L’HOMME DER­RIÈRE LES RÉ­VÉ­LA­TIONS-CHOCS

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND | CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie

Avec une pré­ci­sion qua­si chi­rur­gi­cale, Oli­ver Stone nous narre ce qui a conduit Ed­ward Snow­den à faire ses ré­vé­la­tions sur le sys­tème de sur­veillance du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain.

En 2014, Ed­ward Snow­den, un in­con­nu, em­ployé de la NSA, a ces­sé d’être un ci­toyen ano­nyme pour de­ve­nir le lan­ceur d’alerte le plus cé­lèbre du 21e siècle et l’homme le plus re­cher­ché par son gou­ver­ne­ment, ac­cu­sé de tra­hi­son et d’es­pion­nage (il est ac­tuel­le­ment ré­fu­gié en Rus­sie avec sa com­pagne Lind­say).

C’est sur la ren­contre entre Snow­den (Jo­seph Gor­don-Le­vitt, qu’on n’ar­rive pas tout à fait à ou­blier, mais qui de loin res­semble éton­ne­ment à notre homme), la do­cu­men­ta­riste Lau­ra Poi­tras (dont le Ci­ti­zen­four ra­conte aus­si ces événements, elle est ici in­car­née par Me­lis­sa Leo) et le jour­na­liste Glenn Green­wald (Za­cha­ry Quin­to, éton­nant) que Snow­den dé­bute, le pas­sé du lan­ceur d’alertes étant en­suite ra­con­té en flash-back.

Le jeune homme est, en fait, un pa­triote convain­cu qui dé­cide de s’en­ga­ger dans l’ar­mée. Or, un grave ac­ci­dent lors d’un en­traî­ne­ment mi­li­taire le force ra­pi­de­ment à aban­don­ner cette voie. Com­ment être utile à son pays? En joi­gnant les rangs de la CIA, le jeune Snow­den étant ex­cellent dans les codes et l’in­for­ma­tique.

HÉ­ROS OU TRAÎTRE ?

Si les pre­mières an­nées se passent bien, le tech­ni­cien prend peu à peu l’am­pleur des opé­ra­tions de sur­veillance, me­nées en toute illé­ga­li­té par son pays.

C’est là que le long mé­trage bio­gra­phique d’Oli­ver Stone prend tout son sens et creuse les mo­ti­va­tions der­rière le geste de li­vrer à des jour­na­listes des dé­tails top se­cret sur dif­fé­rents pro­grammes gou­ver­ne­men­taux. Qu’on consi­dère Snow­den comme un hé­ros ou comme un traître im­porte peu, même si l’on sait exac­te­ment où se si­tue le réa­li­sa­teur. Ici, le ci­néaste et l’ac­teur jouent la carte de l’homme d’hon­neur se sen­tant tra­hi, uti­li­sé, ma­ni­pu­lé par son pays.

Mal­gré quelques ef­fets de style dont on au­rait pu se pas­ser (des ani­ma­tions in­for­ma­tiques pour la plu­part, des­ti­nées à nous faire com­prendre l’éten­due du champ d’ac­tion du gou­ver­ne­ment), Snow­den se re­garde comme une fic­tion ha­le­tante, Oli­ver Stone nous don­nant ici un long mé­trage né­ces­saire à la com­pré­hen­sion des événements contem­po­rains.

PHO­TO COURTOISIE

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