­vrir une usine à To­kyo. «Il s’est ren­du à To­kyo dans l’idée de com­mettre un geste de pro­tes­ta­tion», pré­cise Da­niel Ga­douas. «En plus, il n’était pas très ai­mé par ses col­lègues et son en­tou­rage de tra­vail.» On com­prend qu’il y va pour s’y faire sep­pu­ku, une forme de sui­cide, ni plus ni moins.

UN JEUNE AVEN­TU­REUX

Claude ren­con­tre­ra par ha­sard, dans un ca­fé de To­kyo, Sa­muel, per­son­ni­fié par Jean-Phi­lippe Per­ras, qui est aus­si Qué­bé­cois. C’est un grand voya­geur, qui se pro­mène d’un pays à l’autre pour s’amu­ser. «C’est un jeune homme su­per­fi­ciel, qui voyage sans se sou­cier de l’as­pect fi­nan­cier, étant fi­nan­cé par ses pa­rents, ex­plique le co­mé­dien. Claude vien­dra brouiller les cartes et cham­bou­ler ses va­leurs.»

Ain­si, deux hommes, de gé­né­ra­tions dif­fé­rentes et avec des ob­jec­tifs dif­fé­rents, se re­trouvent dans une fuite, ani­més par un dé­sir d’er­rance.

«La pièce est abor­dée de fa­çon ori­gi­nale avec une ap­pli­ca­tion pour ap­prendre le ja­po­nais», ex­plique l’ac­teur. L’ap­pli­ca­tion Le ja­po­nais pour voya­geurs libres et heu­reux oc­cu­pe­ra l’em­ploi du temps de Sam. On ap­prend éga­le­ment que Sa­muel a dans sa mire une jeune Ja­po­naise. «Les choses vont mal tour­ner entre Sam et le père de la jeune femme», confie Da­niel Ga­douas.

Par­mi les autres per­son­nages, on compte le pro­fes­seur (Mi­chel-Oli­vier Gi­rard) et Mon­sieur Ta­na­ka (Mi­ro La­casse).

En fin de compte, c’est un évé­ne­ment plu­tôt tra­gique qui pour­rait sur­ve­nir en conclu­sion de la pièce.

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